Les Pêcheries Africaines, un Paradis perdu ?

ENQUÊTE SUR LES PRATIQUES DE PÊCHE ILLÉGALE PAR LES ENTREPRISES CHINOISES EN AFRIQUE DE L’OUEST

 

 

 

Des entreprises irresponsables appartenant à la otte chinoise de pêche lointaine– au rang desquelles la China National Fisheries Corporation (CNFC), la plus grosse entreprise chinoise du secteur – sont en train de mettre en péril la durabilité à long terme des pêcheries de l’Afrique de l’Ouest. Ces entreprises pratiquent une pêche illicite, non déclarée et non réglementée (pêche INN), fraudent systématiquement concernant le tonnage de leurs navires et exportent des pratiques de pêche destructrices. Dans le même temps, les ressources halieutiques ouest-africaines souffrent d’une surpêche de plus en plus intense. Bien que les activités de ces entreprises de pêche lointaine ne contribuent que pour une infime partie aux investissements chinois extérieurs, elles compromettent le partenariat gagnant-gagnant que la Chine préconise avec les pays africains. Le gouvernement chinois doit réformer de toute urgence le cadre réglementaire et le système de gestion de sa flotte de pêche lointaine, de façon à combler les lacunes qui permettent aux entreprises chinoises, depuis des décennies, de se livrer à la surpêche dans le mépris des règles et avec une impunité quasi-totale. Les gouvernements des pays ouest-africains concernés doivent également renforcer sans délai leur système de gouvernance et mettre en œuvre des politiques visant à garantir que l’exploitation de leurs ressources halieutiques réponde à des principes de durabilité environnementale et d’équité sociale. Tous les États concernés doivent adopter et mettre en œuvre des plans nationaux et régionaux ef caces pour lutter contre la pêche INN qui sévit dans la région et dissuader ce genre de pratiques.

La raréfaction des ressources halieutiques africaines s’inscrit dans le cadre d’une crise globale de la gestion des pêcheries. L’absence de plan de gestion efficace et une gouvernance insuffisante – qui se caractérise par un manque de surveillance, de transparence et d’obligation de rendre des comptes –, permettent aux flottes de pêche lointaine de piller ces ressources à faible coût. Certaines grandes puissances de pêche, comme l’Union européenne, qui ont pratiqué une pêche irresponsable au large de l’Afrique pendant des années, prennent désormais des mesures pour corriger leurs erreurs. La Chine doit s’efforcer à son tour de devenir une grande puissance de pêche responsable.

En 2015, les gouvernements africains, ainsi que l’ensemble de la communauté internationale, vont se  fixer de nouveaux objectifs de développement post-2015. L’un de ces objectifs sera d’éradiquer la pauvreté d’ici à 2030. Le secteur de la pêche joue un rôle important dans la création d’emplois, mais aussi dans l’apport en protéines pour le continent africain. L’Assemblée de l’Union Africaine a déclaré que la période 2015-2025 serait celle de la Décennie africaine des mers et des océans, et que le 25 juillet serait la Journée africaine des mers et des océans. Elle a également adopté une stratégie régionale de lutte contre la piraterie, le vol à main armée et d’autres activités illégales en mer, qui s’inscrit dans le cadre de la Stratégie maritime intégrée africaine 2050 (SMI).  La Chine pourrait jouer un rôle appréciable en assistant les pays africains à atteindre ces objectifs de développement.

 

Pour consulter le résumé du rapport d’enquête sur les pratiques de pêche illégale par les entreprises chinoises en Afrique de l’Ouest au format PDF : les pêcheries africaines, un paradis perdu ? (résumé).PDF

 

 

Sources : Greenpeace Africa

 

Arnaque sur les Côtes Africaines

La face cachée de la pêche chinoise et des sociétés mixtes au Sénégal, en Guinée Bissau et en Guinée

 

 

Ce rapport, paru en 2015, met en évidence les pratiques frauduleuses des sociétés chinoises de pêche lointaine, particulièrement la China National Fisheries Corporation (CNFC), opérant dans les eaux ouest-africaines. Les informations recueillies, principalement au Sénégal, en Guinée et en Guinée Bissau, montrent que les navires battant pavillon chinois ou ceux opérant sous d’autres pavillons par le biais de sociétés mixtes, mènent une vaste entreprise de sous- déclaration du Tonnage Brut (TB) de leurs navires. De plus, les données et preuves disponibles, bien que limitées, montrent également que ces pratiques illégales existent probablement aussi au-delà de ces trois pays; ceci mettant en péril l’exploitation durable et équitable des ressources halieutiques ouest-africaines.

 

Pour consulter le rapport complet de Greenpeace  » Arnaque sur les côtes africaines ; la face cachée de la pêche et des sociétés mixtes au Sénégal, en Guinée Bissau et en Guinée  » en PDF : Arnaque sur les côtes Africaines.PDF

 

Sources : Greenpeace Africa

 

Accord relatif aux mesures du ressort de l’État du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) – FAO

L’Accord sur les mesures du ressort de l’État du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée a pour objet de prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée grâce à l’adoption et à l’application de mesures du ressort de l’État du port efficaces et d’assurer ainsi la conservation à long terme et l’exploitation durable des ressources biologiques marines. L’Accord est destiné à être appliqué de manière généralisée et effective par les Parties, agissant en qualité d’État du port, à l’endroit des navires qui ne sont pas autorisés à battre leur pavillon, lorsque ceux-ci cherchent à entrer ou qu’ils se trouvent dans l’un des ports des Parties. Certains navires une pêche artisanale et navires porte-conteneurs feront exception. Une attention particulière est portée aux besoins des pays en développement dans leurs efforts d’application de l’Accord.

 

Pour consulter l’accord relatif aux mesures du ressort de l’État du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche INN : Accord relatif aux mesures du ressort de l’Etat du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche INN – FAO. PDF


Pour consulter l’annexe de l’accord relatif à l’adhésion du Sénégal le 23 Mars 2017 : Adhésion du sénégal.pdf

 

 

 

CONTRIBUTION : L’ACCORD DE PECHE «FANTOME» ENTRE LA FEDERATION DE RUSSIE ET LE SENEGAL

Photo : Aprapam

 

″ La  Mauritanie ferme ses eaux aux pêcheurs de Saint Louis tandis que le Sénégal, s’apprête à ouvrir les siennes aux bateaux russes ? ″

 

Rappel

Comme chaque année,  à l’approche de la saison froide, les bateaux russes, en sollicitant des autorisations de pêche au Sénégal,  se rappellent au bon souvenir des sénégalais.  L’accès aux  eaux des pays situés sur la façade atlantique nord-ouest africaine, comme le Sénégal, est d’une importance vitale pour les chalutiers pélagiques russes.

Nous avons été surpris par les propos tenus, à l’Assemblée nationale, par le ministre  de la Pêche et de l’Economie maritime (MEM), lors de l’examen du budget de son département.

En effet, il soutient que des accords de pêche existent entre  le Sénégal et la Russie depuis 2011 et que c’est le protocole d’application qui n’est pas encore signé. L’affirmation de M. le  ministre nous surprend beaucoup et dans les lignes qui suivent, nous allons  développer notre argumentaire.

 

L’accord signé à Moscou en février 2011

Un accord entre la Fédération de Russie et le  Sénégal a, certes, été signé par le ministre d’Etat chargé des Affaires étrangères lors de sa visite à Moscou du 7 au 9 février 2011. Cet accord  le 8 février 2011  ne  concerne, toutefois, que la coopération en matière de  surveillance des pêches, de recherche scientifique, de coopération entre opérateurs économiques et de formation dans le domaine de la pêche. Il ne prévoit pas du tout, l’octroi de droits d’accès aux zones de pêche  qui constitue la quintessence  de tout accord de pêche.

