Journée Mondiale de l’Océan – 08 Juin 2017

Nos Océans, notre avenir

Photo : Aprapam

 

Introduction

 

L’idée d’une Journée mondiale de l’océan a été lancée à l’occasion du Sommet de la Terre tenu à Rio de Janeiro (Brésil) en 1992. Le but de cette journée est de célébrer l’océan, patrimoine que nous partageons tous, et de mettre en avant les relations particulières que chacun d’entre nous entretient avec la mer. La Journée vise à sensibiliser le grand public au rôle crucial joué par les océans et aux différents moyens existants pour les protéger.

 

Compréhension de la thématique et approche conceptuelle de l’APRAPAM

L’Association pour la Promotion et la Responsabilisation des Acteurs de la Pêche Artisanale Maritime (APRAPAM), conformément à ses actes constitutifs (Charte et Statuts), se donne comme mission :

a) D’unir les membres animés d’un même idéal lié à une pêche artisanale raisonnée et durable et de créer entre eux des liens d’entente et de solidarité, suivant en cela le Code de Conduite Pour une Pêche Responsable et Durable (CCPR) de la FAO ;

b) D’aider les opérateurs de la pêche artisanale à améliorer leurs conditions de vie en rapport avec les Objectifs de Développement Durable à l’horizon 2030 des Nations Unies et les Directives Volontaires visant à assurer une Pêche Artisanale Durable de la FAO ;

c) De développer chez les acteurs de la pêche artisanale le réflexe et les aptitudes de protection et préservation de l’environnement en général, marin côtier en particulier, la gestion durable des ressources halieutiques et aquacoles notamment dans les domaines de :

  • La protection de l’environnement marin contre toute forme de dégradation, notamment tous les types de pollution
  • La cogestion des ressources halieutiques et aquacoles ;
  • La pêche responsable et la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non règlementée ;
  • Le repos biologique ;
  • La création d’Aires Marines Protégées (AMP) et d’Aires Marines Communautaires (AMC), des zones protégées (ZP), de Récifs Artificiels.

Le thème dédié cette année à cet évènement : « Nos Océans, notre avenir » ne souffre d’aucune ambigüité. Il traduit toute la pertinence du rôle éminent que jouent les océans dans la régulation du climat en réduisant les impacts négatifs de l’élévation de la température résultant de l’émission des gaz à effet de serre accentuée par les activités anthropiques induites par des besoins économiques. L’expansion de l’industrie utilisant de manière inconsidérée et incontrôlée les sources d’énergie fossile qui accentue le phénomène récurrent des Changements climatiques, impacte négativement tous les domaines d’activités de l’Homme et corrélativement les conditions d’existence de toute l’humanité.

Par conséquent, la préservation de la santé de nos océans pour leur permettre de jouer pleinement et efficacement leur rôle de thermostat naturel est un devoir civique individuel et collectif qui nous interpelle pour assurer à l’humanité des conditions optimales d’existence durable pour l’avenir.

 

L’importance de la place de l’océan dans la vie et le devenir de la planète terre

• Pourquoi l’océan est-il important pour l’humanité ?

Il n’y a qu’un seul Océan Mondial, qui couvre 72 % de la surface de la Terre et qui est essentiel à l’humanité. Chaque être humain dépend de la mer, même s’il vit loin à l’intérieur des terres. L’océan joue un rôle dans l’équilibre social, économique et environnemental de tous les pays du monde :

L’océan fournit les 50% de l’oxygène respiré par les humains et absorbe les 30% de CO2 produit par les activités humaines et joue le rôle de poumons de la planète ;

  • Il est le principal régulateur de l’état de l’atmosphère et du climat ;
  • Il joue un rôle fondamental dans le cycle de l’eau sur la terre ;
  • Il joue un rôle important dans la sécurité alimentaire mondiale et est la première ressource de protéines animales avec près de 120 millions de tonne/an dont dépendent 2,5milliards d’individus et emploie près de 200 millions d’acteurs dont quelques 140 millions de personnes dans les domaines de la pêche et de l’aquaculture ;
  • Plus de 50 % de la population mondiale vit sur les côtes ; ce chiffre s’élèvera à 75 % d’ici à 2025.
  • Il participe pour (3000 milliards de$) 5% du PIB mondial ;
  • Il assure à près de 90% le transport mondial des marchandises ;
  • Il participe de manière significative au développement des activités touristiques de beaucoup de pays côtiers et insulaires.

