Relecture du discours du Président de la République lors de la 57ème célébration de la fête de l’Indépendance

Photo : Aprapam

 

Ce 3 Avril 2017, le Président Maky Sall a délivré un discours à la nation de haute facture, qui dénote son engagement pour la protection et l’émergence des masses laborieuses dont la survie dépend exclusivement de l’exploitation et de la valorisation des ressources naturelles.

« Cette année, fidèles au concept Armée-Nation, nous célébrons la fête de l’indépendance sous le thème du rôle des Forces de défense et de sécurité dans la protection de l’environnement. Ce thème nous interpelle par son actualité. Nos ressources naturelles, faut-il le rappeler, constituent la substance vitale de notre base productive, sans laquelle il ne peut y avoir ni croissance, ni développement. »

 

1. Le secteur de la pêche se félicite de cette déclaration et remercie le Président de la République pour sa lucidité dans le choix du thème relatif au rôle des forces de défense et de sécurité dans la protection de l’environnement. Tous les acteurs de la pêche sénégalaise reconnaissent que la sardinelle ou yaboye constitue «la substance vitale de la base productive du secteur » : nous affirmons tous que sans sa présence, il ne peut y avoir ni croissance, ni développement du secteur, ni émergence du pays. Elle constitue la base d’une multitude d’activités et d’emplois, la base essentielle de fourniture de protéines à bon marché, le socle de l’économie halieutique car importante source de revenus et de devises.

 

2. Pour faire la connaissance de cette ressource, consultons les données scientifiques disponibles et interrogeons les menaces qui pèsent sur ce «pétrole bleu » du Sénégal :

2.1 : Les données sur la sardinelle : la sardinelle regroupe deux espèces, la sardinelle ronde (meureuque) et la sardinelle plate (tass) qui sont migrantes donc en partage avec les pays voisins.

Les récentes évaluations de stocks faites par les experts et scientifiques regroupés autour de la FAO montrent une nette tendance à la baisse des biomasses disponibles dans la sous-région comprise entre la Mauritanie et la Guinée, d’où la raréfaction de la sardinelle constatée au Sénégal. Le sous-comité scientifique FAO/COPACE a conclu en octobre 2016 à une surexploitation de la sardinelle dans la sous-région et recommandé de réduire l’effort de pêche pour tous les segments de la filière : cette recommandation est reconduite depuis les évaluations de 2010.

Les débarquements de sardinelles sont de 745 000 tonnes annuelles en moyenne entre 2009 et 2013 selon la FAO : ils ont atteint 801 000 tonnes en 2014 et les experts de la FAO ont dénoncé un état de surpêche. Au Sénégal, la pêche artisanale a débarqué en moyenne 220 000 tonnes entre 2010 et 2015 : elle a réalisé 247 000 tonnes en 2013 alors que la pêche artisanale en Mauritanie a envoyé 307 000 tonnes de sardinelles aux usines de farine de poisson. Ces quantités ont vraisemblablement baissé en 2016 avec l’arrêt des activités des sennes tournantes en Mauritanie.

La flambée des prix des sardinelles sur les plages constitue une grosse alerte pour le consommateur. De 1 000 à 3 000 francs la caisse de sardinelle ronde de 50 kilogrammes dans les années antérieures, celle-ci est passée en janvier 2017 à 30 000 francs à Mbour et Kaolack, 32 000 à Touba et 35 000 à Tambacounda. Or cette sardinelle constitue l’espèce la plus consommée actuellement par les ménages.

 

2.2 : Risques et menaces :

« Or, partout dans le monde, ces ressources se raréfient, sous l’effet combiné d’une exploitation effrénée et de pratiques illégales. »

Cette remarque s’applique parfaitement aux ressources en sardinelles au Sénégal où les risques et menaces sont multiples :

- changements climatiques se manifestant par les pertes d’habitats côtiers et par la baisse de la durée et de l’intensité de l’upwelling principale source d’enrichissement du milieu, baisse notée depuis les années 1995-1997 ;

- pollutions des eaux dues aux activités humaines avec les menaces relatives à la future exploitation des hydrocarbures off-shore ;

- pêche illégale non déclarée non enregistrée (pêche INN) qui prend une ampleur liée à l’insuffisance des moyens de contrôle et de suivi de la ressource et de son exploitation ;

- inefficacité dans l’application des mesures de gestion, gestion non transparente et non participative du secteur : alors que l’Etat négocie l’octroi de licences pour les pêcheurs artisans exerçant en Mauritanie, en Gambie et ailleurs, des autorisations de pêche ont été accordé à des bateaux étrangers en 2012 ;

- devant la difficulté d’accès à la sardinelle sur les plages, les autorités acceptent l’implantation d’usines sur les plages, certains d’entre elles faisant de la farine de poisson à partir de la sardinelle.

Ces menaces, et d’autres comme l’exportation anarchique de la sardinelle en frais ou transformée, font que les acteurs ont des difficultés à accéder à la ressource, tant en mer que sur les plages.

 

3. Solutions :

3.1 : Mesures prises par les autorités :

« La préservation de notre environnement n’en est que plus urgente ; qu’il s’agisse de la lutte contre la pollution, la pêche illicite et la déforestation, entre autres périls. Elle revêt le même ordre de priorités que la défense de la souveraineté nationale et de l’intégrité du territoire.» Par conséquent, j’ai ordonné à nos Forces de défense et de sécurité de poursuivre avec vigueur les actions déjà engagées dans ce sens. Le gouvernement continuera de mobiliser tous les moyens nécessaires à cet effet, en matière d’équipements, de formation et d’entrainement. Je souhaite que tous, ensemble, dans un élan civique et patriotique, nous participions à cette œuvre salutaire de sauvegarde de notre patrimoine environnemental commun. »

Cette prise de position au plus haut sommet de l’Etat est à magnifier, tout autant que la décision courageuse prise par le Chef de l’Etat le 30 avril 2013 de mettre un frein à l’exploitation de la sardinelle par les bateaux russes et ukrainiens. Dans le même ordre d’idée, le Président a engagé le Sénégal le 3 février 2016 à adhérer à l’initiative de transparence dans les pêches (FiTI) et a doté récemment la marine nationale de 3 patrouilleurs de haute mer et de 6 vedettes côtières pour contribuer à une surveillance plus efficace des eaux et des ressources halieutiques du pays.

3.2 : Contribution d’APRAPAM :

Lors du conseil des ministres de février 2017, « le Chef de l’Etat invite le Gouvernement à déployer une campagne de sensibilisation des acteurs de la pêche, notamment, sur le respect du dispositif législatif et règlementaire national, ainsi que des accords sous régionaux et bilatéraux, signés par le Sénégal ».