En outre, pour avoir, personnellement, à la fin des années 70, participé à de nombreuses négociations d’accords de pêche (Italie, Espagne, Union Européenne) nous nous permettons de rappeler qu’un accord de pêche, après sa signature doit être ratifié par le Parlement, puis promulgué par le  Président de la République (PR) et enfin, publié au journal officiel. Nous n’avons pas connaissance qu’une telle procédure ait été suivie avec l’accord du 8 février 2011 qui saurait être un accord de pêche.

A cet égard, nous nous demandons pourquoi :

-        l’annulation à la fin du mois d’avril 2012 des 29 licences de pêche attribuées à des bateaux russes, a-t-elle été faite par simple lettre du ministre de la Pêche et des Affaires maritimes (MPAM) adressée au représentant de la société privée panaméenne Overseas  Express, plutôt que par une dénonciation formelle ;

-        dans l’accord du 8 février 2011, nulle part l’octroi de droits de pêche n’est prévu ;

-        par lettre du 10 février 2011, le MEM a demandé au Président de la République (PR) de la première alternance, l’autorisation pour l’établissement de licences de pêche pour exploiter des ressources pélagiques. Ce PR par courrier du 1er mars 2011, lui a répondu favorablement ?

-        le même MPAM avait-il à saisir le Conseil des ministres en décembre 2012, pour demander l’autorisation de faire revenir les bateaux russes  expulsés, 9 mois auparavant ?

-        au conseil interministériel sur la pêche tenu le 18 juin 2013, le MPAM a posé, une nouvelle fois, le problème du retour des bateaux russes. La recommandation issue de cette instance a été de procéder d’abord à une évaluation de l’impact des opérations des bateaux étrangers ciblant les petits pélagiques sur les ressources et le budget.

Tous les points rappelés ci-dessus portent sur des droits de pêche et l’accord de février 2011 supposé être de ″pêche″, n’y est cité nulle part.

Enfin, comment l’ancien PR (celui de la première alternance) et son MPAM peuvent-ils ignorer l’existence d’un accord de pêche entre la Russie et le Sénégal, signé le 8 février 2011 ? Si cet accord existait vraiment n’en auraient-ils pas parlé ?

 

La sardinelle et son importance au Sénégal.

En 2012, les débarquements de poissons ont été de 447.961 tonnes dont 91% par la pêche artisanale. Les deux espèces de sardinelles (la sardinelle ronde et la plate) ont représenté 55,30 % des débarquements totaux et 61,2 % de  ceux de la pêche artisanale.

S’agissant de l’emploi direct, environ 60.000 pêcheurs artisans ont été dénombrés au Sénégal dont 20 % (soit près de 12 000) relèvent de la seule pêcherie de sardinelles.

En outre, de nombreux métiers connexes (distribution du poisson, transformation artisanale) associés  à la pêcherie de sardinelles se caractérisent par de faibles barrières à l’entrée en termes de capital, de qualification et de savoir-faire et emploient des milliers de personnes.

L’amont de la filière des sardinelles mobilise des milliers de personnes qui exercent des activités d’où ils tirent l’essentiel de leurs revenus. L’importance de la composante féminine dans la transformation artisanale constitue un facteur favorable aux politiques de réduction de la pauvreté.

Enfin, au plan de la sécurité alimentaire, les sardinelles constituent la source de protéine animale la plus accessible en termes de prix et de quantité, face au renchérissement des prix des autres produits d’origine animale et la baisse du pouvoir d’achat accentuée par une croissance démographique rapide qui est de 2,6 %. Dans beaucoup de familles sénégalaises, actuellement, seul le repas de midi  à base de riz au poisson (sardinelles) est assuré.

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Fraude sur le tonnage des navires

 

Photo : WG7000 MarineTrafic.com


Selon la Cellule d’étude et de planification du Ministère de la Pêche, la fraude sur le tonnage des navires de pêche industrielle au Sénégal est une vérité. Elle avait dévoilé une liste de 27 chalutiers considérés comme suspects.

A l’image des secrets insondables de la mer, le pillage sur le grand bleu est resté juste une approximation maximale des experts. Au mois de mai dernier, l’ONG environnementale Greenpeace publiait un rapport intitulé « Arnaque sur les côtes africaines : la face caché des compagnies de pêche chinoises et des sociétés mixtes au Sénégal, en Guinée et Guinée Bissau ». Ce rapport de 31 pages dévoilait l’étendue de la fraude pratiquée sur le tonnage de certains navires battant pavillon chinois et sénégalais (avec des intérêts chinois) dans les eaux des trois pays cités.

En vérité, l’Etat connaissait déjà ces pratiques frauduleuses. Car, un document exclusif du Ministère de la Pêche et d es Affaires maritimes prouve que les autorités étaient bien au courant de ces faits depuis 2006. Mais, elles n’ont rien fait pour arrêter cela. Cette « Note sur l’audit du pavillon de la flotte de pêche déverbale côtière et la situation de mise en oeuvre de ses recommandations », élaborée par la Cellule d’étude et de planification (Cep) du Ministère de la Pêche et des Affaires maritimes, dit : « (…). Après quelques contrôles sur place (port) et des estimations de nouvelles mesures, une liste de 27 chalutiers considérés comme suspects quant à leur tonnage a été dressé. (…) Les jauges de certains navires sont manifestement erronées. La flotte de Sénégal Armement en est une parfaite illustration. »

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Réserver à la pêche artisanale l’exploitation de la Sardinelle ou Yaboye

Photo : Ivano Trabalza

 

« Ceux qui ont le privilège du savoir, ont le devoir d’agir »

 

Rappel

Chaque année,  à l’approche de la saison froide, les bateaux russes se rappellent au bon souvenir des sénégalais en sollicitant des autorisations de pêche. Les ambitions de la flotte russe qui, jadis, pêchait annuellement 1.500.000 tonnes de petits pélagiques le long des côtes nord-ouest africaines se limitent, désormais,  à pêcher 400.000 tonnes par an.

 

L’accès des eaux des pays situés sur la façade précitée comme le Sénégal, est d’une très grande importance pour les chalutiers congélateurs russes. Aussi, la Russie déploie-t-elle beaucoup d’efforts pour avoir l’autorisation de poursuivre les bancs de petits pélagiques, dans les eaux respectives du Maroc, de Mauritanie, du Sénégal, de Guinée Bissau.

 

En 2010, la Russie, avec la complicité du ministre de l’Economie maritime de l’époque, avait obtenu l’autorisation d’exploiter les ressources pélagiques côtières.

 

En avril 2012, la flotte russe après avoir pêché, à satiété, entre 2010 et 2012 a été sommée de cesser ses activités dans les eaux sénégalaises.

 

En 2013, un accord de pêche a été signé avec la Guinée Bissau, offrant à la Russie la possibilité d’opérer dans la zone commune entre le Sénégal et la Guinée Bissau et d’en profiter, pour faire des incursions dans les eaux du Sénégal. Ainsi  Oleg NAYDENOV a été arraisonné à la fin de 2013 en action de pêche sans autorisation.

 

Cet arraisonnement a soulevé l’ire des autorités russes qui ont convoqué un diplomate de notre ambassade à Moscou, pour une demande d’explications. La presse russe est tombée à bras raccourcis sur le Sénégal, les popovs soutenant qu’Oleg NAYDENOV avait été arraisonné dans les eaux bissau-guinéennes. A ce sujet, ce que les sénégalais ne savent pas, c’est qu’au même moment, la Russie proposait au Sénégal la convocation de la commission mixte prévue par l’accord de coopération Sénégal-Russie. La Russie a également invité notre Premier ministre à  participer à un forum des investisseurs devant se tenir à Moscou, avec la présidence d’une journée dédiée au Sénégal. Ces deux propositions  ont été déclinées.