La pollution (organique, plastique, hydrocarbure, métaux lourds, etc.) ; l’océan est agressé par les activités humaines de développement socio- économique

L’impact négatif de l’action de l’homme sur l’océan est prouvé par des observations scientifiques bien établies qui montrent que l’océan se vide de sa biomasse, se réchauffe et s’acidifie, ce qui fait subir d’énormes pressions à la vie marine.

Près de 40 % des océans sont considérés comme « lourdement affectés » par les activités humaines de développement socioéconomique dont :

  • La pollution (organique, plastique, hydrocarbure, métaux lourds, etc.) ;
  • La diminution du contenu en oxygène (désoxygénation) des eaux marines et côtières les eaux plus chaudes contiennent moins d’oxygène et l’augmentation de la stratification en surface réduit la ventilation et donc l’oxygénation de l’intérieur des océans et des estuaires) et d’autre part l’eutrophisation (enrichissement des eaux en nutriments) des zones côtières, due à l’intensification des activités humaines (e.g. agriculture, urbanisation, industrialisation).
  • La diminution des stocks de poisson (surexploitation, les mauvaises pratiques de pêche et la pêche illicite, non réglementée et non déclarée (INN)) ;
  • L’acidification des eaux par le CO2 absorbé (dommage sur la calcification des coraux et espèces à coquille) ;
  • Le réchauffement des eaux (perturbation des écosystèmes);
  • La destruction d’habitats côtiers tels que les récifs de coraux, les mangroves et les algues marines, ainsi que l’implantation d’espèces aquatiques envahissantes.

 

L’océan doit être conservé et exploité de manière durable

Malgré la situation lourdement affectée de l’océan, les données scientifiques actuelles montrent que l’océan est capable de se régénérer ; et la communauté internationale vient de se mettre d’accord sur les moyens pour y arriver. Mais il ne peut se réaliser qu’en adoptant sans tarder des mesures audacieuses, étayées par la solidarité entre les États, les citoyens et les entreprises (Objectif de Développement Durable- ODD 14 : Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources aux fins de développement durable).

L’Objectif de Développement Durable 14 : Conserver et L’exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources aux fins de développement durable a été adopté par les dirigeants de la communauté internationale en septembre 2015 dans le cadre du développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies. Il offre un cadre pour gérer durablement les écosystèmes marins et côtiers et les protéger :

  • Prévenir et réduire nettement la pollution marine ;
  • Prendre des mesures en faveur de la restauration de l’océan pour rétablir sa santé et sa productivité ;
  • Réduire au maximum l’acidification de l’océan et lutter contre ses effets ; Réglementer efficacement la pêche, l’objectif étant de rétablir les stocks de poissons, interdire les subventions à la pêche qui contribuent à la surcapacité et à la surpêche ;
  • Faire mieux bénéficier les petits États insulaires en développement et les pays les moins avancés des retombées économiques de l’exploitation durable des ressources marines ;
  • Améliorer la santé de l’océan et renforcer la contribution de la biodiversité marine au développement des pays en développement, en particulier des petits États insulaires en développement et des pays les moins avancés ;
  • Améliorer la conservation de l’océan, de ses ressources et les exploiter de manière plus durable.

Pour obtenir de bons résultats à ces objectifs, il faudra des changements dans le comportement des entreprises, des gouvernements et des particuliers, mettre l’accent sur de meilleures pratiques sur notre océan et des efforts d’innovation dans le monde entier pour faire face à ces problèmes.

Au Sommet international d’action pour les océans des mesures ont été convenues pour répondre aux enjeux et menaces qui pèsent sur la santé des océans et la sécurité alimentaire mondiale. Elles sont situées au cœur de l’amélioration de la gouvernance des océans, du financement durable, de la création de partenariats pour l’action et du partage des connaissances. Dans cette optique, le Sommet a mis l’accent sur la conservation et la gestion durable des ressources halieutiques, contribuant ainsi à la prospérité sociale, économique et environnementale de la population mondiale.

La pêche durable : Nos pêches sont menacées par la pêche non durable. Le manque de données scientifiques, la mauvaise gestion, et la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) à réduisent à long terme le potentiel de la pêche à fournir de la nourriture et des emplois.

