Immersion en terre inconnue : la mer profonde en Mauritanie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La biodiversité marine et côtière en Mauritanie est surtout connue pour le Parc National du Banc d’Arguin. Cependant, au large l’on trouve également des écosystèmes spectaculaires qui ne bénéficient d’aucune mesure de protection. Or, ils sont menacés par une exploitation à l’échelle industrielle qui risque de les rayer de la carte avant même que la science puisse recenser cette biodiversité. Ce film œuvre pour la protection des écosystèmes inconnus et une pêche durable.

Le scénario de ce film sur les écosystèmes marins inconnues en Mauritanie, est basé sur l’Atlas Maritime des Zones Vulnérables en Mauritanie, une publication de l’Institut Mauritanien de Recherche Océanographiques et des pêche (IMROP).

Pour voir ce film sur YouTube : IMMERSION EN TERRE INCONNUE : la mer profonde en Mauritanie

 

Sources : IMROP, Ministère de l’Environnement et du développement Durable de Mauritanie, Ministère des Pêches et de l’Economie Maritime de Mauritanie, Le Ministre du Pétrole de l’Energie et des Mines de Mauritanie, Programme Biodiversité Gaz et Pétrole, PNUD, GIZ, GEF, WWF, UICN, YouTube.

 

 

 

Le parc national du Banc d’Arguin, à cheval sur le désert du Sahara et l’océan Atlantique accueille une biodiversité d’une très grande richesse et figure au patrimoine mondial de l’Unesco. Le dessous des Cartes s’intéresse à l’avenir de ce parc.

Pour voir le film du « Dessous des Cartes » sur le banc d’Arguin : Parc national du Banc d’Arguin en Mauritanie

 

Sources : Le Dessous des Cartes (ARTE), YouTube.

 

Face au changement climatique, l’ONU veut inciter à la création d’aires marines protégées

AMP Joal-FadiouthSource : Aprapam – Aire marine Protégée de Joal – Fadiouth

 

Une synthèse d’études scientifiques montre que ces aires protégées « peuvent contribuer à l’atténuation des bouleversements en cours »

Du 5 au 9 juin, l’Organisation des Nations unies (ONU) invite pour la première fois ses parties prenantes à une grande conférence entièrement consacrée à l’océan, dont la « santé » inquiète. L’immense écosystème est désormais érigé en un objectif de développement durable à part entière, l’ODD 14, dont l’ambition affichée est de prendre des mesures capables de préserver 10 % des océans d’ici à 2020, au lieu de moins de 4 % actuellement. Il est donc probable que des Etats seront incités à annoncer la création de nouvelles aires marines protégées (AMP) dans l’enceinte onusienne cette semaine.

 

Le public peut aisément se figurer l’importance de ces réserves naturelles dans le maintien de la biodiversité marine, mais c’est une autre dimension qu’ont voulu éclairer les scientifiques de renom qui publient, le 5 juin, une synthèse d’études scientifiques dans la revue scientifique PNAS, qui publie les comptes rendus de l’Académie américaine des sciences. Ils se sont demandé quel rôle pouvaient jouer les AMP face aux effets du changement climatique, face à l’élévation des températures et à l’acidification de l’eau. Et dans quelles mesures elles peuvent aider les populations à s’adapter et contribuer à atténuer les effets du bouleversement en cours.

Sous la direction de Callum M. Roberts, de l’Université de York, douze chercheurs ont réuni leurs connaissances sur ce thème à partir de 140 recherches antérieures. Dans cette équipe figurait notamment l’ancienne directrice de l’Administration océanique et atmosphérique américaine (NOAA), Jane Lubchenco (université d’Etat de l’Oregon), et le célèbre halieute Daniel Pauly (Université de Colombie-Britannique, au Canada).

