La situation mondiale des pêche et de l’aquaculture

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

 

CONTRIBUER À LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ET À LA NUTRITION DE TOUS

 

 

La pêche et l’aquaculture demeurent, pour des centaines de millions de personnes à travers le monde, une ressource de première importance, qu’il s’agisse de l’alimentation, de la nutrition, des revenus ou des moyens d’existence. En 2014, l’offre mondiale de poisson a atteint le chiffre record de 20 kg par habitant, à la faveur de la forte croissance de l’aquaculture, qui fournit désormais la moitié du poisson destiné à la consommation humaine, et d’une légère amélioration de l’état de certains stocks de poissons due à une meilleure gestion des pêches. En outre, le poisson continue d’être l’un des produits alimentaires de base les plus échangés dans le monde, et plus de la moitié des exportations en valeur proviennent de pays en développement. Les rapports récents établis par des experts de haut niveau, des organisations internationales, des entreprises du secteur et des représentants de la société civile soulignent tous la contribution considérable que peuvent, et surtout que pourront dans l’avenir, apporter les océans et les eaux intérieures à la sécurité alimentaire et à la nutrition d’une population mondiale qui devrait atteindre 9,7 milliards de personnes en 2050.

C’est dans ce contexte, et avec cette forte attente en toile de fond, que paraît l’édition 2016 du rapport sur La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture. La fonction principale de ce rapport, qui est de fournir une analyse éclairée, équilibrée et complète des données mondiales sur la pêche et l’aquaculture et des questions connexes, se trouve renforcée par plusieurs grandes manifestations internationales organisées récemment.

 

Pour consulter le rapport de la FAO sur la situation mondiale des pêche et de l’aquaculture au format pdf : Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture – FAO – 2016.PDF

 

 

Coalition des acteurs de la pêche : lettre ouverte à M. le Président de la république

 

 

Photo : Aprapam

 

Retour des bateaux russes au Sénégal

 

Lettre ouverte des acteurs de la pêche (pêche artisanale, UPAMES, GAIPES, Mareyeurs) à Monsieur le Président de la République : lettre_ouverte_Monsieur le Président de la République du SN – 20-12-2016.PDF

 

COALITION DES ACTEURS DE LA PECHE ( Pêche artisanale-UPAMES-GAIPES-Mareyeurs)

Retour des bateaux russes

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République

 

Monsieur le Président de la République,

La communauté des Pêcheurs a appris avec EMOI que des négociations seraient actuellement menées en RUSSIE, pour la signature d’un protocole ou d’un accord de pêche entre le SENEGAL et la RUSSIE.

Cette démarche serait en contradiction avec les engagements pris lors de votre campagne électorale de 2012 et le discours solennel que vous avez prononcé à KAYAR, le 07 Janvier 2014, nous confirmant l’arrêt définitif de la pêche de poissons pélagiques par des navires étrangers.

 

Monsieur le Président de la République,

Il serait regrettable de constater que ces bateaux, qui ont pillé nos eaux territoriales sans scrupules, bafoué à maintes reprises notre souveraineté et notre dignité par la piraterie, réduit notre pêche artisanale à quémander des quotas de pêche dans les pays voisins, ces navires se présentent à chaque veille d’élections pour proposer leurs sinistres méthodes de destruction de l’équilibre social et moral de notre pays.

En effet, le poisson pélagique (yaboy, Diey, weuyeung) est l’aliment de base de la population sénégalaise et l’espèce halieutique que capture majoritairement la pêche artisanale. Ces poissons pélagiques fournissent aussi près de 70% des protéines animales que consomment nos concitoyens.

Nos ressources halieutiques que nous essayons de reconstituer avec des plans d’aménagement des pêcheries et des repos biologiques, suite à la destruction massive de nos ressources halieutiques par des pêcheurs étrangers, ne doivent pas être ouvertes à nouveau à l’exploitation par ces navires russes. Nos 20.000 pirogues n’ont pas suffisamment de captures bien que travaillant intensément sur ces ressources et éprouvant de plus en plus de difficultés pour trouver des licences de pêche dans les pays limitrophes.

Il s’y ajoute, que nos industries nationales de transformation n’ont pas assez d’approvisionnements de poissons pour maintenir les emplois de milliers de sénégalais.

Par ailleurs, les recommandations de la FAO stipulent qu’en matière de ressources halieutiques, seuls les excédents de stock peuvent être vendus. Les études réalisées par le groupe de travail FAO/COPACE constatent que ces ressources halieutiques de pélagiques sont pleinement exploitées dans notre zone de l’Atlantique et recommandent de ne pas augmenter l’effort de pêche.

De ce fait, il est paradoxal d’ouvrir cette pêcherie pélagique aux navires russes en prétextant que nous n’avons pas les moyens d’exploiter cette ressource.

A l’heure actuelle, les pêcheurs sénégalais ont suffisamment de moyens techniques et financiers pour exploiter raisonnablement le pélagique côtier, dans le respect d’un prélèvement soutenable.