En l’occurrence :

  • les gestionnaires des pêches doivent prendre des mesures appropriées pour réduire, et finalement éradiquer la surpêche et atténuer ses impacts négatifs sur l’environnement marin plus large. Certaines options comprennent : la définition des règles de la pêche sur la base des données scientifiques solides, le suivi et le contrôle des activités de pêche, appliquer des sanctions significatives aux contrevenants, et le renforcement des capacités pour les pays en développement à respecter leurs engagements.
  • Les gouvernements doivent également examiner les moyens de lutter contre la pêche INN, qui coûte des milliards de de dollars chaque année à l’économie mondiale.
  • L’un des moyens les plus efficaces et rentables de le faire est en se joignant à la mise en œuvre et de l’Accord de la FAO sur les mesures l’État du port visant à prévenir, à contrecarrer et à éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.

Pollution marine :

  • En premier lieu pour les débris marins, ceux-ci comprennent l’amélioration de la gestion et le recyclage des déchets, ainsi que la réduction des emballages et de trouver de nouveaux matériaux biodégradables et recyclables ;
  • Pour la pollution par les nutriments ceux-ci comprennent l’utilisation plus efficace des engrais, l’amélioration de la gestion des eaux usées, et des techniques pour minimiser le ruissellement des nutriments.

 

Interventions de l’APRAPAM

L’APRAPAM à très tôt prise conscience de l’importance du rôle de l’environnement en général et des océans en particulier dans l’existence de l’humanité, parce que évoluant dans un secteur qui en dépend. Aussi, soucieuses des conséquences de l’agression que subissent les océans quià terme sont néfastes pour l’homme, l’APRAPAM dans le cadre de la célébration de la journée Mondiale de l’Environnement procède en collaboration avec ses partenaires des activités d’information et de sensibilisation sur l’importance pour l’homme de vivre dans un environnement sain, et qui requiert de la part de tous une attention particulière pour sa protection en vue de sa préservation pour les générations actuelles et celles du futur.

Dans cette optique, l’Association, en collaboration avec quelques partenaires nationaux : Pirogue Bleu SARL, l’Aire Marine Protégée de Joal-Fadhiout, et le Centre de Formation David Boilat de Mbour à travers la participation du Gouvernement des élèves de cet établissement, célèbre depuis Deux mil quinze, (2015) la Journée Mondiale de l’Océan.

Le choix d’impliquer les jeunes dans ces actions de préservation de l’environnement revêt pour l’Association tout un symbole. Ce symbole est reflété cette année par le thème dédié à l’évènement » Nos Océans, Notre Avenir ». En effet, les jeunes d’aujourd’hui, sont les acteurs de demain. Demain, c’est déjà aujourd’hui ! Conscientiser les jeunes à la préservation de l’environnement en général et des océans et mers en particulier est un gage de l’amélioration de leur santé et corrélativement leur permettre de jouer pleinement leur rôle de régulation du climat, de l’équilibre des écosystèmes marins et terrestres, in fine, perpétuer l’humanité dans de de bonnes conditions d’existence.

De même, le choix d’intervenir dans l’Aires Marine Protégée n’est pas fortuit car elles sont dans les écosystèmes côtiers un élément fondamental. Un océan a besoin des refuges pour les poissons, les baleines, les dauphins, les coraux et d’autres trésors de la mer. Les aires marines protégées (AMP) fournissent la vie des océans et de leurs habitats refuge contre les impacts humains et permettent également des ressources marines décimées de se rétablir. Effectivement gérés les AMP soutiennent l’économie bleue en aidant à maintenir les stocks de poissons et le renforcement du tourisme.