Dans le cadre de l’exécution de son programme d’activités, APRAPAM participe à la sensibilisation et à la responsabilisation des acteurs à la base en prenant diverses initiatives avec ses partenaires, à partir d’un diagnostic des maux dont souffre le secteur: surcapacité des moyens de capture et intensification de l’effort de pêche, ressources côtières pleinement et même surexploitées, inexistence de plans d’aménagement compatibles avec le potentiel d’exploitation des ressources disponibles, inefficacité des systèmes de surveillance et de contrôle des pêcheries, pillage des ressources à travers la pêche illicite, non autorisée et non déclarée, insuffisance d’infrastructures de débarquement et de commercialisation, lacunes dans l’organisation et la formation des acteurs, impacts négatifs des changements climatiques sur les zones côtières, les ressources et les communautés…

 

Depuis 2010, des rencontres sont organisées en vue d’informer, de sensibiliser et de renforcer les capacités des acteurs professionnels de la pêche artisanale pour leur promotion dans le secteur.

  •  premier forum le 31 juillet 2010 sur la Bonne Gouvernance (cas de la cogestion), la Problématique du financement de la  pêche artisanale et la Valorisation des captures ;
  •  deuxième forum le 04 juillet 2011 sur la contribution de la Pêche Artisanale à la sécurité alimentaire et à la lutte contre  la pauvreté ; la surveillance participative des ressources halieutiques ;
  •  journée de Réflexion des Acteurs de la Pêche Artisanale (07 avril 2012) pour faire un diagnostic du secteur de la  pêche au Sénégal et de la pêche artisanale en particulier ;
  •  troisième forum le 04 Juillet 2012 sur le rôle de la recherche dans la gestion durable de la ressource halieutique. quel  impact sur la pêche artisanale ?
  •  journée de Réflexion le 18 décembre 2012 sur l’agrément national du Sénégal pour l’exportation des produits de la  pêche dans les pays de l’Union Européenne ;
  •  panel le 20 mars 2013 sur la gouvernance des pêches ;
  •  panel le 23 novembre 2013 sur la transparence et la cogestion dans le secteur des pêches maritimes au Sénégal ;
  •  quatrième forum le 08 janvier 2014 sur les Menaces sur les petits poissons pélagiques : la parole aux professionnels ;
  • cinquième forum le 07 janvier 2015 : sur les «Enjeux de l’exploitation et de la valorisation des ressources pélagiques et  de la place de celle-ci dans la sécurité alimentaire : la parole aux professionnels» ;
  • sixième forum le 19 mai 2016 sur la Transparence dans la gestion des pêches au Sénégal ; quelles stratégies pour le  développement durable de la pêche ?

 

Parmi les mesures phares proposées par APRAPAM et ses partenaires à l’issue de ces rencontres, on peut insister sur les plus marquantes et relatives aux ressources :

  • déclarer 2017 année africaine de la pêche artisanale, une initiative de la CAOPA ;
  • réserver au Sénégal l’exploitation des sardinelles à la pêche artisanale ;
  • inviter l’Etat à faire appliquer les mesures de gestion et les textes juridiques et réglementaires ;
  • exhorter les autorités à prendre en compte les recommandations de la FAO relatives à la réduction de l’effort de pêche sur les sardinelles ainsi que les Directives volontaires pour une pêche artisanale durable ;
  • demander à l’Etat d’appuyer les efforts de la CAOPA et de la CSRP pour une meilleure gestion des ressources pélagiques partagées à travers des plans d’aménagement régionaux ;
  • interdire l’implantation d’usines sur la plage et surtout toute utilisation de poisson pélagique, surtout les sardinelles, à la production de farine de poisson.

 

4. Conséquences en cas de non application de ces mesures :

Les observations faites par les experts de la FAO, les scientifiques nationaux, les acteurs de la pêche ainsi que par les consommateurs sénégalais signalent une raréfaction, une pénurie et une absence de sardinelles dans nos eaux, sur nos plages et dans les assiettes.

Il suffit de prendre l’exemple sur la chaine d’exploitation et de valorisation de la sardinelle pour estimer le poids social de l’activité des sennes tournantes : différents acteurs gagnent leur vie directement ou indirectement grâce aux activités de la pêche de sardinelles.

Le charpentier : en charge de la fabrication des pirogues, emploie au moins sept personnes ; Les pêcheurs : la senne tournante utilise au moins quarante pêcheurs ;

Les personnes intermédiaires après capture : il y’a au moins sept personnes qui sont chargés de prendre la prise pour l’acheminer suivi par le pointeur de la pirogue, puis au moins vingt personnes assurent le remplissage des casiers destinés au mareyeur ;

Les mareyeurs : chacun engage au moins un chauffeur, un apprenti, un pointeur, un convoyeur et sept manutentionnaires en vue d’acheminer les produits dans les différents sites de distribution. Une autre personne est chargée de livrer la glace pour la conservation et elle dispose d’un camion avec un chauffeur et son apprenti ;

Les transformatrices : chacune fait travailler au moins deux porteurs, un charretier, deux aides, deux écailleurs, deux aides pour étaler sur les claies et deux pour conditionner et emballer ;

Les charretiers sont aussi sollicités dans le circuit de distribution des captures ;

Les gargotières gagnent leur vie grâce aux différents acteurs qui s’activent dans le site ;

Les mécaniciens : Ils sont deux, celui qui répare les moteurs hors-bords et celui qui s’occupe des pannes du camion frigorifique ;

Les vulcanisateurs réparant les pneus des charrettes et des camions frigorifiques ;

Les micro mareyeuses assurent les ventes aux consommateurs.

Outre ces acteurs, il faut compter les rinceurs de bac, les écailleuses de poisson, les soudeurs, les forgerons, les personnes qui ont des «pousse-pousse», les vendeurs (de crédit téléphonique, de sachets plastiques, d’appât) et aussi les vendeurs de matériel de pêche qui ont des magasins aux alentours du site du quai de pêche.

Ainsi une seule senne tournante en activité peut mobiliser plus d’une centaine de personnes, chacune d’entre elles ayant derrière une famille à nourrir. En avril 2015, le CRODT a recensé 2101 pirogues porteuses de sennes tournantes, d’où un potentiel humain de plus de 200 000 personnes vivant des activités de pêche de ces unités. On ne dispose pas de données fiables  sur le nombre d’unités de pêche qui vont retourner au Sénégal suite à l’arrêt des accords avec la Mauritanie et l’octroi des 250 permis pour la pêche en Gambie.

Si aucune des mesures avancées par le Chef de l’Etat dans son discours et lors du conseil des ministres de février 2017, ni celles proposées par les acteurs de la pêche artisanale ne sont suivies d’effets, le sous-secteur de la pêche artisanale va être confronté sous peu à des difficultés pouvant conduire à des catastrophes.