 

Nouvelle approche de l’Agence Fédérale de Pêche de Russie

Cette année, nous nous demandions, quelle stratégie la Russie allait employer, quand il nous est revenu qu’un opérateur économique de Dakar à la tête d’une société mixte, avait introduit auprès du Ministère de la Pêche et de l’Economie maritime (MPEM) une requête portant notamment sur 10 autorisations de pêche, ainsi que la reprise de la société Africamer, en liquidation.

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Le pillage des forêts et des océans freine la progression de l’Afrique, affirme Kofi Annan

Photo : Bernard221

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Cette année, le Rapport sur les progrès en Afrique invite les dirigeants africains à s’attaquer aux inégalités et exhorte la communauté internationale à prendre des mesures contre le pillage des ressources naturelles du continent.

Lire le communiqué de presse du rapport : Le pillage des forêts et des océans freine la progresion de l’Afrique.pdf

 

Lien vers le rapport : http://africaprogresspanel.org/home-fr/


LA SAGA DES BATEAUX RUSSES AU SENEGAL : CAS SINGULIER D’OLEG NAYDENOV

« Le serpent change de peau, non de nature »

 

Photo : MarineTraffic.com

 

CONTEXTE

Ces trois dernières semaines, un nom revient tous les jours dans  la presse écrite, les radios,  ainsi que  dans la presse en ligne locale comme étrangère. Ce nom est celui d’un des chalutiers pélagiques russes, que l’ancien MEM a subrepticement introduit dans la ZEE sénégalaise, en signant avec leurs consignataires des protocoles d’accord sans base juridique, parce que non conformes au code de la pêche. Sur cette base, l’intéressé a délivré pas moins de 44 autorisations de pêche à des bateaux dont la majorité bat pavillon russe.

Ces chalutiers pélagiques congélateurs poursuivent du Maroc à la Guinée Bissau, le stock adulte des petits pélagiques côtiers, dont le schéma migratoire a été décrit  par BOELY, depuis 1978. Après avoir séjourné dans les eaux marocaines,   puis dans celles de la Mauritanie, ces petits pélagiques côtiers se sont invités dans les eaux sénégalaises où elles resteront de décembre à mai.

Il convient de signaler que les armateurs  russes ont signé un accord de pêche avec le Maroc en février 2013 et sont encore en négociation avec la Mauritanie. Avec le Sénégal, ils rencontrent des difficultés d’un tout autre ordre. De notre humble point de vue, le Sénégal ne devrait pas signer d’accord de pêche  avec la Russie pour les raisons suivantes :

 

  • à la différence des 2 pays précités, le Sénégal a une pêche artisanale très active qui débarque, par an, près de 370.000 tonnes de petits pélagiques dont les  80% sont consommés localement ;

 

  • le Sénégal gagnerait à suivre les recommandations des scientifiques  qui estiment que le stock de petits pélagiques côtiers est surexploité et que cette surexploitation est de nature à compromettre la durabilité de la pêche tant industrielle qu’artisanale ;

 

  • les pêcheurs artisans sénégalais conscients que la ressource est très sollicitée  ont pris des initiatives locales de régulation de la pêche  en particuliers dans les grands centres (source DPM) notamment à :

 

  1. Mbour et Joal où une intense lutte contre la pêche de juvéniles, le refus de transformation des juvéniles de sardinelles, l’interdiction des sorties diurnes d’engins artisanaux de pêche pélagique du 1er décembre au 31 mai et de sortie nocturne du 1er juin au 30 novembre ;
  2. Saint-Louis les sorties des sennes tournantes sont alternées pendant la grande campagne de pêche, les débarquements nocturnes sont interdits;
  3. Kayar, les sorties sont alternées à raison d’une seule sortie quotidienne pour les sennes tournantes, la transformation des sardinelles juvéniles est interdite, ainsi que l’utilisation de filets  mono filaments ;

 

  • A ce qui précède, il faut ajouter qu’au Sénégal l’âge moyen des pêcheurs se situe entre 18 et 35 ans (ils ont donc encore  un long chemin à parcourir, si Dieu le veut). Par conséquent, le pays connaissant un nombre important de jeunes chômeurs, l’Etat ne devrait pas, raisonnablement, prendre le risque de mettre au chômage des jeunes qui, à la différence de bon nombre de leurs autres compatriotes, ne  lui demandent pas de leur trouver des emplois.

 

  • Les pratiques de pêche des bateaux russes qui commettent beaucoup trop d’infractions.  Le palmarès des chalutiers russes ayant obtenu de l’ancien MEM une autorisation de pêche, se présente ainsi qu’il suit au 30 avril 2012  (source GREENPEACE : mains basses sur la sardinelle) :

 

  1. pour 44 autorisations de pêche délivrées et 29 bateaux qui ont effectivement pêché dans la  ZEE sénégalaise, 41 infractions ont été dénombrées en Zone interdite située entre Yoff et notre frontière nord avec la Gambie et qui  fait face à une nurserie. De ce fait toute activité de pêche y est strictement interdite. Enfin, les chalutiers russes pêchent de jeunes reproducteurs et des juvéniles, la nuit surtout, dans la zone  côtière et on les voit à partir de la plage. C’est l’infraction la plus grave du code de la pêche. OLEG NAYDENOV a été surpris 5 fois dans ladite zone et assurément, c’est le bateau qui a commis le plus grand nombre d’infractions.
  2. 21 des 44 chalutiers ayant obtenu une autorisation de pêche de l’ancien MEM ont commis  41 infractions.

 

Par ailleurs, nous croyons utile de souligner que dans une publication intitulée l’exploitation des petits pélagiques côtiers au Sénégal : réponse de la recherche à la crise sardinière, Moustapha DEME et J. J. LEVENEZ du CRODT,  ont apporté des éléments de réponse pertinents. Le coût d’achat d’un sardinier correspond à  celui de 35 unités d’unités de pêche à la senne tournante et de trois fois plus d’unités de filets maillants encerclant, que les coûts moyens annuels d’exploitation des unités artisanales sont nettement plus faibles que ceux des sardiniers. Surtout, le coût de production d’une tonne de poisson est quatre fois inférieur en pêche artisanale qu’en pêche sardinière. Telle est la justification de la disparition de la pêche sardinière industrielle au Sénégal.

Tous ceux qui, pour justifier la présence des bateaux russes soutiennent que les bateaux sénégalais  sont incapables de pêcher là où pêchent les russes, ne sont, rien d’autre, que des bonimenteurs.

 

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La pêche illicite non déclarée et non réglementée en Afrique de l’Ouest

La Pêche INN

Par Tafsir Malick NDIAYE, Juge au Tribunal International du Droit de la mer

 

Photo : Aprapam

 

L’Afrique de l’Ouest bénéficie de conditions climatiques et écologiques exceptionnelles. Ses zones marines et côtières sont parmi les plus poissonneuses du monde. Les eaux maritimes y ont une grande productivité biologique du fait de phénomènes de remontée des eaux profondes riches en nutriments à la base de la chaîne alimentaire marine. Ce phénomène connu sous le nom d’ « upwelling » est causé par des alizés soufflant du continent vers le large et qui repoussent les eaux de surface, provoquant ainsi la résurgence d’eaux profondes froides. L’abondance de ressources halieutiques est ainsi une des caractéristiques majeures de la région allant de la Mauritanie au Cap Shilling.