Atténuer les bouleversements en cours

Ils ont identifié cinq impacts majeurs du changement climatique sur l’océan : l’acidification du milieu, l’augmentation du niveau des mers, l’intensification des tempêtes qui frappent les rivages, une nouvelle distribution des espèces autour du globe, la baisse de leur abondance et de la disponibilité en d’oxygène.

« Si l’on aborde ensemble tous les processus que nous avons analysés (ressources marines, maintien des habitats et des sédiments…), on en conclut que les AMP peuvent effectivement contribuer à l’atténuation des bouleversements en cours », assure l’un des auteurs, Philippe Cury, de l’Institut de Recherche pour le Développement.

« Par exemple, maintenir une abondance de poissons n’a pas seulement des conséquences pour l’alimentation humaine, il est aussi essentiel que ces millions de tonnes de biomasse puissent continuer à capter beaucoup de carbone », explique-t-il.

Les poissons de la zone mésopélagique (entre 200 mètres et 1 000 mètres) sont les vertébrés les plus abondants du globe. Ils jouent un rôle important dans le cycle du carbone organique par leurs va- et-vient quotidiens entre la surface de l’océan et les grandes profondeurs, constituant ainsi une sorte de « pompe alcaline » et contribuent à la suppression nette du CO2 à la surface.

Par ailleurs, lorsque la pêche excessive entraîne un déclin des grands prédateurs, comme les requins et les thons, les poissons herbivores vont proliférer, détruire les herbiers et favoriser l’émission du carbone qu’ils maintenaient dans le sol.

« Quand on casse une échelle trophique [qui concerne la chaîne alimentaire], on favorise l’émission de carbone, résume Philippe Cury. On le voit dans les zones anoxiques, ces zones mortes privées d’oxygène, qui se multiplient dans le monde. La destruction de l’écosystème, de l’habitat en particulier, libère le carbone jusqu’à présent stocké dans les sédiments. »

Maintenir les barrières naturelles

Les auteurs de l’étude insistent d’ailleurs sur l’importance des zones côtières composées de mangroves, vasières, marécages, marais salants qui abritent des végétations marines dotées de fortes capacités de photosynthèse, ce qui produit localement des réductions de concentrations de CO2.

Or, ces écosystèmes sont parmi les plus fortement menacés : ils reculent rapidement devant le bétonnage des côtes et le développement de l’aquaculture industrielle dans certaines régions du monde.

Les barrières naturelles – les récifs constitués de corail, de mollusques, de certaines algues calcaires, ainsi que des mangroves et des zones de marais – amortissent aussi la violence des cyclones et des tsunamis, ainsi que les effets de la montée du niveau des mers. Les humains ont pu en prendre la mesure à leurs dépens lors d’épisodes météorologiques dramatiquement destructeurs.

Les AMP, pour peu qu’elles soient de taille conséquente – les auteurs de l’étude ont retenu au moins 100 km2 – et qu’elles soient effectivement surveillées, peuvent épargner les atteintes les plus destructrices aux écosystèmes marins (pêche à l’explosif, au chalut qui racle les fonds et perturbe les sédiments, extractions minières, bétonnage).

Elles constituent alors des refuges appréciables pour les espèces très menacées, une sorte de havre dans la grande redistribution des espèces qui est en train de se produire. Certaines sont en effet contraintes de migrer sous l’effet du réchauffement du milieu et de la réduction de la production de plancton.

Les réserves naturelles pourraient aussi devenir le dernier recours contre l’extinction d’espèces non mobiles, comme les coraux. Des études ont montré que ceux-ci avaient pu se rétablir mieux qu’ailleurs d’épisodes de blanchissement dans certaines aires protégées. Mais pas partout.

L’une d’elles, récente, rapporte que des chercheurs australiens ont découvert des traces de médicaments et de pesticides dans le sang des tortues vertes de la Grande Barrière de corail, autour d’îles pourtant très éloignées des côtes du Queensland. Contre ces pollutions-là, les AMP paraissent bien démunies.