 

 

 

CONTRIBUTION : L’ACCORD DE PECHE «FANTOME» ENTRE LA FEDERATION DE RUSSIE ET LE SENEGAL

Photo : Aprapam

 

″ La  Mauritanie ferme ses eaux aux pêcheurs de Saint Louis tandis que le Sénégal, s’apprête à ouvrir les siennes aux bateaux russes ? ″

 

Rappel

Comme chaque année,  à l’approche de la saison froide, les bateaux russes, en sollicitant des autorisations de pêche au Sénégal,  se rappellent au bon souvenir des sénégalais.  L’accès aux  eaux des pays situés sur la façade atlantique nord-ouest africaine, comme le Sénégal, est d’une importance vitale pour les chalutiers pélagiques russes.

Nous avons été surpris par les propos tenus, à l’Assemblée nationale, par le ministre  de la Pêche et de l’Economie maritime (MEM), lors de l’examen du budget de son département.

En effet, il soutient que des accords de pêche existent entre  le Sénégal et la Russie depuis 2011 et que c’est le protocole d’application qui n’est pas encore signé. L’affirmation de M. le  ministre nous surprend beaucoup et dans les lignes qui suivent, nous allons  développer notre argumentaire.

 

L’accord signé à Moscou en février 2011

Un accord entre la Fédération de Russie et le  Sénégal a, certes, été signé par le ministre d’Etat chargé des Affaires étrangères lors de sa visite à Moscou du 7 au 9 février 2011. Cet accord  le 8 février 2011  ne  concerne, toutefois, que la coopération en matière de  surveillance des pêches, de recherche scientifique, de coopération entre opérateurs économiques et de formation dans le domaine de la pêche. Il ne prévoit pas du tout, l’octroi de droits d’accès aux zones de pêche  qui constitue la quintessence  de tout accord de pêche.

En outre, pour avoir, personnellement, à la fin des années 70, participé à de nombreuses négociations d’accords de pêche (Italie, Espagne, Union Européenne) nous nous permettons de rappeler qu’un accord de pêche, après sa signature doit être ratifié par le Parlement, puis promulgué par le  Président de la République (PR) et enfin, publié au journal officiel. Nous n’avons pas connaissance qu’une telle procédure ait été suivie avec l’accord du 8 février 2011 qui saurait être un accord de pêche.

A cet égard, nous nous demandons pourquoi :

-        l’annulation à la fin du mois d’avril 2012 des 29 licences de pêche attribuées à des bateaux russes, a-t-elle été faite par simple lettre du ministre de la Pêche et des Affaires maritimes (MPAM) adressée au représentant de la société privée panaméenne Overseas  Express, plutôt que par une dénonciation formelle ;

-        dans l’accord du 8 février 2011, nulle part l’octroi de droits de pêche n’est prévu ;

-        par lettre du 10 février 2011, le MEM a demandé au Président de la République (PR) de la première alternance, l’autorisation pour l’établissement de licences de pêche pour exploiter des ressources pélagiques. Ce PR par courrier du 1er mars 2011, lui a répondu favorablement ?

-        le même MPAM avait-il à saisir le Conseil des ministres en décembre 2012, pour demander l’autorisation de faire revenir les bateaux russes  expulsés, 9 mois auparavant ?

-        au conseil interministériel sur la pêche tenu le 18 juin 2013, le MPAM a posé, une nouvelle fois, le problème du retour des bateaux russes. La recommandation issue de cette instance a été de procéder d’abord à une évaluation de l’impact des opérations des bateaux étrangers ciblant les petits pélagiques sur les ressources et le budget.

Tous les points rappelés ci-dessus portent sur des droits de pêche et l’accord de février 2011 supposé être de ″pêche″, n’y est cité nulle part.

Enfin, comment l’ancien PR (celui de la première alternance) et son MPAM peuvent-ils ignorer l’existence d’un accord de pêche entre la Russie et le Sénégal, signé le 8 février 2011 ? Si cet accord existait vraiment n’en auraient-ils pas parlé ?

 

La sardinelle et son importance au Sénégal.

En 2012, les débarquements de poissons ont été de 447.961 tonnes dont 91% par la pêche artisanale. Les deux espèces de sardinelles (la sardinelle ronde et la plate) ont représenté 55,30 % des débarquements totaux et 61,2 % de  ceux de la pêche artisanale.

S’agissant de l’emploi direct, environ 60.000 pêcheurs artisans ont été dénombrés au Sénégal dont 20 % (soit près de 12 000) relèvent de la seule pêcherie de sardinelles.

En outre, de nombreux métiers connexes (distribution du poisson, transformation artisanale) associés  à la pêcherie de sardinelles se caractérisent par de faibles barrières à l’entrée en termes de capital, de qualification et de savoir-faire et emploient des milliers de personnes.

L’amont de la filière des sardinelles mobilise des milliers de personnes qui exercent des activités d’où ils tirent l’essentiel de leurs revenus. L’importance de la composante féminine dans la transformation artisanale constitue un facteur favorable aux politiques de réduction de la pauvreté.

Enfin, au plan de la sécurité alimentaire, les sardinelles constituent la source de protéine animale la plus accessible en termes de prix et de quantité, face au renchérissement des prix des autres produits d’origine animale et la baisse du pouvoir d’achat accentuée par une croissance démographique rapide qui est de 2,6 %. Dans beaucoup de familles sénégalaises, actuellement, seul le repas de midi  à base de riz au poisson (sardinelles) est assuré.

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Mbour : visite attendue d’étudiants de l’université de Berne

Photo : Aprapam

 

Des étudiants de l’Université de Berne en Suisse sont attendus mercredi à Mbour (ouest) pour une visite de travail qui s’inscrit dans le cadre de la coopération qui lie l’Association pour la promotion et la responsabilisation des acteurs de la pêche artisanale de Mbour (APRAPAM) avec les institutions et organisations nationales et internationales, a appris l’APS.

‘’[...] En ce qui concerne notre association, ce genre de rencontre permet de faire des échanges d’expériences avec ces organisations, d’une part et, d’autre part, de permettre à ces dernières de découvrir les réalités de la pêche artisanale et autres facettes socioculturelles du secteur avec les contacts qu’ils ont avec les acteurs professionnels’’, explique un communiqué.

Eventuellement, cette visite pourrait être l’occasion de nouer des liens de partenariat et/ou de collaboration à travers des activités visant à améliorer les conditions d’existence et de travail des communautés de pêche artisanale, ajoute le texte.

Pour édition de cette année, le programme porte sur la présentation de l’APRAPAM (missions, objectifs, réalisations, perspectives), celle du secteur de la pêche en général et du sous-secteur de la pêche artisanale en particulier, notamment son importance, ses enjeux, opportunités…

Au cours de leur séjour, ces étudiants et leurs professeurs visiteront de l’aire marine protégée (AMP) de Joal-Fadiouth, avec une activité de plantation de propagules (fruit de palétuvier), en guise de contribution des étudiants à la restauration et la préservation de la mangrove très importante pour la conservation de la ressource halieutique et de l’écosystème marin.

Ils se rendront également au quai de pêche de Joal-Fadiouth pour leur permettre d’avoir un aperçu de l’importante de la pêche artisanale et la nécessité d’avoir des infrastructures adéquates pour une exploitation rationnelle de la ressource, élément fondamental qui participe à la durabilité du secteur, a souligné le vice-président de l’APRAPAM, Chérif Younouss Ndiaye.