L’espace couvert par les 7 Etats membres de la Commission sous-régionale des pêches est de 1,6 millions de km² et le littoral s’étend sur près de 3500 kms. La population totale de ces Etats avoisine 32 millions d’habitants dont 70% vivent près de la côte. La pêche dans ces pays est un secteur de la plus grande importance, en constituant le quart de l’activité économique. Elle pourvoit à la création d’emplois, à l’alimentation et aux exportations des pays de la sous-région. Le nombre d’emplois, directs et indirects, de ce secteur, est estimé à plus d’un million avec un effort de pêche de 30.000 pirogues et plus de 1000 navires industriels dont 700 bateaux étrangers opérant dans les zones économiques exclusives des Etats, dans le cadre d’accords de pêche avec principalement l’Union Européenne, la Chine, la Corée du Sud. La valeur estimée des captures est de 1,5 milliard de dollars US par an alors que le volume estimé des exportations se chiffre à 350 millions de dollars US par an.

Le secteur de la pêche est en crise depuis 1990 dans la sous-région en raison de la surpêche, une surexploitation par les pêcheurs artisans, les pêcheurs industriels mais surtout la présence très inquiétante de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (Pêche INN).

La suite est consultable au format pdf sur le lien suivant : LA PECHE ILLICITE NON DECLAREE ET NON REGLEMENTEE

 

Illegal, Unreported Unregulated Fishing : Responses in General and in West Africa : Illegal, Unreported Unregulated Fishing : responses in General and in West Africa.PDF

 


Pêche illicite : les bateaux russes sont de retour au Sénégal

 

bateau pélagique en rade près de l’Ile de Gorée le 21/12/2013 Position : 14°41,40N 17°23,48N IMO : 9120281 Indicatif d’appel : UBGI6

Photo : Aprapam

 

Pêche illicite Quatre Bateaux russes surpris sur les côtes sénégalaises

Suite à une opération de surveillance de l’aviation française qui secondait la direction de la protection de la surveillance des pêches sénégalaises, quatre navires industriels russes ont été surpris au large des côtes casamançaises en pleine action de pêche. Selon Haïdar El ALY, ministre sénégalais de la Pêche et des Affaires maritimes deux de ces navires ont pu être identifiés tandis que les deux autres avaient caché leur identification. Ces navires, a-t-il assuré sur les ondes de la RFM, dépendent de l’Agence fédérale de la pêche de Russie. Le ministre a assuré que ces navires ont été arraisonnés et que ses services vont saisir l’agence Russe. Concernant la sortie du GAIPES qui soupçonnait que des licences de pêches aient été octroyés dernièrement et illicitement aux russes, le ministre a refusé de se prononcer là-dessus, estimant que ce sont des théories « source d’intérêt privé ».

Source : DAKARACTU.COM du 24/12/2013

 

Arraisonnement de deux navires russes Le torchon brûle entre Dakar et Moscou

C’est à la suite d’une opération de surveillance de la Direction de la protection et de la surveillance des pêches sénégalaises (DSPS) qui a associé les forces françaises que deux navires russes et deux autres de nationalité non spécifiée ont été arraisonnés au large des côtes sénégalaises, précisément en Casamance. C’était avant-hier mardi. Le pire, c’est que les navires appartiennent à l’Etat de Russie. Ce qui donne à cette affaire une dimension de brigandage d’Etat. Selon nos sources, l’Etat du Sénégal compte se plaindre auprès des autorités russes qui ont toujours nié que des navires pêchaient frauduleusement dans les eaux territoriales sénégalaises. Ce n’est d’ailleurs pas le seul pays qui pille nos eaux, mais aussi les Chinois et bien d’autres nationalités. L’absence de surveillance et la corruption rendent ces pratiques difficiles à contrôler estime ‘’Enquête’’.

Source : DAKARACTU.COM du 26/12/2013

 

Réaction de Greenpeace suite à l’arraisonnement de navires pirates dans les eaux sénégalaises

Selon Prudence Wanko, Coordonnatrice Nationale, Afrique de l’Ouest :

Greenpeace salue l’engagement et la détermination des autorités pour éradiquer un des plus grands fléaux qui minent nos océans. Cette réaction fait suite à l’arraisonnement de quatre navires russes, dont le notoire bateau pirate « Oleg Neydenov », dans la Zone Économique Exclusive sénégalaise pour pêche illégale, non déclarée, non rapportée (INN).

Greenpeace invite, à cette occasion, l’État du Sénégal à maintenir la pression sur ces bateaux et à entreprendre une enquête approfondie sur les conditions de la présence de ces navires dans ses eaux.

Greenpeace appelle également les pays de la sous-région à œuvrer ensemble pour une meilleure surveillance de leurs côtes et à prendre des mesures adéquates pour lutter contre la pêche INN et mettre fin aux activités illégales de ces navires dans les eaux ouest-africaines.

 

PECHE : Arraisonnement de navires russes : Le Gaipes exige des sanctions

Suite à l’arraisonnement de navires de pêche russes aux larges de la Casamance annoncé par le ministère de la Pêche et des Affaires maritimes, le Groupement des armateurs et industriels de pêche du Sénégal (Gaipes) veut que des sanctions «exemplaires» soient prises.

Haïdar El Ali, ministre de la Pêche et des Affaires maritimes, a annoncé avant-hier, à travers les ondes d’une radio privée, l’arraisonnement de quatre navires industriels russes qui pêchaient illégalement dans les eaux sénégalaises. Pour le Groupement des armateurs et industriels de pêche du Sénégal (Gaipes), cela ne suffit pas. Joint par téléphone hier, Adama Lam, le vice-président de cette organisation regroupant les acteurs de la pêche industrielle sous pavillon sénégalais, a indiqué qu’ils veulent que ces «navires soient ramenés au Port de Dakar, passés en commission et que des sanctions exemplaires soient prises. C’est ce que nous attendons de l’autorité et surtout que ces navires quittent définitivement, les eaux sénégalaises». D’après M. Lam, la présence illégale de navires russes dans les eaux sénégalaises, n’est pas une «nouveauté». Depuis des années, les chalutiers russes polluent la pêche sénégalaise. Et ce pillage est l’une des principales causes de raréfaction des ressources halieutiques. Ce qui constitue un véritable casse-tête pour la pêche artisanale. Les acteurs de la pêche évoquent un manque à gagner estimé à plus d’une centaine de milliards de francs Cfa.

Pourtant, déplore M. Lam, «le Sénégal a les moyens de contrôler ses eaux. Nous sommes contrôlés trois à quatre fois dans les mêmes marées. Je ne comprends pas comment on ne peut empêcher des fraudeurs de rentrer dans notre territoire».

Mais soutiennent les autorités, au Sénégal, les moyens de surveillance des eaux sont limités. Pour s’acquitter de cette mission, la Direction de la protection et de surveillance de la pêche sénégalaise est assistée par l’aviation française.

Source : lequotidien.sn  (Aminata CASSET) du 27/12/2013

 

Eutoub sud (Sud FM) du 28/12/13 nous parle de la PECHE avec des bateaux russes qui ont pêché de manière frauduleuse dans nos eaux

Gaoussou GUEYE, président de APRAPAM était l’invité de Amadou Salif TALL

Pour écouter l’émission du samedi 28/12/2013 sur Sud FM : http://senradiosudfm.com/spip.php?article642

 

Les acteurs disent non aux bateaux russes

El Hadji Abdou Karim Sall le président de la plateforme des pêcheurs artisanaux du Sénégal, a tenu dans l’après midi d’hier, jeudi, un point de presse sur le retour des bateaux russes, tant refusé et tant décrié. Les pêcheurs de Joal-Fadiouth n’ont pas caché leur position de se ranger derrière le département de la pêche et soutenir le ministre Aly Haïdar. Quatre bateaux sont déjà arraisonnés.

Une surpression ou une surexploitation constituent une menace grave pour la préservation de la ressource halieutique. A l’en croire, les bateaux russes raclent la mer avec des capacités de prélèvement de près de 250 tonnes par jour. L’arrivée de 10 bateaux russes à raison de 250 tonnes par bateau reste une catastrophe.

