Photo : Ivano Trabalza
«On leur montre la lune, ils regardent le doigt»
Le principe d’instaurer une période de fermeture annuelle de la pêche est une des recommandations des concertations nationales sur la pêche et l’aquaculture, tenues à Dakar, en novembre 2000. Ainsi, le repos biologique a été prévu dans le protocole 2002-2006 de l’accord de pêche Sénégal-Union Européenne. A partir de 2003, la mesure a été observée par tous les chalutiers autorisés à pêcher dans les eaux sénégalaises.
La présente contribution n’a d’autre ambition que de fournir aux sénégalais des informations sur une mesure qui fait l’actualité, suite à la « sortie » de Greenpeace Afrique, qui dans un communiqué du 21 septembre 2011, largement diffusé et abondamment commenté aussi bien par la presse en ligne, que par la majorité des quotidiens et hebdomadaires locaux.
Pour une bonne compréhension de cette mesure de gestion des pêches, après un rappel de sa définition scientifique et de sa base légale, sont successivement traités l’évolution de la situation de la pêche maritime au Sénégal de 2000 à 2009 et les conclusions qu’il faudrait en tirer.
Le repos biologique
Avant l’instauration du repos biologique, le Centre de Recherches Océanographiques de Dakar-Thiaroye (CRODT) a produit un document intitulé « Réflexion sur l’opportunité d’instaurer le repos biologique au Sénégal ». Sur la base de ce texte, la mesure a été mise en œuvre en 2003.
Le repos biologique, par instauration d’une fermeture pluriannuelle, annuelle, ou saisonnière de certaines zones de reproduction ou de nourriceries à toute activité de pêche artisanale et industrielle, est une des approches utilisées en gestion des pêches qui, combinée avec d’autres mesures, peut contribuer positivement à la reconstitution de stocks surexploités et/ou permettre une exploitation durable des ressources halieutiques.
L’application du repos biologique ne doit, en aucune façon, être exclusive, elle doit être associée à d’autres techniques de gestion des ressources halieutiques que sont : le contrôle des mailles des filets, la surveillance des zones de pêche interdites. L’utilisation de certains engins de pêche artisanale dans les zones sensibles baies et estuaires, en particulier, doit également être interdite, il s’agit de la senne de plage, de la senne tournante et des filets dérivants qui constituent une menace pour quelques espèces démersales côtières ayant une phase larvaire pélagique, ainsi que pour les juvéniles des barracudas, crevettes, thiofs et machoirons notamment. Enfin, on doit veiller au respect des tailles minimales marchandes des poissons.
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