Est aussi au programme, une rencontre avec une organisation de professionnels de la pêche artisanale de Nianing, pour connaître le rôle des différents acteurs dans la chaîne de valeurs de la pêche artisanale et l’impact des activités menées à leur profit par l’APRAPAM.

 

Source : A.P.S. (Agence de Presse Sénégalaise) le 10-10-16

 


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Voix de la pêche artisanale africaine

Photo : CAOPA

 

COUP DE PROJECTEUR SUR LES ACTEURS DE LA PÊCHE ARTISANALE

Du Sénégal au Togo, en passant par la Guinée-Bissau, la Mauritanie, la Tunisie et le Ghana, tra- vailler dans la pêche artisanale maritime, c’est, au quotidien, vivre le même attachement à la mer et faire face aux mêmes défis.

Entre Septembre 2014 et Novembre 2015, le Réseau des Journalistes pour une Pêche Responsable et durable en Afrique de l’Ouest (rejoprao), en collaboration avec la caopa, est allé à la rencontre des acteurs de la pêche artisanale dans ces six pays.

A chaque étape, nous avons multiplié les visites de sites, les échanges en groupe, les entretiens indi- viduels et la recherche documentaire. L’objectif étant clairement de comprendre et de décrire avec honnêteté les situations dans lesquelles les acteurs de la pêche artisanale exercent leur activité et les défis auxquels ils font face. Pour montrer qu’au-delà des statistiques, généralement peu fiables, relayées un peu partout, la pêche artisanale africaine, c’est avant tout des hommes et des femmes qui demandent à se faire entendre.

Construit autour d’une série de six reportages de terrain, ce rapport leur donne la parole. Ces femmes et ces hommes disent leurs craintes et leurs espoirs pour l’avenir de leur métier. Nous ap- portons une part de vérité sur la pêche artisanale. En aucun cas nous ne prétendons que ce rapport est une description complète des situations dans les pays visités.

Notre gratitude va à tous ceux et celles qui ont contribué de différentes manières à la production de ce rapport.

 

APPEL POUR UNE ANNEE AFRICAINE DE LA PECHE ARTISANALE

La grande majorité des 12,3 millions d’africains qui dépendent de la pêche et de l’aquaculture pour vivre sont issus du secteur de la pêche artisanale : plus de 7,5 millions d’hommes et 2,3 millions de femmes sont actifs dans le secteur de la pêche artisanale africaine et fournissent un revenu à des millions de familles en Afrique.

La contribution de la pêche au pib de tous les pays africains a atteint l’an dernier environ 1.910.000 millions US$, avec une contribution de la pêche artisanale marine et continentale repré- sentant plus de la moitié de ce chiffre. Cela montre que la pêche artisanale stimule les économies locales, particulièrement lorsqu’elle est soutenue par des politiques visant à assurer une protection sociale et à promouvoir le bien-être des communautés côtières.

En rendant le poisson, – source de protéines, d’acides gras, de vitamines, de minéraux-, dis- ponible à bas prix pour plus 200 millions de personnes en Afrique, les femmes et les hommes du secteur de la pêche artisanale africaine contribuent grandement à la sécurité alimentaire. Le poisson représente en moyenne 22 % de l’apport en protéines en Afrique subsaharienne; toutefois, dans les pays africains les plus pauvres, ce niveau peut dépasser les 50 %.

Cette importance de la pêche artisanale pour la sécurité alimentaire, les économies nationales et l’emploi en Afrique et ailleurs, est de plus en plus reconnue par les décideurs. L’adoption, en Juin 2014, des Directives volontaires de la fao pour assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et l’éradication de la pauvreté (vgssf) a joué un rôle majeur dans cette reconnaissance accrue.

Afin de promouvoir la mise en œuvre de ces Directives au niveau panafricain, la caopa propose que l’Union africaine déclare une Année africaine de la Pêche artisanale, qui serait l’occasion pour toutes les parties prenantes de contribuer à la mise en place, dans les pays africains, de politiques réformées qui offrent un environnement porteur au développement de la pêche artisanale durable.

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Journée mondiale de la Femme le 08 mars 2016 à Nouakchott

Photo : CAOPA

 

Journée internationale de la Femme 2016, déclaration de Nouakchott : Déclaration Journée mondiale femmes le mars 2016 à Nouakchott 2016.pdf

 

International Women’s Day2016, declaration of Nouakchott : Nouakchott Declaration Women day 2016 proposal.pdf


 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : CAOPA

 

PRESSE

http://www.aps.sn/actualites/economie/peche/article/le-manque-de-connaissances-pour-les-femmes-un-facteur-d-exclusion-selon-une-responsable-du-conipas

 

http://www.aps.sn/actualites/economie/peche/article/la-mauritanie-adhere-parfaitement-a-toutes-initiatives-de-nature-a-valoriser-les-acteurs-de-la-peche-ministre

 

http://www.aps.sn/actualites/economie/peche/article/le-secteur-de-la-peche-artisanale-peut-contribuer-a-l-integration-africaine-actrice

 

http://www.aps.sn/actualites/economie/peche/article/les-etats-membres-invites-a-la-mise-en-oeuvre-effective-du-cadre-politique-et-de-strategie-de-reforme-de-la-peche-et-de-l-aquaculture-de-l-ua

 

http://aps.sn/actualites/economie/peche/article/nouakchott-les-femmes-africaines-se-penchent-sur-leurs-dans-les-reformes-de-la-peche-en-afrique

 

Source : A.P.S.

 

 

 

 

Rachat d’AFRICAMER par des opérateurs privés Russes

« On les éconduit par la porte, ils reviennent par la fenêtre »

 

Photo : Aprapam

 

Le quotidien l’OBS du 31 juillet 2015 a annoncé que le liquidateur d’Africamer venait de signer  avec la société Flash Afrique Sea Products (que nous appelons FLASH, une société de droit sénégalais mais appartenant à des opérateurs privés russes), un protocole de reprise de la société en liquidation depuis 2011. Les termes de l’entente préliminaire convenue se résument comme  suit :

 

-        le repreneur compte améliorer les activités d’Africamer « avec un cycle complet de production, de traitement et d’exportation de surgelés, de conserves et de farine de poissons » ;

-        pour faciliter la liquidation, le bail  signé entre Africamer et le port autonome de Dakar (PAD) devrait être renouvelé au profit du repreneur qui, en outre, bénéficierait des  licences de pêche  accordées à la défunte société. Ces deux promesses devraient se concrétiser dans un délai de 2 mois, à compter de la date de signature définitive de la vente, faute de quoi, les 2,7 milliards de FCFA versés par les russes, seraient  remboursés.

