Poissons, l’élevage vide les océans

Les poissons d’élevage sont souvent nourris avec de la farine produite à base de poissons sauvages. Un processus qui vide les mers et qui désorganise toute une économie en Afrique.

 

Photo : Aprapam

 

L’aquaculture est en plein boom. La consommation de poissons d’élevage dépasse celle de poissons sauvages. La particularité de cette industrie est que les élevages sont nourris à base de poissons sauvages. Chaque année, 20 millions de poissons sauvages servent à nourrir d’autres poissons. La farine de poisson est vitale pour l’élevage, mais constitue une menace pour notre biodiversité marine.

De moins en moins de poissons

Les mers du Sénégal sont réputées pour faire partie des eaux les plus poissonneuses du monde. En quelques années, une dizaine d’usines de farine de poissons se sont installées sur les côtes sénégalaises. Dans cette usine, la plupart des farines vont partir vers le Japon. Installé depuis plus de 10 ans, ce producteur sénégalais a vu les concurrents chinois, russes ou encore marocains s’installer. « La pêche et la production ont beaucoup baissé, mais la demande est très forte. Le poisson se fait rare. Maintenant on va jusqu’en Casamance, en Gambie, à n’importe quel moment de l’année », déplore le propriétaire de l’usine.

 

Pour consulter la vidéo de France 2 sur la farine de poissons sauvages : Poissons : l’élevage vide les Océans

 

Source : France 2 France Télévisions.


Les Pêcheries Africaines, un Paradis perdu ?

ENQUÊTE SUR LES PRATIQUES DE PÊCHE ILLÉGALE PAR LES ENTREPRISES CHINOISES EN AFRIQUE DE L’OUEST

 

 

 

Des entreprises irresponsables appartenant à la otte chinoise de pêche lointaine– au rang desquelles la China National Fisheries Corporation (CNFC), la plus grosse entreprise chinoise du secteur – sont en train de mettre en péril la durabilité à long terme des pêcheries de l’Afrique de l’Ouest. Ces entreprises pratiquent une pêche illicite, non déclarée et non réglementée (pêche INN), fraudent systématiquement concernant le tonnage de leurs navires et exportent des pratiques de pêche destructrices. Dans le même temps, les ressources halieutiques ouest-africaines souffrent d’une surpêche de plus en plus intense. Bien que les activités de ces entreprises de pêche lointaine ne contribuent que pour une infime partie aux investissements chinois extérieurs, elles compromettent le partenariat gagnant-gagnant que la Chine préconise avec les pays africains. Le gouvernement chinois doit réformer de toute urgence le cadre réglementaire et le système de gestion de sa flotte de pêche lointaine, de façon à combler les lacunes qui permettent aux entreprises chinoises, depuis des décennies, de se livrer à la surpêche dans le mépris des règles et avec une impunité quasi-totale. Les gouvernements des pays ouest-africains concernés doivent également renforcer sans délai leur système de gouvernance et mettre en œuvre des politiques visant à garantir que l’exploitation de leurs ressources halieutiques réponde à des principes de durabilité environnementale et d’équité sociale. Tous les États concernés doivent adopter et mettre en œuvre des plans nationaux et régionaux ef caces pour lutter contre la pêche INN qui sévit dans la région et dissuader ce genre de pratiques.

La raréfaction des ressources halieutiques africaines s’inscrit dans le cadre d’une crise globale de la gestion des pêcheries. L’absence de plan de gestion efficace et une gouvernance insuffisante – qui se caractérise par un manque de surveillance, de transparence et d’obligation de rendre des comptes –, permettent aux flottes de pêche lointaine de piller ces ressources à faible coût. Certaines grandes puissances de pêche, comme l’Union européenne, qui ont pratiqué une pêche irresponsable au large de l’Afrique pendant des années, prennent désormais des mesures pour corriger leurs erreurs. La Chine doit s’efforcer à son tour de devenir une grande puissance de pêche responsable.

En 2015, les gouvernements africains, ainsi que l’ensemble de la communauté internationale, vont se  fixer de nouveaux objectifs de développement post-2015. L’un de ces objectifs sera d’éradiquer la pauvreté d’ici à 2030. Le secteur de la pêche joue un rôle important dans la création d’emplois, mais aussi dans l’apport en protéines pour le continent africain. L’Assemblée de l’Union Africaine a déclaré que la période 2015-2025 serait celle de la Décennie africaine des mers et des océans, et que le 25 juillet serait la Journée africaine des mers et des océans. Elle a également adopté une stratégie régionale de lutte contre la piraterie, le vol à main armée et d’autres activités illégales en mer, qui s’inscrit dans le cadre de la Stratégie maritime intégrée africaine 2050 (SMI).  La Chine pourrait jouer un rôle appréciable en assistant les pays africains à atteindre ces objectifs de développement.

 

Pour consulter le résumé du rapport d’enquête sur les pratiques de pêche illégale par les entreprises chinoises en Afrique de l’Ouest au format PDF : les pêcheries africaines, un paradis perdu ? (résumé).PDF

 

 

Sources : Greenpeace Africa

 

Arnaque sur les Côtes Africaines

La face cachée de la pêche chinoise et des sociétés mixtes au Sénégal, en Guinée Bissau et en Guinée

 

 

Ce rapport, paru en 2015, met en évidence les pratiques frauduleuses des sociétés chinoises de pêche lointaine, particulièrement la China National Fisheries Corporation (CNFC), opérant dans les eaux ouest-africaines. Les informations recueillies, principalement au Sénégal, en Guinée et en Guinée Bissau, montrent que les navires battant pavillon chinois ou ceux opérant sous d’autres pavillons par le biais de sociétés mixtes, mènent une vaste entreprise de sous- déclaration du Tonnage Brut (TB) de leurs navires. De plus, les données et preuves disponibles, bien que limitées, montrent également que ces pratiques illégales existent probablement aussi au-delà de ces trois pays; ceci mettant en péril l’exploitation durable et équitable des ressources halieutiques ouest-africaines.

 

Pour consulter le rapport complet de Greenpeace  » Arnaque sur les côtes africaines ; la face cachée de la pêche et des sociétés mixtes au Sénégal, en Guinée Bissau et en Guinée  » en PDF : Arnaque sur les côtes Africaines.PDF

 

Sources : Greenpeace Africa