Cela veut dire que le pays, avec la pêche artisanale et les prélèvements des bateaux russes, va dépasser toutes les prévisions et la côte d’alerte donnée par les chercheurs. La sonnette d’alarme est tirée. A ce rythme, dans deux ans, la raréfaction de la ressource va s’établir de manière permanente. Les russes ne vont faire que rentrer chez eux, laissant la mer sans poisson.

Pis, la sardinelle pêchée est transformée en farine de poisson pour l’alimentation du bétail, alors qu’elle reste au Sénégal une denrée de consommation de premier ordre.

L’inquiétude reste liée à l’attitude de certains professionnels qui défendent vaille que vaille leur retour. Ces derniers voguant à contre courant de l’Etat du Sénégal et des pêcheurs artisanaux. Ils voient les choses en termes de retombées ne contribuant qu’à un pillage des ressources halieutiques. Selon El Hadji Abdou Karim Sall, « ni les usines ni les camions frigorifiques ne permettent de parler de pêche durable. »

Source : Sudonline.sn  (Samba Niébé BA) du 04/01/2014

 

Tension autour d’un navire russe arraisonné par des militaires sénégalais, Poutine et le Kremlin informés de la situation

Le chalutier russe ‘’Oleg Naydenov’’ a été arraisonné par des militaires du Sénégal, a déclaré aux journalistes un représentant de l’Agence fédérale de la pêche (Rosrybolovstvo), information reprise par une agence de presse russe. L’incident s’est produit dans l’océan Atlantique à 46 miles au large de la côte de Guinée -Bissau.

Quatre hommes armés sont montés à bord du navire de pêche russe sans explication. Ils ont ordonné au capitaine de monter sur un navire de guerre Ferlo, mais il a refusé. Selon ces sources, l’armée sénégalaise a alors embarqué le capitaine de bateau, et à l’heure actuelle il est dans la cabine radio du Ferlo avec des menottes aux poignets.

Le propriétaire du navire, les dirigeants de Rosrybolovstvo, le ministère des Affaires étrangères, le ministère de la Défense, le ministère russe des situations d’urgence et d’autres organisations de la Fédération de Russie ont été informés de l’incident. L’affaire est devenue grave. A Bissau, un conseil des ministres spécial s’est tenu ce samedi, car selon eux ce chalutier a été intercepté dans les eaux territoriales bissau-guinéennes. Bissau va protester de l’intervention sénégalaise sur son territoire. Aussi, le Kremlin et Vladimir Poutine ont été informés de la situation.

Source : DAKARACTU.COM du 04/01/2014

 

Le navire de pêche russe Oleg Naydenov, capturé par les militaires sénégalais, est arrivé au port de Dakar

Le bateau de pêche russe Oleg Naïdenov arraisonné samedi par les militaires sénégalais à bord du Ferlo est arrivé au port de Dakar sous escorte de la Marine Nationale, a annoncé dimanche à Saint-Pétersbourg Iouri Parchev, directeur exécutif de Phœnix, société propriétaire du navire.

« Le navire a jeté l’ancre à Dakar à 04h00 heure de Moscou (00h00 UTC). Les militaires du Ferlo qui ont escorté le bateau ont cédé leur place à la police militaire. Les membres d’équipage, russes et guinéens, se sont vu confisquer leurs passeports », a indiqué M.Parchev. Phœnix n’a toujours pas reçu d’explications officielles sur les causes de l’arraisonnement du chalutier, selon lui.

Le bateau de pêche russe Oleg Naïdenov a été arraisonné à 46 milles (85 km) du littoral de la Guinée-Bissau par les militaires sénégalais. L’équipage du bateau est composé de 62 Russes et 20 citoyens de Guinée-Bissau.

Selon le lieutenant-colonel Adam Diop, responsable de la communication de l’armée sénégalaise, cité par l’agence AFP, le bateau a été surpris en train de pêcher illégalement dans les eaux sénégalaises. L’agence fédérale russe pour la pêche (Rosrybolovstvo) a antérieurement déclaré que l’équipage du navire respectait les normes internationales.

Les médias officiels russes font dans la désinformation

Selon la voix officielle de la Russie (La Voix de la Russie) les informations officielles sur les raisons de la suspension du navire n’ont pas été communiquées. Selon les Russes lee chalutier pêchait dans les eaux de pays voisin, la Guinée-Bissau en ayant une licence.

Ils continuent plus loin en disant que les autorités africaines sont corrompues et laissent à penser que c’est parce que les russes n’auraient pas payés d’où la raison de leur arraisonnement.

Je cite La Voix de la Russie: Les experts disent que récemment les concurrents tentent de chasser les pêcheurs russes de la zone aquatique d’Afrique de l’Ouest. Les autorités corrompues des pays africains sont idéales pour lutter contre les concurrentes par les méthodes sales.

Et accusent les militaires d’avoir cassé le bras d’un membre d’équipage. Il y a des blessés à bord du chalutier russe Oleg Naydenov, suspendu par les militaires sénégalais, l’un des membres de l’équipage, probablement, aurait cassé son bras, cite l’agence La Voix de la Russie

Qui continue dans la désinformation : Je cite: Selon le capitaine du navire, lors d’une confrontation entre l’équipage et les militaires, ces derniers ont utilisé la force brutale. Ils ont également menacé d’utiliser des armes.

Source : dakar-echo.com (Penda DIOP) du 05/01/2014

 

Le Sénégal veut saisir un bateau russe arraisonné pour pêche illégale

Le Sénégal veut saisir un navire russe qu’il a arraisonné pour pêche illégale dans ses eaux et lui réclamer une amende de 400 millions de FCFA (près de 610.000 euros) pour récidive, a affirmé dimanche son ministre de la Pêche, Haïdar El-Ali.

«Le +Oleg Naydenov+, ce grand navire de pêche que vous voyez derrière moi, qui fait 120 m de long (…) a pêché frauduleusement, sans aucune autorisation, dans les côtes sénégalaises», il est actuellement «entre les mains du gouvernement sénégalais, sous la surveillance à la fois de la Marine nationale et de la gendarmerie nationale», a déclaré à la presse M. El-Ali lors d’une visite au quai de la Marine à Dakar où le bateau est arrivé dans la nuit de samedi à dimanche.

«Malheureusement pour nous, la sanction maximum que nous pouvons» lui infliger, «c’est la saisie de l’engin de pêche, la saisie de la cargaison et une amende maximum de 200 millions de FCFA (près de 305.000 euros). En cas de récidive – et le +Oleg Naydenov+ est en multi-récidive (…) – nous allons lui mettre un maximum de charges. Parce qu’en cas de récidive, nous pouvons doubler cette amende, nous allons la porter à 400 millions de FCFA», a-t-il affirmé.

Le Sénégal a également «la possibilité d’amener cette affaire en justice parce qu’il y a eu refus d’obtempérer» de la part du commandant du bateau lors de l’opération d’arraisonnement par la Marine, «cela ne fait qu’aggraver leur situation. (…) Ce sont des bandits et nous allons lutter contre ces bandits», a-t-il ajouté.

Lors de la visite du ministre, des militaires en armes étaient visibles sur le bateau et autour.

D’après des médias russes, le navire avait à son bord environ 80 personnes – une soixantaine de Russes, une vingtaine de Bissau-Guinéens. Dimanche, trois Russes et plusieurs marins africains ont été vus par les journalistes, qui n’ont pas eu l’autorisation de leur parler ni de monter sur le bateau.

Selon le ministre Haïdar El-Ali, le bateau «a d’abord été observé» dans les eaux sénégalaises par un avion militaire français qui assiste la Direction de la surveillance et de la protection de la pêche au Sénégal (DPSP) pour la surveillance des côtes.