Dans les lignes qui suivent  nous allons :

-        faire un rappel  portant sur Africamer ;

-        citer les différentes tentatives des autorités russes pour faire pêcher leurs bateaux dans les eaux sous juridiction  sénégalaise ;

-        développer nos observations sur  les  programmes que FLASH envisage de réaliser au Sénégal, si le rachat  d’Africamer se concrétisait.

 

De Sonafrig à Africamer.

Africamer a été créée en 1979, suite au rachat de l’entrepôt frigorifique SONAFRIG par des opérateurs  privés.

 

Africamer :

 

-        était une entreprise intégrée avec ses 13 chalutiers glaciers et ses 3 congélateurs. Elle occupait, au quai de pêche, une superficie de  20.856 m2 sur laquelle, sont bâtis  sur  12.356 m2 des bureaux, des ateliers, des  unités de production de froid, une fabrique de glace, des chambres froides une chaîne de filetage et de préparation du poisson ;

-         traitait, par an, 20.000 tonnes de poisson et en exportait 12.000, dont 85% vers l’Europe.

-        avait créé 2.425 emplois dont  506 CDI, 219 CDD et 1700 journaliers.

 

Africamer fut la plus importante unité de pêche du Sénégal, en termes de chiffre d’affaires, de création d’emplois et de recettes d’exportation. Elle  a connu, entre 2005  et 2010, des difficultés qui ont entraîné une suite d’arrêts suivis de reprises d’activités éphémères. La société a été, finalement, mise en liquidation le 19 octobre 2011.

 

 

Les tentatives de la Russie d’accéder aux ressources halieutiques du Sénégal.

L’accès des eaux des pays situées sur la façade nord-ouest africaine, comme le Sénégal, est très  importante pour la flotte de pêche lointaine russe. A cet égard, la  Russie déploie beaucoup d’efforts pour avoir l’autorisation de poursuivre les bancs de petits pélagiques, dans les eaux respectives du Maroc, de Mauritanie, de Gambie, du Sénégal et de Guinée Bissau.  Ainsi, chaque année, à l’approche de la saison froide, les autorités russes s’agitent en faisant des propositions aussi saugrenues que la livraison de camions, de fournitures de bureau et l’attribution de bourses d’études, en contrepartie de droits de pêche.

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Contribution d’APRAPAM pour l’élaboration et la mise en oeuvre du plaidoyer pour une année africaine de la pêche artisanale

Photo : Aprapam

Problématique de la Pêche artisanale en Afrique

Place et rôle de la pêche artisanale en Afrique

La pêche artisanale africaine est un atout des pays africains face aux défis de développement durable, et est de loin, le principal fournisseur d’emplois du secteur en Afrique. Elle stimule les économies locales, si elle est associée à des politiques de protection sociale et de promotion du bien-être des communautés côtières. Dans la plupart des régions africaines, la capture et le commerce par la filière pêche artisanale offre un « filet de sécurité alimentaire » aux populations les plus démunies.

Les femmes professionnelles actives dans la pêche artisanale africaine sont présentes à toutes les étapes de la filière.  Elles sont le pilier de la cellule familiale des communautés de pêche artisanale africaines. De par leur place dans les communautés côtières, elles sont amenées à jouer un rôle important, aux côtés des pêcheurs artisans, dans la gestion et la résolution des conflits au sein des communautés de pêche, entre communautés, y compris entre communautés de pêche de pays voisins, notamment à travers des initiatives prises par les professionnels de la CAOPA comme les comités conjoints.

 

Le document de la FAO sur la Situation mondiale de la pêche et de l’aquaculture en 2010 nous renseigne de ce qui suit :

 

Importance de la pêche

Au niveau mondial             / En Afrique

  • Armement :  4,36 millions de bateaux            /               479.600 soit 11% flotte mondiale
  • Nombre de pêcheurs : 54,8 millions               /                3.955.000       7,21 %
  • Nombre de femmes : 15% pêche de capture

80 à 90% pêche Continentale

  • Emplois créés : 660 à 820 millions                    /                              200 millions

10 à 12% de la population mondiale      /     19 à 20 % pop. africaine

  • Echanges internationaux : 10% de l’ensemble des exportations agricoles

Soit 1% du commerce mondial (57millions de tonnes, dont 38 millions pour l’alimentation humaine pour une valeur commerciale de 102 milliards de

dollars US.

  • Pêche artisanale :

90% des personnes pratiquant la pêche de capture

Rôle important dans la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté

 

Problèmes

  • Gouvernance : politiques non adaptées ; implique l’élaboration de politiques de nature à favoriser l’adoption de pratiques et de comportements durables.

  • Insuffisances de capacités institutionnelles.
  • Non intégration de la pêche artisanale dans les politiques nationales et régionales de développement ; ce qui entraîne des obstacles à la pleine réalisation de la contribution potentielle du secteur , ce qui suggère en l’occurrence une réforme de la politique africaine  des pêches et sa mise en adéquation avec les nouvelles directives internationales volontaires pour une pêche artisanale durable et leur prise en compte dans les législations nationales.

Le résultat  de cette démarche contribuera dans une large mesure à pérenniser la pêche artisanale et générer divers avantages, en particulier en matière de sécurité alimentaire et de lutte contre la pauvreté.

En effet, les Directives Internationales Volontaires pour une Pêche artisanale Durable encouragent :

  • La bonne gouvernance
  • La responsabilité sociale et la solidarité
  • Une approche de développement axée sur les droits de l’homme, l’égalité des   sexes ainsi que le respect et la prise en compte de tous les partenaires
  • Les organes régionaux de pêche :

Principal mécanisme institutionnel permettant aux Etats d’œuvrer ensemble à la pérennisation de leur ressources communes, les organes régionaux ont, pour la plupart d’entre-eux  du mal à s’acquitter de mandats dans biens des cas inadaptés.

  • La Pêche INN :

Les activités qui s’y rapportent compromettent le succès des actions visant à promouvoir la pêche durable et à améliorer l’état d’adaptation des écosystèmes.

Corrélativement, les pays en développement dont les moyens techniques sont souvent restreints, sont les plus durement touchés par ces pratiques qui limitent leur capacité à gérer efficacement leurs pêches, les privent de revenus et compromettent leurs efforts pour renforcer la sécurité alimentaire, combattre la pauvreté, et assurer aux populations locales les moyens d’existence durable.

Tout ce qui précède implique :

  • La coopération internationale
  • Le renforcement des capacités de gestion des pêches des pays en développement pour mettre  en œuvre efficacement les instruments internationaux existants.

Cet ensemble de mesures est une condition essentielle pour pérenniser les pêches et atténuer les répercussions de la pêche INN.

 

Les  contraintes  et défis de la pêche artisanale en Afrique

  • Zones de pêche

L’essentiel de l’exploitation des ressources halieutiques par la pêche artisanale africaine se fait sur quelques dizaines de kilomètres dans la bande côtière, zone fragile menacée par les changements climatiques et par la pression croissante des activités telles que la pêche et les autres usages du littoral.