Au-delà de cette activité annuelle des actions locales de protection, de conservation et d’exploitation durable de l’océan et des ressources marines sont proposées par APRAPAM aux acteurs du secteur de la pêche en général et du sou–secteur artisanal en particulier :

  • Assainir et rendre propres les plages ;
  • Nettoyer et assainir les fonds marins ;
  • Aménager des zones de pêche protégée ;
  • Restaurer les habitats et les écosystèmes dégradés ;
  • Protéger et conserver les zones de mangroves : participation active des élèves ;
  • Mettre en adéquation l’effort de pêche et le potentiel de ressources disponibles ;
  • Développer un système de surveillance participative efficace ;
  • Améliorer les infrastructures de débarquement et de manutention du poisson ;
  • Améliorer le système de transport, de distribution et de commercialisation des produits.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : Aprapam


Promoteurs de cette initiative

 

Association pour la Promotion et la Responsabilisation des Acteurs de la Pêche Artisanale Maritime

Association pour la Promotion et la Responsabilisation des Acteurs de la Pêche Artisanale Maritime

Jënëllëk : du poisson encore pour demain

Jënëllëk : du poisson encore pour demain

 

Logo david Boilat

Centre de Formation Pédagogique Abbé David Boilat

 

La Pirogue Bleue

La Pirogue Bleue - Produits de la mer

 

 

La Mangrove : un écosystème très riche

La mangrove est un milieu riche en nutriments minéraux et organiques issus d’une matière organique en décomposition particulièrement abondante. Celle-ci, constituée essentiellement de feuilles de palétuviers, alimente une flore bactérienne et fongique considérable à la base d’une vaste chaîne alimentaire. La mangrove est l’un des milieux les plus riches de la planète.

Ainsi, les eaux des mangroves abritent une grande diversité d’organismes : plancton, algues, mollusques (huîtres, arches, moules), crustacés (crabes, crevettes) et poissons (plus de 100 espèces : mulets, Tilapias…).

Un poisson typique des mangroves, le périophtalme, a développé des nageoires lui permettant de sortir de l’eau et de se déplacer. Il peut vivre durant de longues périodes hors de l’eau.

Le crabe violoniste, qui tient son nom de sa pince gauche proéminente, creuse des terriers dans la vase : il joue ainsi un rôle très important pour l’aération des sols de la mangrove.

De nombreuses espèces d’oiseaux viennent s’y nourrir ou se reproduire. A marée basse, ils se nourrissent de crabes, de coquillages et de vers dans les vasières. A marée haute, les oiseaux se reposent sur les palétuviers ou sur les tannes. Ainsi, les mangroves du Sénégal sont des zones humides vitales dont dépend la migration des oiseaux.1Certains mammifères se retrouvent dans l’estuaire : le Chacal, le Singe vert, la Mangouste. Les reptiles sont représentés par le Varan du Nil.

La Mangrove utile à l’homme

Une source de richesse pour la pêche côtière

Les mangroves constituent un milieu abrité favorable à la reproduction de nombreuses espèces de poissons et à la croissance des jeunes poissons jusqu’à l’âge adulte où ils pourront être pêchés. Par conséquent, elles favorisent le développement de différents types de pêcheries : artisanales, commerciale, récréative. Crabes, crevettes, mollusques, huîtres et d’autres espèces marines y sont aussi récoltés.

Des ressources pour la vie quotidienne

Partout dans le monde, les mangroves ont été exploités pour leur bois pour fabriquer du charbon ou de la pâte à papier, pour en extraire le tannin, pour la construction de charpentes de maisons, de bateaux, de clôtures…Le bois de mangrove est apprécié pour sa résistance à la pourriture et aux dégradations. Certains bois ont aussi une grande valeur calorifique ce qui justifie leur utilisation comme charbon ou bois de chauffe pour la cuisine ou fumer le poisson, les huître…

La médecine traditionnelle fait appel à la mangrove : racines, feuilles, bourgeons, écorces ont des vertus guérisseuses et sont encore très utilisées. Les arbres de la mangrove, gorgée de pollen, permettent aux villageois de récolter du miel.

Des bénéfices environnementaux

  • Une barrière naturelle contre la houle et les tempêtes

Grâce à sa capacité à briser la force des vagues, la mangrove protège des vies humaines et les constructions littorales et les écosystèmes côtiers.

  • Un filtre naturel contre les pollutions

Les différents systèmes racinaires des palétuviers contribuent à la filtration et à la rétention des polluants (métaux lourds et autres toxiques) contenus dans l’eau, de même qu’à la rétention des nutriments et des matières en suspension. Les mangroves assurent ainsi le maintien d’une bonne qualité de l’eau.

  • Une zone de piégeage des gaz à effet de serre

Les forêts, en captant le gaz carbonique de l’air, jouent un rôle primordial dans la régulation des gaz à effet de serre. La mangrove, constituée de 90 % de carbone est un formidable piège à CO2, et grâce au milieu aquatique qui la caractérise, elle ne prend jamais feu.