Il a été arraisonné dans le sud du Sénégal, «dans la zone commune, une zone que nous partageons avec la Guinée-Bissau» et lors de l’opération, «le commandant du bateau a refusé d’obéir à la Marine nationale (…) Nous avons envoyé des commandos qui les ont obligés à venir ici» à Dakar, a-t-il expliqué.

«En réalité, la loi (actuellement en vigueur au Sénégal concernant le secteur de la pêche) ne nous permet pas d’être répressifs» à la hauteur de la situation, «c’est pour cela que nous allons introduire un décret, pour que ces navires soient saisis, que les navires étrangers qui viennent piller nos ressources soient saisis et soient la propriété de l’Etat sénégalais», a encore indiqué Haïdar El-Ali.

«Une étude de l’USAID – la coopération américaine – a établi que le Sénégal perd tous les ans 150 milliards de FCFA (près de 228,7 millions d’euros) du fait de ces bateaux qui pêchent de manière illicite, donc de ces bateaux qui pillent nos ressources. (…) Il y a une cinquantaine de navires pareils qui sont au large de nos côtes, qui rentrent frauduleusement de temps en temps. Et nous ne permettrons pas cela», a-t-il affirmé.

Source : AFP du 05/01/2014


Pêche illégale : La Russie en eaux troubles à Dakar

La Russie pourrait être passible d’une sanction lourde. Le chalutier russe Oleg Navdenov vient d’être convoyé à Dakar pour arraisonnement dans les eaux sénégalaises.

Selon le quotidien d’information L’As, il avait été surpris en mars 2012 par Greenpeace en pleine activité dans une zone interdite de pêche, avant d’être arraisonné par la Direction de la protection et de la surveillance des pêches (DPSP). Au temps, le navire qui refusait de faire amende honorable de se ranger, a été de nouveau pris dans les filets de la marine marchande.

Suite à son arraisonnement samedi dernier, l’État du Sénégal envisage de le saisir en prime d’une amende de quatre-cent (400) millions de Francs cfa qu’il compte lui infliger. A en croire le journal, les autorités russes ne sont pas prêtes à se livre à un bras de fer avec Dakar. Et seraient même prêts à se plier aux desiderata des autorités sénégalaises pour parvenir à un dénouement heureux de l’affaire.

Des sources proches du dossier soutiennent le propriétaire du navire serait même d’accord pour payer les sommes réclamées par l’État du Sénégal.

« La partie russe n’a jamais refusé de payer », a rassuré une source proche de l’équipage du bateau qui parle de quelques incompréhensions autour de cette affaire.

Source : Seneweb.com du 06/01/2014

 

Un chalutier russe, surpris en pleine pêche illégale dans les eaux sénégalaises, a été arraisonné par Dakar dimanche. La côte ouest africaine, réputée pour ses ressources halieutiques, attire de nombreux navires étrangers

Source : http://www.france24.com/fr/20140106-senegal-dakar-peche-russie-navires-etrangers-vol-ressources-poissons/ (France 24.com du 06/01/2014)

 

Communiqué de presse des pêcheurs artisans / Mareyeurs / UPAMES / GAIPES

HALTE AUX NAVIRES PIRATES RUSSES !

Des navires pirates russes ont été surpris en flagrant délit de pêche illicite dans les eaux territoriales sénégalaises.

Les acteurs de la pêche ont décrié depuis 3 ans cette activité de pêche qui viole les lois sénégalaises, appauvrit les pêcheurs artisans et affame nos populations.

Durant la nuit du 04 au 05 janvier 2014, la Marine sénégalaise et  les services de surveillance du Ministère de la Pêche ont arraisonné le navire OLEG NAYDENOV pour le conduire au port de Dakar.

La Coalition des Acteurs de la Pêche adresse ses vives félicitations à Monsieur le Président de la République, Chef des Armées, pour le soutien apporté au Ministre des Pêches Monsieur HAYDAR El Ali, qui a adopté une position courageuse et patriotique dans la gestion de ce dossier.

Nous soutenons sans réserve les décisions prises par nos autorités et invitons les presse nationale et internationale, ainsi que tous les patriotes à venir assister à la conférence de presse que les acteurs organisent le jeudi 09 janvier 2014 à 09 heures à Terrou-bi.

La Coalition

Source : Communiqué de Presse du 07/01/2014


LES BATEAUX RUSSES VONT-ILS, DE NOUVEAU, ETRE AUTORISES A PECHER AU SENEGAL ?

« L’important n’est pas de convaincre mais de donner à réfléchir »

 

Photo : Aprapam

Légende : bateau pélagique en rade près de l’Ile de Gorée le 21/12/2013   Position : 14°41,40N     17°23,48N    IMO : 9120281    Indicatif d’appel : UBGI6

 

 

Rappel

Les petits pélagiques côtiers effectuant des migrations entre le Sahara occidental et la Guinée Bissau et vice- versa, la flotte russe de pêche lointaine composée de chalutiers pélagiques ayant Mourmansk et Kaliningrad comme ports d’attache, à un besoin impératif de pouvoir pêcher au Sénégal où, ces poissons séjournent, chaque année, de décembre à mai.

Entre 2010 et 2012, les armateurs russes ont fait affréter leurs bateaux par des sociétés basées dans des paradis fiscaux. Et par l’intermédiaire d’un homme d’affaires de la place, ont signé avec le Ministre de l’Economie Maritime, des protocoles d’accord leur accordant des droits de pêche  à des conditions qui constituent des violations flagrantes de la législation sénégalaise en vigueur.

 

Que prévoit le code la pêche ?

La loi  n° 98-32 du 14 avril 1998 portant code de la pêche dispose de ce qui suit :

-              en son article 3 : les ressources halieutiques des eaux sous juridiction sénégalaise constituent un patrimoine national.  Le droit de pêche dans les eaux maritimes sous juridiction sénégalaise appartient à l’Etat qui peut en autoriser l’exercice par des personnes physiques ou morales de nationalité sénégalaise ou étrangère. La gestion des ressources halieutiques est une prérogative de l’Etat.  L’Etat définit, à cet effet, une politique visant à protéger, à conserver ces ressources et à prévoir leur exploitation durable de manière à préserver l’écosystème marin.  L’Etat mettra en œuvre une approche de prudence dans la gestion des ressources halieutiques ;

-               en son article 16 : les navires de pêche battant pavillon étranger sont autorisés à opérer dans les eaux sous juridiction sénégalaise soit dans le cadre d’un accord de pêche liant le Sénégal à l’Etat du pavillon ou à l’organisation qui représente cet Etat, soit lorsqu’ils sont affrétés par des personnes de nationalité sénégalaise.

Aucun des 166 articles du code de la pêche (la loi et son décret d’application) n’autorise ce qu’a fait l’ex MEM qui,  plus préoccupé par la réélection de son mentor que par les intérêts du Sénégal, a foulé des pieds le code la pêche pour  appliquer sa législation personnelle, et accordé aux russes des avantages outranciers. Il est à noter qu’aucun des protocoles d’accord qu’il a signés avec les sociétés privées n’a été ratifié par l’Assemblée nationale, ni promulgué par le Président de la République, encore moins publié au journal officiel.

 

Nouvelle approche des russes

Le 9 décembre 2013, le représentant au Sénégal de l’Agence Fédérale de Pêche de Russie (Rosrybolovstvo) qui basé Nouakchott depuis 2002,  a été transféré à Dakar en février 2013. Il a été invité par une télévision locale, à une heure de grande écoute. Ainsi, l’intéressé a présenté pendant 47 mn la pêche lointaine russe, sous ses plus beaux atours et in fine, a rappelé que la partie russe attend toujours  les résultats de l’évaluation recommandée à l’issue  du Conseil Interministériel  (CIM) sur la pêche, tenu à Dakar  le 18 juin 2013.