  • La mauvaise gouvernance dans la pêche affecte la plupart des pays africains

En particulier, il y a un manque de transparence important au niveau de la gestion du secteur de la pêche, le plus souvent préjudiciable aux communautés de pêche artisanale ; des mécanismes formels de consultation et de participation des acteurs de la pêche dans la prise de décision sont, le plus souvent, absents ou inefficaces. Il existe des limites d’ordre réglementaire dans l’arsenal juridique des pêches dans nos pays, y compris en ce qui concerne les pêcheries artisanales, pour pouvoir assurer une gestion transparente, durable et participative de nos pêcheries, au bénéfice des communautés côtières et des populations.

La gouvernance du secteur des pêches est généralement caractérisée par :

  • Des politiques non adaptées ;
  • L’insuffisances de capacités institutionnelles ;
  • La non intégration de la pêche artisanale dans les politiques nationales et régionales de développement ; ce qui entraîne des obstacles à la pleine réalisation de la contribution potentielle du secteur ;
  • Les organes régionaux de pêche qui représentent le principal mécanisme institutionnel permettant aux Etats d’œuvrer ensemble à la pérennisation de leur ressources communes, ont pour la plupart d’entre-eux  du mal à s’acquitter de mandats dans biens des cas inadaptés ;
  • Un système de gestion des pêches non participatif ;
  • Une inégalité dans la répartition et le partage des avantages issus des ressources ;
  • Une influence forte des politiques en faveur d’autres secteurs économiques tels que le tourisme, l’agriculture, l’énergie, l’exploitation minière, le développement d’infrastructures autres que celles liées à la pêche sur les lieux d’exercice des activités de la pêche artisanale.

Il en résulte une marginalisation de la pêche artisanale et des communautés qui en dépendent souvent victimes de rapports de forces inégaux, d’entraves à l’exercice des droits de l’homme au plan civil, politique, économique, social et culturel qui se traduisent notamment par un accès difficile ou limité aux marchés, à la santé, à l’éducation et d’autres services  sociaux de base, des structures d’organisation insuffisantes et une absence de moyens de subsistance.

  • Accords de pêche et Pêche INN

La Pêche INN :

Les activités qui s’y rapportent compromettent le succès des actions visant à promouvoir la pêche durable et à améliorer l’état d’adaptation des écosystèmes. Corrélativement, les pays en développement dont les moyens techniques sont souvent restreints, sont les plus durement touchés par ces pratiques qui limitent leur capacité à gérer efficacement leurs pêches, les privent de revenus et compromettent leurs efforts pour renforcer la sécurité alimentaire, combattre la pauvreté, et assurer aux populations locales les moyens d’existence durable

Les Accords de pêche :

On assiste à la recrudescence des pressions des pays industrialisés en quête de possibilités de pêche dans les pays ouest africains dont les principaux stocks sont pour la plupart surexploitées. Cette surexploitation est exacerbée  par la plupart des accords de pêche signés par les pays ouest africains avec les pays de pêche lointaine. Ces accords sont basés sur l’existence de surplus non avérés qui accentue la surexploitation des ressources halieutiques.

Ces unités industrielles, dans leur  majorité  ne prennent pas en compte dans le cadre de leurs activités dans les pêcheries africaines les impacts plus larges sur les écosystèmes. Cela entraîne  la détérioration des habitats et des écosystèmes, crée des conflits entre les pêcheurs artisanaux et les armements de pêche industrielle. En outre, ces unités de pêche industrielles manquent de transparence et présentent des risques certains pour la durabilité des activités de pêche artisanale, pour la transformation et la commercialisation des produits halieutiques dans notre continent. Cette présence mets en péril la durabilité de nos ressources.

Les autres possibilités d’accès offertes aux bateaux d’origine étrangère, y compris à travers la création de sociétés mixtes ou le recours aux affrètements, sont opaques, ne présentent aucune garantie ni en termes de bénéfices sociaux et économiques attendus par nos pays, ni en termes de contribution à l’exploitation durable de nos ressources.

  • Baisse des performances économiques et sociales de ces pêcheries

Beaucoup de communautés côtières qui dépendent de la pêche vivent dans la pauvreté, sont exclues de la prise de décision et en marge du développement. De plus, d’autres utilisations des ressources marines, ainsi que des activités de pêche non durables menacent la biodiversité, les écosystèmes marins et les communautés côtières qui en dépendent pour vivre. Corrélativement, la contribution de la pêche artisanale à la sécurité alimentaire et à l’éradication de la pauvreté  et à l’utilisation  durable des ressources est minorée par une mauvaise appréciation et/ou évaluation des réalisations induites.

Un autre phénomène récurrent  est relatif aux effets et impacts des changements climatiques sur les écosystèmes marins et côtiers qui ont des conséquences considérables sur l’abondance et la distribution des poissons, en particulier les petits pélagiques, dont dépendent les populations les plus défavorisées ainsi que leur répercussion sur les communautés de pêche artisanale crée des inquiétudes chez celles-ci sur l’avenir de leurs populations et des activités de pêche artisanale.

Toutes ces contraintes  entraînent une vulnérabilité  au sein des communautés de pêche artisanale en Afrique  particulièrement chez les femmes, qui jouent un rôle central pour garantir la sécurité alimentaire des populations à travers les activités de transformation et de commercialisation des produits de la pêche et, contribuent de façon déterminante au bien-être des familles et à l’éducation des enfants.

Tout ce qui précède implique :

-      La coopération internationale

-   Le renforcement des capacités de gestion des pêches des pays africains  pour mettre  en œuvre efficacement les instruments internationaux existants.

Cet ensemble de mesures est une condition essentielle pour pérenniser les pêches et atténuer les répercussions de la pêche INN.

 

  • Possibilité d’amélioration de la situation de la pêche artisanale en Afrique en

perspective

L’amélioration de la situation de la pêche artisanale en Afrique requiert l’impérieuse nécessité de l’implication des administrations des pêches, des professionnels de la pêche et de leurs organisations, des partenaires au développement, des médias et de toutes les parties prenantes concernées. Celle-ci nécessite par chacun, l’appropriation, de la problématique de la pêche artisanale et son implication dans  la mise en œuvres d’actions tendant à promouvoir le développement durable de ce secteur stratégique pour les pays africains aux plans  économique, social, politique, culturel et environnemental.

A cet égard, l’Afrique jouit de l’opportunité de disposer de deux instruments fondamentaux pertinents :

  • les Nouvelles Directives Internationales Volontaires pour une Pêche Artisanale Durable et ,

 

  • la Réforme des Politiques de Pêche Africaines qui donnent des orientations stratégiques et préconisent  des voies et moyens permettant d’atteindre le but ultime de Développement Durable de la pêche artisanale en Afrique.