  • Un site attractif pour le tourisme

Les mangroves, par leur grande biodiversité, attirent de plus en plus de touristes : cet écosystème procure une expérience éducative originale de par les espèces végétales et animales peu communes qui peuvent y être observées.

 

Propagule de Rhizophora


Le palétuvier

Dans les conditions particulières contraignantes de la mangrove, la diversité végétales est faible. Au Sénégal, seules 6 espèces de palétuviers ont réussi à s’adapter à cet environnement, dont 3 espèces dominantes :

  • Rhizophora mangle (le mangle rouge)
  • Rhizophora racemosa (le palétuvier rouge)
  • Avicennia africana

Les palétuviers du genre Rhizophora poussent à l’interface entre le milieu terrestre et le milieu marin, les pieds dans l’eau à marée haute. Ils possèdent des racines échasses (appelées rhizophores) : celles-ci permettent non seulement un bon ancrage dans des substrats meubles comme les fonds vaseux, mais donnent aussi au végétal une certaine souplesses qui lui permet de résister au mouvement de flux et reflux des marées. En outre, les Rhizophoracées ont un mode de germination particulier : la graine germe et l’embryon se développe sur l’arbre même. Ce n’est donc pas une graine qui tombe de l’arbre mais une plantule, appelée propagule, suffisamment développée pour qu’en tombant au sol elle s’y enracine aussitôt. Si elle tombe dans l’eau, la plantule flotte jusqu’à ce qu’elle soit suffisamment lourde pour tomber au fond et s’y enraciner.

Les palétuviers du genre Avicennia se développent plutôt dans les zones marécageuses, derrière les Rhizophoracées, à l’intérieur de la mangrove. C’est un réseau très dense de racines superficielles horizontales qui leur permet de trouver un ancrage stable dans ce substrat très meuble. Ces palétuviers comportent par ailleurs des racines aériennes (appelées pneumatophores) qui leur permettent des « respirer » malgré une immersion prolongée ; En effet, ces racines comportent de petites lenticelles au travers desquelles l’air peut passer. Les Avicenniacées régulent la salinité de leur milieu par excrétion directe du sel via leurs feuilles ou par dilution de leur sève.

 

 

 

(Source : Sentier écologique de la Réserve Naturelle d’Intérêt Communautaire de la Somone)

 

 

 

 

 

Journée du 08 Juin 2017 en images

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Face au changement climatique, l’ONU veut inciter à la création d’aires marines protégées

AMP Joal-FadiouthSource : Aprapam – Aire marine Protégée de Joal – Fadiouth

 

Une synthèse d’études scientifiques montre que ces aires protégées « peuvent contribuer à l’atténuation des bouleversements en cours »

Du 5 au 9 juin, l’Organisation des Nations unies (ONU) invite pour la première fois ses parties prenantes à une grande conférence entièrement consacrée à l’océan, dont la « santé » inquiète. L’immense écosystème est désormais érigé en un objectif de développement durable à part entière, l’ODD 14, dont l’ambition affichée est de prendre des mesures capables de préserver 10 % des océans d’ici à 2020, au lieu de moins de 4 % actuellement. Il est donc probable que des Etats seront incités à annoncer la création de nouvelles aires marines protégées (AMP) dans l’enceinte onusienne cette semaine.

 

Le public peut aisément se figurer l’importance de ces réserves naturelles dans le maintien de la biodiversité marine, mais c’est une autre dimension qu’ont voulu éclairer les scientifiques de renom qui publient, le 5 juin, une synthèse d’études scientifiques dans la revue scientifique PNAS, qui publie les comptes rendus de l’Académie américaine des sciences. Ils se sont demandé quel rôle pouvaient jouer les AMP face aux effets du changement climatique, face à l’élévation des températures et à l’acidification de l’eau. Et dans quelles mesures elles peuvent aider les populations à s’adapter et contribuer à atténuer les effets du bouleversement en cours.

Sous la direction de Callum M. Roberts, de l’Université de York, douze chercheurs ont réuni leurs connaissances sur ce thème à partir de 140 recherches antérieures. Dans cette équipe figurait notamment l’ancienne directrice de l’Administration océanique et atmosphérique américaine (NOAA), Jane Lubchenco (université d’Etat de l’Oregon), et le célèbre halieute Daniel Pauly (Université de Colombie-Britannique, au Canada).