 

La lecture d’une dépêche du FIS du 10 décembre 2012, permet de comprendre que l’objectif principal de Rosrybolovstvo était de faire remonter le volume des captures effectuées par ses chalutiers pélagiques,  dans les eaux ouest  africaines,  à 400.000 tonnes par an. Elles n’étaient que de 211.000 tonnes en 2011 et seulement de 148.000 tonnes pour les 9 premiers mois de 2012.

 

A cet égard, ayant, sans doute, tiré des leçons de la très forte hostilité  des acteurs de la pêche contre la présence des bateaux russes dans les eaux sénégalaises,  Rosrybolovstvo  semble avoir changé d’approche et sa nouvelle stratégie consisterait à :

 

a)        isoler le Groupement des Armateurs et Industriels de la Pêche au Sénégal (GAIPES)  très hostile à la présence des bateaux russes au Sénégal. Des acteurs de la pêche artisanale ont été approchés et avant le sommet maritime de Dakar, une rencontre  a été organisée à l’hôtel Savana pour  leur apprendre la bonne parole. Il leur a été « remboursé »  leurs  frais de  transport. Les russes ont en outre promis, à la fois, de résoudre le problème de la distribution du poisson à l’intérieur du Sénégal, à débarquer du poisson à Dakar à condition que les mareyeurs paient le prix, à apporter  des appuis financiers et  de participer à relance de la société Africamer. La Russie offre également des bourses d’études, des camions et du matériel de bureau et des patrouilleurs de surveillance ;

 

b)         jouer sur les résultats des investigations faites conjointement  par la Russie et le CRODT. En effet, la Russie a signé avec le Sénégal un accord de coopération le 8 février 2011 dont l’article 4 prévoit la possibilité d’effectuer en commun des investigations dans notre ZEE et d’analyser les données  collectées.  Un chercheur russe a  même été autorisé, avec la complicité du comité d’organisation, à faire une présentation au salon maritime de Dakar tenu du 4 au 6 octobre 2013. Le chercheur russe a profité de la tribune qui lui était offerte, pour indiquer que les résultats qu’il venait de livrer à l’assistance, étaient ceux  de la mission effectuée avec le CRODT  décembre 2012 et validés par les 2 parties. Le directeur du CRODT a été obligé de le recadrer, en précisant que lesdits  résultats n’engageaient pas sa structure, aucune réunion de validation n’ayant été tenue.

 

Par conséquent :

 

-        d’une part, tous les acteurs industriels comme artisans de la pêche sénégalaise doivent se remobiliser  afin que le bloc qui a, en 2012,  fait cesser les activités de pêche des chalutiers russes se reconstitue. Le cadre de concertation entre en acteurs artisans et industriels retenu à l’époque doit être de toute urgence formalisé ;

 

-        d’autre part, le CRODT qui a eu au sommet maritime de Dakar, un aperçu de ce que les chercheurs  russes sont capables de faire sait à quoi s’en tenir.

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Allons-nous encore manger du poisson dans quelques années ?

« L’incertitude est de tous les tourments, le plus difficile à supporter »

 

 

Plage de Mbour

Photo : Aprapam

 


Avec l’annulation de 29 autorisations de pêche accordées à des chalutiers pélagiques étrangers pour respecter une promesse électorale,  certains  ont cru  le feuilleton des bateaux russes  clos.  Que nenni, du fait de l’incohérence des déclarations des uns et des autres

 

Pourquoi une position aujourd’hui, une autre le lendemain ?

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la réglementation, l’utilisation effective et les impacts du filet monofilament/filet maillant dans la sous-région de la CSRP

 

Dans le cadre du projet de la Commission Sous-Régionale des Pêches (CSRP) financé par la Coopération Internationale Allemande « Appui à la Gestion des Ressources Halieutiques d’Afrique de l’Ouest », un travail sur la pêche artisanale a été réalisé et une des recommandations émises a été de faire un inventaire des législations et des utilisations du filet maillant en monofilament dans la zone CSRP.

La présente étude suit cette recommandation. Elle est donc composée de deux parties : une recherche bibliographique et documentaire sur les législations et l’usage des filets en monofilament pour la pêche sur les 7 pays de la CSRP complétée par une étude de terrain au Sénégal et en Mauritanie.

 

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DELIVRANCE NON CONFORME A LA LOI D’AUTORISATIONS DE PECHE A DES THONIERS CANNEURS ETRANGERS

 

 

canneur sur atlantique

Photo : bluefintuna.com


« Pour construire un avenir, il faut connaître le passé »

 

Historique de la pêche thonière au Sénégal


Dans les années 50, de nombreux thoniers canneurs bretons et basques ont exercé leurs activités de pêche dans les eaux sénégalaises, chaque année, de novembre à avril, période  qui coïncide avec l’arrêt de la saison de pêche du thon blanc a fait de Dakar leur base de repli. Au bout de quelques années de séjours temporaires, ces thoniers regroupés dans deux coopératives Itsasokoa et Lagun Artean ont fini par s’implanter, à Dakar, toute l’année.

Des prospections, faites avec les bateaux « Gérard Treca » et « Marcella-Yveline », ont prouvé, à la fois, l’existence d’importants bancs de thon  dans les eaux sénégalaises et la pertinence de la création d’une industrie thonière au Sénégal.

Dans les années 60, Dakar comptait 7 conserveries qui, à partir des années 70, n’étaient plus que 3. Il s’agit des Conserveries  du Sénégal (CDS), de la SAPAL et de la SAIB. Elles  produisaient  des conserves emboitées sous les  marques françaises  Pêcheurs de France pour les CDS, Saupiquet pour la SAPAL  et Pêche et Froid  pour la SAIB.

Les  Conserveries du Sénégal (CDS)  sont devenues en 1977 Société Nouvelle des Conserveries du Sénégal du Sénégal (SNCDS) qui, n’arrivant pas à se relever de difficultés financières, a fini, avec l’aide de l’Etat, à se retirer de la production qui, à partir de l’an 2000, était assurée par la société d’exploitation SE-SNCDS, SNCDS devenant une société de patrimoine.

La SAPAL et la SAIB ont été depuis rachetées  par des sénégalais et sont devenues respectivement  INTERCO et PFS. Ces  2 sociétés ont disparu et SNCDS devenue, entre temps, une société d’Etat a été vendue en 2012 à une société coréenne.

Pour  l’approvisionnement des conserveries, l’Etat avait également créé, en 1965, la Société Sénégalaise d’Armement à la Pêche (SOSAP), avec près de 20 thoniers canneurs et senneurs  devenant ainsi, l’un des tout premiers armements thoniers du monde. On ne soulignera jamais assez la démarche logique des  autorités sénégalaises qui, au lieu de compter sur un approvisionnement étranger, ont  mis sur pied un armement national.

Malheureusement, du fait de l’imprudence d’un ministre qui, ignorant que l’URSS n’a jamais construit le moindre thonier durant toute son existence, a succombé aux chants des sirènes russes  en confiant à un de leurs  chantiers navals, la construction des premiers thoniers de la SOSAP. Cette commande en Russie a coûté très cher à la SOSAP, qui a mis  la clef sous le paillasson en 1977, non sans avoir englouti des sommes colossales dans la correction, en France, de malfaçons constatées sur les bateaux construits en Russie.

Dans les années 70, la pêche du thon s’est déplacée vers le sud avec l’avènement des senneurs et Abidjan a pris la place de Dakar. La Côte d’Ivoire bien que n’étant pas située sur une zone de pêche de thon a su, néanmoins, avec des mesures incitatives, faire d’Abidjan un grand port de transbordement. Les cadences de déchargement y sont autrement plus importantes qu’à Dakar ;  un cargo déchargé en 3 jours à Abidjan, l’est en 5-6 jours à Dakar.