 

Photo : Aprapam

Une «  Année Africaine de la Pêche Artisanale ? »

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Revue de presse du 12-06-15

Photo : Ivano trabalza

Oumar Guèye pour le développement de l’aquaculture

Saly (Mbour), 12 juin (APS) – Le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Guèye, a invité vendredi à Saly (Mbour), les professionnels de la pêche à développer l’aquaculture, ajoutant que 49% de la production halieutique mondiale est aquacole et qu’en 2030 de la production halieutique mondiale sera aussi aquacole.‘’L’aquaculture permet de faire baisser la forte pression sur la pêche, c’est pourquoi au niveau du gouvernement du Sénégal, nous sensibilisons les acteurs pour aider les pêcheurs artisanaux à prendre conscience de la rareté de la ressource, mais pour autant, nous mettons l’accent sur le développement de l’aquaculture’’, a-t-il indiqué.M. Guèye présidait les travaux d’un atelier international de plaidoyer pour une année africaine de la pêche artisanale; La rencontre est à l’initiative de la Confédération africaine des organisations professionnelles de la pêche artisanale (CAOPA) dont le siège est basé à Mbour. »La ressource halieutique des pays africains est menacée, d’où la nécessité d’organiser le secteur de la pêche artisanale qui, de l’avis de M. Guèye, doit évoluer, avec notamment la mise en place de plans d’aménagement de pêche et la protection espèces les plus menacées ».Pour lui, en adoptant, en juin 2014, les Directives volontaires pour une responsable et durable, la FAO vise à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de sécurité alimentaire et de l’éradication de la pauvreté.‘’La FAO cherche également à renforcer la contribution de la pêche artisanale à la sécurité alimentaire et à la nutrition, à favoriser le développement équitable et à améliorer la situation socioéconomique des communautés de pêche artisanale ainsi que la gestion durable et responsable des pêches’’, a fait remarquer Oumar Guèye, qui a également procédé à l’inauguration du siège de la CAOPA. La rencontre de deux jours pour laquelle la FAO et l’Union africaine (UA) prennent part, est appuyée par la Société suédoise pour la conservation de la nature (SSCN), l’ONG allemande ‘’Pain pour le monde’’ (PPM), la Coalition pour des accords de pêche équitables (CAPE), basée à Bruxelles (Belgique), le Programme régional de conservation de la zone côtière et marine de l’Afrique de l’Ouest (PRCEM).

Source : A.P.S.

 

Oumar Guèye annonce un programme de quais de pêche modernes

Saly (Mbour), 12 juin (APS) – Le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Guèye, a annoncé vendredi, à Saly (Mbour), la mise en place d’’’un ambitieux programme’’ de construction de quais de pêche modernes, qui seront orientés vers l’exportation de produits halieutiques.‘’Grâce à l’intervention de Sa majesté, le roi Mouhamed VI du Maroc, nous sommes en train de construire un quai de pêche à Soumbédioune (Dakar). Et très prochainement, nous allons poser la première pierre de celui de Yoff ainsi que d’autres à Pointe-Sarène, Ngaparou (Mbour)’’, a signalé M. Guèye.Il présidait le démarrage des travaux d’un atelier international de plaidoyer pour une année africaine de la pêche artisanale, Oumar Guèye a également annoncé la réalisation d’infrastructures modernes de transformation des produits issus de la mer au profit des femmes. Il a indiqué que  »des moyens importants sont en train d’être mis en œuvre pour la sécurité des pêcheurs en mer ». ‘’Nous perdons beaucoup de pêcheurs, 95, par an. C’est trop ! (…) Et pour le moment, le meilleur moyen pour lutter contre l’insécurité des pêcheurs c’est de les équiper en gilets de sauvetage’’, a estimé M. Guèye, qui a annoncé, à cet effet, que son département attend 20 mille gilets de sauvetage de la part de la Banque mondiale

Source : A.P.S.

 

Pêche et aquaculture: 10% des acteurs sont en Afrique (FAO)

Saly (Mbour), 12 juin (APS) – Au total 10% des personnes engagées dans la pêche et l’aquaculture, dans le monde, se trouvent en Afrique, qui est ainsi le deuxième continent, après l’Asie, en termes d’emplois offerts par ce secteur, selon la FAO.  »La vaste majorité de ces 12,3 millions de personnes vivant de la pêche en Afrique sont dans le secteur de la pêche artisanale’’, indique la FAO, dans un document remis à la presse, vendredi à Saly (Mbour), à l’occasion d’un atelier de la Confédération africaine des organisations professionnelles de la pêche artisanale (CAOPA) sur le plaidoyer pour une année africaine de la pêche artisanale.

 »7,5 millions de pêcheurs, ainsi que 2,3 millions de femmes y trouvent leur gagne-pain, soit 9,8 millions. Ces emplois fournissent un revenu et des moyens de vie à des millions de familles en Afrique’’, souligne la FAO, précisant que  »la pêche artisanale est, de loin, le principal fournisseur d’emplois du secteur ».

Selon une étude de la FAO, la situation mondiale des pêches et de l’aquaculture réalisée en 2014, notamment sur la valeur des pêcheries africaines, la contribution de la pêche au PIB de tous les pays d’Afrique a atteint 1 909 514 millions de dollars, avec une contribution de la pêche artisanale et continentale qui représente plus de la moitié de ce chiffre.

‘’La pêche artisanale stimule les économies locales, si elle est associée à des politiques de protection sociale et de promotion du bien-être des communautés côtières’’, souligne la FAO.

 

Source : A.P.S.

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Célébration de la Journée Internationale de la Femme 2015 par les Femmes de la pêche Artisanale Africaine

Photo : CAOPA

 

Guinée-Bissau, le 08 mars 2015

 

Déclaration de Bissau au format PDF : Déclaration de Bissau 2015.pdf

 

Bissau declaration (eng) : Bissau Declaration 2015.pdf

 

Declaração de Bissau : Declaração de Bissau 2015.pdf

 

Rapport Journée internationale de la femme à Bissau : Rapport_Journée_Internationale_de_la_Femme_Bissau mars 2015.pdf

 

CAOPA report final Bissau (eng) : CAOPA Report English Bissau FINAL March 2015.pdf

 

Photo : CAOPA


Plaidoyer pour une année Africaine de le Pêche Artisanale

Photo : Ivano Trabalza

 

 

La CONFÉDÉRATION AFRICAINE DES ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES DE LA PÊCHE ARTISANALE (CAOPA), a été fondée en 2010.

Ses membres fondateurs sont les organisations professionnelles de pêche artisanale du Sénégal, de Mauritanie, de Guinée Bissau, de Guinée, du Cap Vert, de Gambie, de Sierra Leone, du Liberia, de Côte d’Ivoire, du Togo, de Tunisie, du Burkina Faso, du Bénin, du Maroc.

Afin de défendre les intérêts de ses membres à s’inscrire dans une dynamique de pêche durable, la CAOPA s’implique dans la définition des politiques pour une pêche responsable qui contribuent à la lutte contre la pauvreté mais également à une amélioration des conditions de travail des femmes et de leur implication dans la prise de décision.