 


Sources : Le Monde.fr / Martine Valo / le 05-06-2017

 

Le POULPE (Octopus vulgaris)

Apparu en masse sur les côtes sénégalaises en 1986, le poulpe commun, Octopus vulgaris, constitue aujourd’hui un revenu important pour les pêcheurs artisanaux au Sénégal

 

La moitié des prises mondiales de poulpe Octopus vulgaris s’effectue au large des côtes nord-ouest africaines. Cette pêche s’est développée à partir des années 1960, tout d’abord au large du Sahara, et, beaucoup plus récemment, dans les eaux sénégalaises, à la suite d’un spectaculaire accroissement de l’abondance des poulpes en 1986. Bien qu’au Sénégal les captures soient très variables d’une année à l’autre – elles dépassent quelquefois 15.000 tonnes annuelles -, elles sont souvent la première source de revenus pour la pêche artisanale. L’importance économique de cette espèce a suscité en 1995 la mise en place d’un programme de recherche sur Octopus vulgaris mené par l’IRD en collaboration avec des chercheurs du CRODT et des scientifiques marocains, mauritaniens et espagnols. Préciser les caractéristiques biologiques de l’espèce, encore mal connues, apparaissait nécessaire pour mieux comprendre la variabilité des populations et pour assurer une exploitation durable de cette ressource.

Les chercheurs ont conduit leurs études sur des poulpes élevés en bassin et d’autres vivant en pleine mer. Pour la première fois, en effet, des poulpes ont pu être marqués en nombre – 6 000 au total et plus d’un millier repêchés -, offrant ainsi des informations très précieuses sur leur biologie et leur comportement. De nombreuses observations sous-marines ont également été effectuées en plongée.

Au Sénégal, les poulpes vivent sur tous les types de fonds avec une préférence pour les sédiments de sable fin à grossier. Découverte importante du programme, Octopus vulgaris creuse des abris dans ces fonds meubles pour se protéger des prédateurs. Ainsi, les chercheurs ont observé des poulpes dans des terriers dont la profondeur et le diamètre varient en fonction de la taille de l’occupant. On distingue deux types de terrier. Dans le premier – une cheminée cylindrique et lisse –, le poulpe en danger plonge en se retournant pour présenter ses tentacules qu’il cache sous des débris de coquilles. Il est alors très peu visible. Le second type, d’une forme plus évasée, est rempli de vieilles coquilles sous lesquelles le poulpe s’enfonce rapidement. Selon des observations récentes, le céphalopode creuse lui-même son terrier qu’il ne quitte que pour s’alimenter et se reproduire. Cet habitat particulier expliquerait la grande quantité de poulpes sur fonds meubles en Afrique de l’Ouest.

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Les « Sparidae » : dorade (ou pagre), pageot, denté, sar, bogue, saupe

Photo : Ivano Trabalza

 

Les Sparidae sont des Perciformes au corps généralement haut et comprimé, avec le plus souvent un profil frontal élevé et typique. La nageoire dorsale, unique, est constituée de 10 à 13 épines et 10 à 15 rayons mous, l’anale de 3 épines et de 8 à 12 rayons ; la caudale est fourchue. Mais la caractéristique essentielle des Sparidae est leur différenciation dentaire ou hétérodontie. Il existe en effet, dans cette famille, une spécialisation de la dentition en fonction du régime alimentaire de l’espèce :

  • les herbivores comme les sars, le  bogue et la saupe, portent des incisives plates et coupantes ;
  • les prédateurs, tels les dentés, sont munis de canines crochues ;
  • les mangeurs de crustacés et de coquillages, cas des pagres, sont pourvus de molaires broyeuses ;
  • les mangeurs de débris, comme les pageots, ont une dentition semblable à celle des pagres, mais moins puissante.

Une autre particularité des Sparidae est leur fréquent hermaphrodisme : les individus pouvant être d’abord mâles puis femelles comme les sars (protandrie) ou, inversement, femelles puis mâles comme les pageots (progynie).

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