Il est à noter que le thon pêché à la canne  est de meilleure qualité que celui pêché à la senne tournante.  Le premier meurt rapidement alors que le second meurt par asphyxie après s’être longtemps débattu. Aussi, la fabrication de conserves avec du thon pêché à la canne a-t-elle longtemps été l’atout majeur des conserveries de Dakar. Et le Sénégal, qui a disparu aujourd’hui des tablettes, fut le 2ème exportateur mondial de thon.

 

 

 

Thunnus obesus


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Transbordement en mer en Afrique de l’Ouest

Photo : Environmental Justice Foundation

 

 

Le montant total des pertes causées par la pêche Illicite, Non déclarée et Non réglementée (INN), ou ‘pêche pirate’, est estimé entre 10 et 23,5 milliards de dollars par 

an.

Les 

eaux d’Afrique de l’Ouest ont la réputation d’avoir le plus haut taux de pêche INN au monde, représentant environ 37 pour cent des captures au niveau régional.

Parce que la pêche 

INN épuise les stocks de poisson, elle met sévèrement en danger la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des communautés de pêcheurs qui comptent 

sur le poisson en tant que principale source de protéines et de revenus.

Mais c’est aussi une menace pour la biodiversité marine et l’environnement marin ; les navires pirates ignorent les plans d’aménagements et de gestion et pratiquent des types de 

pêche qui détruisent les habitats marins.

 

Un dossier de l’Environnemental Justice Foundation 2013 : Dossier_Transbordement_en_mer

 


Main basse sur la sardinelle

 

 

Deux années durant, les pêcheurs sénégalais ont assistés impuissants, au pillage de leurs ressources halieutiques par des chalutiers pélagiques géants, battant pavillons d »Etats industrialisés (Russie et pays est-européens) ou s’abritant derrière des pavillons de complaisance. Greenpeace en a été le témoin direct, depuis 2010, et a conduit sa propre enquête sur ce pillage orchestré avec la complicité du gouvernement sénégalais de l’époque.

Vous pouvez consulter ce rapport en PDF sur le lien suivant : Main basse sur la sardinelle

 

 

Documents annexes

1) Cycle sexuel de la sardinelle ronde : Cycle sexuel sardinelle ronde

2) Migration et cycle de la Sardinelle ronde sur le plateau continental ouest africain : Migration et cycle Sardinelle ronde

 

 

Tentative avortée de réintroduction de chalutiers pélagiques étrangers dans les eaux sénégalaises : le Conseil des Ministres peut-il autoriser ce que la Loi en vigueur ne permet pas ?

Photo : Greenpeace, Pierre Gleizes

 

« Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière asséchée, le dernier poisson pêché, l’homme se rendra compte que l’argent n’est pas comestible »

 

La délivrance d’autorisations de pêche à des chalutiers pélagiques étrangers fait de nouveau l’actualité, alors que l’on pouvait légitiment penser que cette affaire était définitivement close. En effet, la décision du Président de la République élu, à l’issue de l’élection présidentielle du 25 mars 2012, d’annuler  les 29 autorisations de pêche délivrées  par l’ex ministre de l’Economie maritime (MEM) a été très bien accueillie.

 

Les sénégalais ont, sûrement, été surpris à la lecture du communiqué du conseil des ministres  du 13 décembre 2012. Dans ce communiqué, il est écrit notamment : « Le Ministre de la pêche et des Affaires maritimes a entretenu le Conseil de la question relative à l’octroi de licences de pêche au profit d’armateurs étrangers. Sur ce point précis, le Président de la République a décidé de prolonger le repos biologique sur nos espaces maritimes, en gelant l’octroi de licences de pêche à des armateurs étrangers, pour une durée d’au moins un an ».

 

Décryptage.

 

La licence de pêche est le document  que tout bateau de pêche industrielle doit détenir, pour être autorisé à exercer des activités de pêche,  tandis que le repos biologique est une mesure de gestion des pêches dont l’objectif  est la réduction de la pression de pêche artisanale et industrielle qui, combinée à d’autres mesures peut contribuer positivement à la reconstitution de stocks surexploitées et permettre une exploitation durable des ressources halieutiques.

 

Le  Sénégal n’est lié par un accord de pêche qu’avec la Gambie, la Guinée Bissau,  le Cap Vert et la Mauritanie. Il  ne peut donc  imposer à ces  bateaux une disposition non prévue dans l’accord de pêche  dans le cadre duquel ils opèrent notamment un repos biologique d’au moins un an.

 

Par conséquent, les bateaux étrangers visés  dans le communiqué ce sont  les chalutiers pélagiques congélateurs battant  pavillon de la Russie, de la Lituanie et des pavillons de complaisance. Ces bateaux, communément appelés « bateaux russes » ont été illégalement autorisés par l’ex MEM, entre 2010 et 2012, à  pêcher dans les eaux sénégalaises.

 

Il  faut  donc interpréter la décision  du PR comme étant le gel de la délivrance de licences de pêche à des bateaux russes, pendant une période d’au moins un an.

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Pêche « illicite et illégale » sur la Petite Côte

 

 

Voilier Atlantique (Istiophorus albicans)

Photo : Aprapam

 

Des acteurs de la pêche, regroupés au sein de l’Association pour la promotion et la responsabilisation des acteurs de la pêche artisanale de Mbour (APRAPAM), interpellent les autorités, notamment le ministre de la Pêche et des Affaires maritimes, sur ce qu’ils appellent ‘’une pêche illicite et illégale’’ que mènent des pêcheurs ghanéens dans les eaux sénégalaises, plus précisément au niveau de la Petite Côte où ces étrangers ciblent les espèces de poissons dites ‘’porte-épée’’, notamment les espadons, les voiliers et makaires. En effet, les professionnels de la pêche artisanale soutiennent mordicus avoir constaté que des Ghanéens exportent 4 à 5 tonnes par jour de ces espèces de poissons dits ‘’porte-épée’’. Ce qui, d’après eux, constitue ‘’un danger extrêmement grave’’ pour les ressources halieutiques déjà en raréfaction.

 

‘’Ces espèces, dont la gestion relève exclusivement de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT), font l’objet des mesures de conservation et de gestion parmi lesquelles l’interdiction de pêche avec certains engins dont le filet maillant dérivant et la limitation de captures’’, a signalé Gaoussou Guèye, président de l’APRAPAM. ‘’Nous interpellons les autorités à veiller sur cette affaire nébuleuse, parce qu’aujourd’hui, on veut imposer un repos biologique sur le poulpe, parce que les pêcheurs artisans, à travers le conseil local de pêche artisanale (CLPA), consentent inlassablement des efforts pour la promotion d’une pêche responsable, donc durable, au grand profit des populations et de notre économie. Donc, il faut les accompagner, en faisant appliquer la réglementation en vigueur au Sénégal’’, a lancé M. Guèye, président de l’APRAPAM.

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Communiqué des acteurs de la pêche artisanale de Mbour

Photo : Pierre Gleizes / Greenpeace

 

 

Les acteurs de la pêche artisanale de Mbour, portent à la connaissance des populations sénégalaises et de leurs autorités politiques, des bailleurs de fonds, des partenaires au développement et à tous ceux qui évoluent directement ou indirectement dans le secteur des pêches maritimes les informations concordantes et non infirmées par les autorités compétentes selon lesquelles, le Ministre chargé de la pêche Monsieur Kouraichi Thiam a fait revenir à nouveau dans nos eaux, à travers des autorisations illégales et inopportunes car allant dans le sens contraire des recommandations des scientifiques sénégalais et étrangers, les chalutiers pélagiques étrangers battant pavillon russe.

 

L’activité de ces chalutiers au Sénégal dont la gravité n’est plus à démontrer au SENEGAL pose problème à plusieurs niveaux :

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