 

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5ème Forum de Mbour : EXPLOITATION & VALORISATION des RESSOURCES PELAGIQUES

Photo : Aprapam

Enjeux de l’exploitation et de la valorisation des ressources pélagiques et de la place de celles-ci dans la sécurité alimentaire : la parole aux professionnels


Pour consulter la note conceptuelle du 5 ème Forum organisé le mercredi 07 Janvier 2015 à 9h00 au Centre Abbé David Boilat à Mbour : NoteConceptuelleForumJanv2015.pdf


Agenda de la journée du Mercredi 07 Janvier 2015 : Agenda forum 2015.pdf

 

Plan d’accès au Centre de formation Abbé David Boilat de Mbour : PlanAccèsDavidBoilat.pdf

 


La cinquième édition du Forum de la pêche de Mbour (ouest) se tiendra mercredi, à l’initiative de l’Association pour la promotion et la responsabilisation des acteurs de la pêche de Mbour (APRAPAM), annonce un communiqué transmis à l’APS.

Le thème de cette rencontre est : ‘’Enjeux de l’exploitation et la valorisation des ressources pélagiques et de la place de celles-ci dans la sécurité alimentaire : la parole aux professionnels ».

Ce forum mettra l’accent sur le rôle et la place des femmes dans ces branches d’activités et sur la réalité des emplois dans le secteur de la pêche, la contribution à la sécurité alimentaire, poursuit le communiqué.

Selon les organisateurs du forum, les panels vont être animés par les professionnels des divers corps de métiers de la pêche, qui auront en face d’eux les acteurs institutionnels et la société civile.

Source : A.P.S.

 

 

 

 

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21 novembre :  » Journée mondiale de la Pêche 2014  »

Photo : Aprapam

 

Vers une journée africaine de la pêche de la pêche artisanale, à partir de 2016 : http://www.aps.sn/articles.php?id_article=135545

 

Pêche artisanale : des africaines prônent un système de financement adapté aux besoins  : http://www.aps.sn/articles.php?id_article=135542

 

Source :

 

 

Déclaration de la Journée Mondiale de la Pêche du 21 novembre 2014 : Déclaration CAOPA du 21-11-14.pdf

 

 

Declaration of the world fishing day of Novembre 21, 2014 : Declaration CAOPA 21 November, 2014 ENGLISH.pdf

 

 

 

Réserver à la pêche artisanale l’exploitation de la Sardinelle ou Yaboye

Photo : Ivano Trabalza

 

« Ceux qui ont le privilège du savoir, ont le devoir d’agir »

 

Rappel

Chaque année,  à l’approche de la saison froide, les bateaux russes se rappellent au bon souvenir des sénégalais en sollicitant des autorisations de pêche. Les ambitions de la flotte russe qui, jadis, pêchait annuellement 1.500.000 tonnes de petits pélagiques le long des côtes nord-ouest africaines se limitent, désormais,  à pêcher 400.000 tonnes par an.

 

L’accès des eaux des pays situés sur la façade précitée comme le Sénégal, est d’une très grande importance pour les chalutiers congélateurs russes. Aussi, la Russie déploie-t-elle beaucoup d’efforts pour avoir l’autorisation de poursuivre les bancs de petits pélagiques, dans les eaux respectives du Maroc, de Mauritanie, du Sénégal, de Guinée Bissau.

 

En 2010, la Russie, avec la complicité du ministre de l’Economie maritime de l’époque, avait obtenu l’autorisation d’exploiter les ressources pélagiques côtières.

 

En avril 2012, la flotte russe après avoir pêché, à satiété, entre 2010 et 2012 a été sommée de cesser ses activités dans les eaux sénégalaises.

 

En 2013, un accord de pêche a été signé avec la Guinée Bissau, offrant à la Russie la possibilité d’opérer dans la zone commune entre le Sénégal et la Guinée Bissau et d’en profiter, pour faire des incursions dans les eaux du Sénégal. Ainsi  Oleg NAYDENOV a été arraisonné à la fin de 2013 en action de pêche sans autorisation.

 

Cet arraisonnement a soulevé l’ire des autorités russes qui ont convoqué un diplomate de notre ambassade à Moscou, pour une demande d’explications. La presse russe est tombée à bras raccourcis sur le Sénégal, les popovs soutenant qu’Oleg NAYDENOV avait été arraisonné dans les eaux bissau-guinéennes. A ce sujet, ce que les sénégalais ne savent pas, c’est qu’au même moment, la Russie proposait au Sénégal la convocation de la commission mixte prévue par l’accord de coopération Sénégal-Russie. La Russie a également invité notre Premier ministre à  participer à un forum des investisseurs devant se tenir à Moscou, avec la présidence d’une journée dédiée au Sénégal. Ces deux propositions  ont été déclinées.

 

Nouvelle approche de l’Agence Fédérale de Pêche de Russie

Cette année, nous nous demandions, quelle stratégie la Russie allait employer, quand il nous est revenu qu’un opérateur économique de Dakar à la tête d’une société mixte, avait introduit auprès du Ministère de la Pêche et de l’Economie maritime (MPEM) une requête portant notamment sur 10 autorisations de pêche, ainsi que la reprise de la société Africamer, en liquidation.

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Repos biologique du 15-10-14 au 15-11-14 pour les navires de pêche industrielle démersale, et sur le poulpe pour la pêche artisanale

Photo : Aprapam

 

Arrêté fixant, pour l’année 2014, les périodes de repos biologiques sur le poulpe pour la pêche artisanale : REPOS BIOLOGIQUE PECHE ARTISANALE – 2014.pdf

 

Arrêté fixant, pour l’année 2014, les périodes de repos biologiques pour les navires de pêche industrielle démersale exerçant dans les eaux sous juridiction sénégalaise : REPOS BIOLOGIQUE PECHE INDUSTRIELLE-2014.pdf

 

 

Etat des lieux sur la proposition d’accord de pêche entre l’UE & le Sénégal

Photo : Ivano Trabalza

 

Le Sénégal et l’Union européenne viennent d’initier un protocole d’accord de partenariat de pêche, pour une durée de 5 ans.

APRAPAM a réfléchi aux enjeux d’un tel accord depuis Novembre 2013, – avant que ne débutent les négociations officielles. APRAPAM a été la première organisation de la société civile sénégalaise à publier un mémorandum donnant nos priorités pour les négociations.

Lorsque les résultats des négociations ont été connus, nous avons pu nous procurer le texte du nouvel accord et de son protocole au niveau des institutions européennes. Nous avons ensuite interpellé directement la Commission européenne sur certaines questions préoccupantes, comme l’accès au merlu par deux chalutiers européens, et nous avons obtenu des éclaircissements2.

Sur cette base, nous formulons une série de propositions et demandes, qui ne sont donc pas le fruit d’une mobilisation opportuniste de dernière minute, mais d’une longue réflexion des acteurs réunis au sein de notre association.

 

Lire la suite : Aprapam état des lieux.pdf