Le POULPE (Octopus vulgaris)

Apparu en masse sur les côtes sénégalaises en 1986, le poulpe commun, Octopus vulgaris, constitue aujourd’hui un revenu important pour les pêcheurs artisanaux au Sénégal

 

La moitié des prises mondiales de poulpe Octopus vulgaris s’effectue au large des côtes nord-ouest africaines. Cette pêche s’est développée à partir des années 1960, tout d’abord au large du Sahara, et, beaucoup plus récemment, dans les eaux sénégalaises, à la suite d’un spectaculaire accroissement de l’abondance des poulpes en 1986. Bien qu’au Sénégal les captures soient très variables d’une année à l’autre – elles dépassent quelquefois 15.000 tonnes annuelles -, elles sont souvent la première source de revenus pour la pêche artisanale. L’importance économique de cette espèce a suscité en 1995 la mise en place d’un programme de recherche sur Octopus vulgaris mené par l’IRD en collaboration avec des chercheurs du CRODT et des scientifiques marocains, mauritaniens et espagnols. Préciser les caractéristiques biologiques de l’espèce, encore mal connues, apparaissait nécessaire pour mieux comprendre la variabilité des populations et pour assurer une exploitation durable de cette ressource.

Les chercheurs ont conduit leurs études sur des poulpes élevés en bassin et d’autres vivant en pleine mer. Pour la première fois, en effet, des poulpes ont pu être marqués en nombre – 6 000 au total et plus d’un millier repêchés -, offrant ainsi des informations très précieuses sur leur biologie et leur comportement. De nombreuses observations sous-marines ont également été effectuées en plongée.

Au Sénégal, les poulpes vivent sur tous les types de fonds avec une préférence pour les sédiments de sable fin à grossier. Découverte importante du programme, Octopus vulgaris creuse des abris dans ces fonds meubles pour se protéger des prédateurs. Ainsi, les chercheurs ont observé des poulpes dans des terriers dont la profondeur et le diamètre varient en fonction de la taille de l’occupant. On distingue deux types de terrier. Dans le premier – une cheminée cylindrique et lisse –, le poulpe en danger plonge en se retournant pour présenter ses tentacules qu’il cache sous des débris de coquilles. Il est alors très peu visible. Le second type, d’une forme plus évasée, est rempli de vieilles coquilles sous lesquelles le poulpe s’enfonce rapidement. Selon des observations récentes, le céphalopode creuse lui-même son terrier qu’il ne quitte que pour s’alimenter et se reproduire. Cet habitat particulier expliquerait la grande quantité de poulpes sur fonds meubles en Afrique de l’Ouest.

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Les « Sparidae » : dorade (ou pagre), pageot, denté, sar, bogue, saupe

Photo : Ivano Trabalza

 

Les Sparidae sont des Perciformes au corps généralement haut et comprimé, avec le plus souvent un profil frontal élevé et typique. La nageoire dorsale, unique, est constituée de 10 à 13 épines et 10 à 15 rayons mous, l’anale de 3 épines et de 8 à 12 rayons ; la caudale est fourchue. Mais la caractéristique essentielle des Sparidae est leur différenciation dentaire ou hétérodontie. Il existe en effet, dans cette famille, une spécialisation de la dentition en fonction du régime alimentaire de l’espèce :

  • les herbivores comme les sars, le  bogue et la saupe, portent des incisives plates et coupantes ;
  • les prédateurs, tels les dentés, sont munis de canines crochues ;
  • les mangeurs de crustacés et de coquillages, cas des pagres, sont pourvus de molaires broyeuses ;
  • les mangeurs de débris, comme les pageots, ont une dentition semblable à celle des pagres, mais moins puissante.

Une autre particularité des Sparidae est leur fréquent hermaphrodisme : les individus pouvant être d’abord mâles puis femelles comme les sars (protandrie) ou, inversement, femelles puis mâles comme les pageots (progynie).

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