Atténuer les bouleversements en cours

Ils ont identifié cinq impacts majeurs du changement climatique sur l’océan : l’acidification du milieu, l’augmentation du niveau des mers, l’intensification des tempêtes qui frappent les rivages, une nouvelle distribution des espèces autour du globe, la baisse de leur abondance et de la disponibilité en d’oxygène.

« Si l’on aborde ensemble tous les processus que nous avons analysés (ressources marines, maintien des habitats et des sédiments…), on en conclut que les AMP peuvent effectivement contribuer à l’atténuation des bouleversements en cours », assure l’un des auteurs, Philippe Cury, de l’Institut de Recherche pour le Développement.

« Par exemple, maintenir une abondance de poissons n’a pas seulement des conséquences pour l’alimentation humaine, il est aussi essentiel que ces millions de tonnes de biomasse puissent continuer à capter beaucoup de carbone », explique-t-il.

Les poissons de la zone mésopélagique (entre 200 mètres et 1 000 mètres) sont les vertébrés les plus abondants du globe. Ils jouent un rôle important dans le cycle du carbone organique par leurs va- et-vient quotidiens entre la surface de l’océan et les grandes profondeurs, constituant ainsi une sorte de « pompe alcaline » et contribuent à la suppression nette du CO2 à la surface.

Par ailleurs, lorsque la pêche excessive entraîne un déclin des grands prédateurs, comme les requins et les thons, les poissons herbivores vont proliférer, détruire les herbiers et favoriser l’émission du carbone qu’ils maintenaient dans le sol.

« Quand on casse une échelle trophique [qui concerne la chaîne alimentaire], on favorise l’émission de carbone, résume Philippe Cury. On le voit dans les zones anoxiques, ces zones mortes privées d’oxygène, qui se multiplient dans le monde. La destruction de l’écosystème, de l’habitat en particulier, libère le carbone jusqu’à présent stocké dans les sédiments. »

Maintenir les barrières naturelles

Les auteurs de l’étude insistent d’ailleurs sur l’importance des zones côtières composées de mangroves, vasières, marécages, marais salants qui abritent des végétations marines dotées de fortes capacités de photosynthèse, ce qui produit localement des réductions de concentrations de CO2.

Or, ces écosystèmes sont parmi les plus fortement menacés : ils reculent rapidement devant le bétonnage des côtes et le développement de l’aquaculture industrielle dans certaines régions du monde.

Les barrières naturelles – les récifs constitués de corail, de mollusques, de certaines algues calcaires, ainsi que des mangroves et des zones de marais – amortissent aussi la violence des cyclones et des tsunamis, ainsi que les effets de la montée du niveau des mers. Les humains ont pu en prendre la mesure à leurs dépens lors d’épisodes météorologiques dramatiquement destructeurs.

Les AMP, pour peu qu’elles soient de taille conséquente – les auteurs de l’étude ont retenu au moins 100 km2 – et qu’elles soient effectivement surveillées, peuvent épargner les atteintes les plus destructrices aux écosystèmes marins (pêche à l’explosif, au chalut qui racle les fonds et perturbe les sédiments, extractions minières, bétonnage).

Elles constituent alors des refuges appréciables pour les espèces très menacées, une sorte de havre dans la grande redistribution des espèces qui est en train de se produire. Certaines sont en effet contraintes de migrer sous l’effet du réchauffement du milieu et de la réduction de la production de plancton.

Les réserves naturelles pourraient aussi devenir le dernier recours contre l’extinction d’espèces non mobiles, comme les coraux. Des études ont montré que ceux-ci avaient pu se rétablir mieux qu’ailleurs d’épisodes de blanchissement dans certaines aires protégées. Mais pas partout.

L’une d’elles, récente, rapporte que des chercheurs australiens ont découvert des traces de médicaments et de pesticides dans le sang des tortues vertes de la Grande Barrière de corail, autour d’îles pourtant très éloignées des côtes du Queensland. Contre ces pollutions-là, les AMP paraissent bien démunies.

 


Sources : Le Monde.fr / Martine Valo / le 05-06-2017