Le GAIPES répond aux accusations du Ministre de l’Economie Maritime

Photo : Aprapam

 

Attaque contre l’Etat sur les autorisations de pêche aux navires étrangers

Khouraïchi THIAM se « défoule » sur le GAIPES

Face aux députés hier à l’Assemblée Nationale, Khouraïchi THIAM, Ministre de l’Economie Maritime, n’a pas caché sa colère contre le GAIPES qui mène un combat farouche contre l’Etat sur les autorisations de pêche accordées aux navires étrangers. Notant que la gestion des ressources halieutiques est du ressort de l’Etat, le Ministre signale que « les armateurs n’ont de leçon à donner à personne ».

 

Lors du vote, hier à l’Assemblée Nationale, du projet du budget 2012 du Ministère de l’Economie Maritime arrêté à la somme de 15 520 957 240 Fcfa contre 15 339 515 130 Fcfa en 2011, le Ministre Khouraïchi THIAM est revenu sur la polémique autour des autorisations de pêche octroyées aux navires étrangers. Devant les députés, le Ministre s’est défoulé sur le Groupement des Armateurs et Industriels de le Pêche du Sénégal (GAIPES) qui « s’attaque à tout moment au Gouvernement ». Les membres du GAIPES, dit-il, « n’ont pas de leçon à donner à qui que ce soi ». Car, révèle le Ministre, « le Président du GAIPES, Saer SECK, qui vocifère partout en disant que l’Etat brade les ressources halieutiques, fait de la piraterie en allant pêcher ailleurs ». Pour preuve, dit-il, « son bateau a été arraisonné en Guinée-Bissau et trois autres bateaux ont été saisis en Mauritanie. Il a fallu l’intervention de l’etat, à tous les niveaux, pour sauver ses biens », déballe le Ministre, tout en ajoutant que « les premiers pirates, ce sont les membres du GAIPES ».

Pour les autorisations de pêche accordées aux navires russes, le Ministre signale que « c’est une affaire d’Etat et qu’il y a un choix à faire pour satisfaire les besoins des sénégalais ». Et le Ministre de renseigner : « Chaque année, il y a 1,4 million de tonnes de poissons partagés entre la Guinée-Bissau, le Guinée Conakry, la Gambie, le Sénégal, le Maroc, la Mauritanie et les Iles du Cap-Vert. Si on ne profite pas de ce stock qui est dans nos eaux de décembre à avril, d’autres pays le feront à notre détriment », avise-t-il. Ces autorisations de pêche à 1é bateaux russes sur quatre mois (de janvier à avril), informe le Ministre, ont déjà rapporté au Trésor Public, en l’espace de deux mois, 860 millions de Fcfa. « Depuis de Me Abdoulaye WADE est au pouvoir, aucun ministre n’a pu verser 860 millions de francs au Trésor Public en deux mois », assène M. THIAM.

Selon le Ministre, personne ne peut empêcher le Sénégal d’octroyer ces autorisations de pêche qui permettent aujourd’hui de régler beaucoup de problèmes, notamment le financement de Plan Takkal. Le Ministre a fait part des efforts déployés par l’Etat pour mettre un terme à la pêche illicite. « Nous sommes en train de nous équiper à cet effet », dit-il. Il a néanmoins affirmé que le repos biologique (écourté à un mois) serait plus efficace s’il était appliqué à la pêche artisanale. En raison des enjeux sociologiques liés à cette activité particulière, une approche innovante doit être amorcée.

 

Mathieu BACALY

Source : L’Observateur du 10-11-11

 

 

Réponse du GAIPES

Le Ministre doit arrêter l’amalgame et la confusion qu’il fait sur toutes les questions sur lesquelles il est interpellé. L’absence de réponse ne doit pas entraîner un déplacement de veritables problèmes.

Nous avons investi et travaillons dans le cadre des dispositions légales et réglementaires en vigueur. C’est pour cela que nous combattons les navires pirates qui sont couverts par le Ministre de la pêche. Ces navires ne paient pas de redevances ni licences, ne détiennent pas de licence, n’embarquent pas de marins, ne débarquent pas leurs captures au Sénégal. L’unique contrepartie que le sénégal gagne dans l’opération est la vente du poisson pêché pour 15 cfa le kilogramme. Sur le marché international ce poisson est vendu en moyenne à 400 cfa le kilogramme. Par conséquent il y a un différentiel de 385 cfa le kilo.

Le Ministre soutient que ces navires ont pêché 50 000 Tonnes. Où est le différentiel donné par l’application de 385 cfa sur 50 000 Tonnes, c’est à dire 19 Milliards 250 Millions de cfa. Peut-on se glorifier d’avoir mis 860 Millions de cfa au Trésor aprés avoir prélevé des ressources dont la valeur dépasse 19 Milliards ?

Sur qu’elle planète se trouve t-on ? C’est un véritable crime économique auquel on assiste et cela risque de durer encore. L’acharnement du ministre sur ce dossier ne nous dérange pas pour ceux qui connaissent l’homme mais c’est plutôt le silence coupable de certaines autorités du pays qui pose problème.

 

Le Ministre se glorifie d’avoir libéré des bateaux sénégalais arraisonnés en Guinée Bissau et en Mauritanie.

A Bissau, un bateau a été arraisonné parce que la Guinée bissau dit n’avoir pas reçu de l’Etat du Sénégal le listing des navires ayant payé les redevances licences de cette année pendant que le Ministre de la pêche soutient mordicus…l’avoir transmis. En quoi la responsabilité de l’armateur est engagée dans cette affaire ? Et malgrés cela, l’armateur a payé une amende de 11 Millions de cfa. Si on avait un Ministre responsable et téméraire, il aurait réglé le problème avec son collègue de la Guinée Bissau sans bourse délier mais c’est dommage!

En Mauritanie ce qui c’est passé c’est simple ; La Mauritanie a volontairement arraisonné trois (3) thonniers sénégalais pour les monnayer contre l’entrée de ces chalutiers étrangers dans nos eaux, car le combat que nous avons mené était tellement rude que la Mauritanie qui est la plaque tournante de ces navires a pensé que si elle arraisonne les bateaux du Président Saer SECK, cela allait affaiblir notre combat. Malheureusement cette stratégie n’a pas marché et résultat : 5 mois d’immobilisation des navires à Nouhadibou et 200 Millions payés par Saer SECK

Si dans ces conditions le Ministre de la Pêche nous traite de pirates, c’est parcequ’il n’a pas compris grand chose dans l’affaire des arraisonnements (avec une interprétation largement positive !)

le Ministre de la pêche veut faire du dossier des bateaux étrangers une affaire d’Etat: Non ! Ce n’est pas une affaire d’Etat, c’est une affaire de Khouraichi THIAM pour deux raisons:

1) il a vendu le dossier aux autorités et à l’opinion pour 5 milliards alors qu’au finish seuls 860 Millions ont été versés. On rappelle que ce dossier a dû généré plus de 19 Milliards. Il ya beaucoup de non dits dans cette affaire.

2) un bon Ministre, conscient du danger que représente leur présence dans nos eaux aurait convaincu quiconque de ne pas s’aventurer dans cette affaire.

Depuis 2000, le Ministre a eu plusieurs prédécesseurs qui ont été réguliérement contactés par ces armateurs ou des consignataires mais ils ont toujours refusé l’offre de ces criminels économiques, de ces fossoyeurs de notre économiques, de ces pilleurs de nos ressource halieutiques.

Le Ministre parle toujours de ce potentiel de 1,400 Million de tonnes entre le Maroc,la Mauritanie,le Sénégal et la Guinée Bissau. Ce que le ministre ne comprendra jamais, c’est que l’effort qui s’exerce sur ces ressources dépasse de loin ce potentiel. C’est pourquoi, les scientifiques du CRODT et du COPACE recommande de réduire cet effort d’au moins 50%. Quant à Khouraïchi THIAM il se trouve lui dans une dynamique d’augmenter de façon exponentielle cet effort. No comment!

Contrairement à ce qui est avancé par le journal, ces navires étrangers n’ont pas eu une activité pour 2 mois mais ils ont pêché pour au moins (5) cinq mois.

Effort pour mettre un terme à la pêche INN.

Dans ce cadre là, la première chose à faire est d’empêcher ces navires à exercer leurs activités dans les conditions que nous connaissons.

Le ministre se trompe une fois encore d’adversaire car ce combat n’est pas celui du GAIPES ni de son Président Saer SECK, mais c’est plutôt celui de tous les acteurs de la pêche et notamment ceux de la pêche artisanale qui verront leurs activités s’estomper sous peu et enfin celui des populations sénégalaises car le poisson va se rarefier davantage.

Chers amis, cette sortie malheureuse du Minitrs doit avoir deux conséquences:

1) la remobilisation de tous les acteurs de la pêche du sénégal

2) la continuation de la lutte qui a démarré en Mars 2011 mais cette fois ci avec une nouvelle stratégie, de nouveaux moyens qui vont garantir le succés aux sénégalais.

Enfin que tout acteur de la pêche direct ou indirect soit inscrit sur les listes électorales, que tous les membres de sa famille soit inscrits , que la sensibilisation se fasse à tous les niveaux sur l’utilité de la carte et du vote. ceux qui pillent et bradent les ressources halieutiques, base de nos activités ne méritent pas nos voix électorales.

Du courage et la lutte continue.

 

GAIPES

 

 

 

 

 

 

 

 

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