 

Monsieur le Président de la République,

Ces immenses navires destructeurs ont rompu la chaine alimentaire des ressources halieutiques dans beaucoup de pays africains, cette rupture y causant de plus en plus de dégâts dans la biodiversité et les écosystèmes.

Faudrait-il que notre pays en arrive à ce stade pour se préserver de telles pratiques. Ce sera trop tard, bien trop tard !!!

 

Monsieur le Président de la République,

Les acteurs de la pêche ne s’inscrivent nullement dans une démarche de contestation du rôle de l’Etat dans la définition de la politique des pêches ou d’ostracisme envers un pays étranger. Cependant, les orientations en matière de prélèvement sur les stocks de produits halieutiques doivent intégrer PRIORITAIREMENT les intérêts des acteurs nationaux, en particulier ceux des couches sociales les plus défavorisées.

Nous comptons sur votre soutien actif pour l’arrêt des négociations en cours avec les RUSSES sur le POISSON PELAGIQUE, ce qui aurait l’avantage substantiel de faire l’économie d’une contestation justifiée dont le pays se passerait bien volontiers.

 

Excellence, Monsieur le Président de la République, le retour des bateaux russes porterait un COUP TRES DUR A LA PECHE ARTISANALE et AUX INDUSTRIES DE TRANSFORMATION, et entrainerait un recul de 20 ans dans la gestion des ressources halieutiques de notre pays.

- HALTE A LA DESTRUCTION DU SECTEUR HALIEUTIQUE – HALTE A L’APPAUVRISSEMENT DE NOS PECHEURS DEJA BIEN MAL EN POINT.

 

DAKAR, le 20 Décembre 2016 LA COALITION

 

CONTRIBUTION : L’ACCORD DE PECHE «FANTOME» ENTRE LA FEDERATION DE RUSSIE ET LE SENEGAL

Photo : Aprapam

 

″ La  Mauritanie ferme ses eaux aux pêcheurs de Saint Louis tandis que le Sénégal, s’apprête à ouvrir les siennes aux bateaux russes ? ″

 

Rappel

Comme chaque année,  à l’approche de la saison froide, les bateaux russes, en sollicitant des autorisations de pêche au Sénégal,  se rappellent au bon souvenir des sénégalais.  L’accès aux  eaux des pays situés sur la façade atlantique nord-ouest africaine, comme le Sénégal, est d’une importance vitale pour les chalutiers pélagiques russes.

Nous avons été surpris par les propos tenus, à l’Assemblée nationale, par le ministre  de la Pêche et de l’Economie maritime (MEM), lors de l’examen du budget de son département.

En effet, il soutient que des accords de pêche existent entre  le Sénégal et la Russie depuis 2011 et que c’est le protocole d’application qui n’est pas encore signé. L’affirmation de M. le  ministre nous surprend beaucoup et dans les lignes qui suivent, nous allons  développer notre argumentaire.

 

L’accord signé à Moscou en février 2011

Un accord entre la Fédération de Russie et le  Sénégal a, certes, été signé par le ministre d’Etat chargé des Affaires étrangères lors de sa visite à Moscou du 7 au 9 février 2011. Cet accord  le 8 février 2011  ne  concerne, toutefois, que la coopération en matière de  surveillance des pêches, de recherche scientifique, de coopération entre opérateurs économiques et de formation dans le domaine de la pêche. Il ne prévoit pas du tout, l’octroi de droits d’accès aux zones de pêche  qui constitue la quintessence  de tout accord de pêche.

En outre, pour avoir, personnellement, à la fin des années 70, participé à de nombreuses négociations d’accords de pêche (Italie, Espagne, Union Européenne) nous nous permettons de rappeler qu’un accord de pêche, après sa signature doit être ratifié par le Parlement, puis promulgué par le  Président de la République (PR) et enfin, publié au journal officiel. Nous n’avons pas connaissance qu’une telle procédure ait été suivie avec l’accord du 8 février 2011 qui saurait être un accord de pêche.

A cet égard, nous nous demandons pourquoi :

-        l’annulation à la fin du mois d’avril 2012 des 29 licences de pêche attribuées à des bateaux russes, a-t-elle été faite par simple lettre du ministre de la Pêche et des Affaires maritimes (MPAM) adressée au représentant de la société privée panaméenne Overseas  Express, plutôt que par une dénonciation formelle ;

-        dans l’accord du 8 février 2011, nulle part l’octroi de droits de pêche n’est prévu ;

-        par lettre du 10 février 2011, le MEM a demandé au Président de la République (PR) de la première alternance, l’autorisation pour l’établissement de licences de pêche pour exploiter des ressources pélagiques. Ce PR par courrier du 1er mars 2011, lui a répondu favorablement ?

-        le même MPAM avait-il à saisir le Conseil des ministres en décembre 2012, pour demander l’autorisation de faire revenir les bateaux russes  expulsés, 9 mois auparavant ?

-        au conseil interministériel sur la pêche tenu le 18 juin 2013, le MPAM a posé, une nouvelle fois, le problème du retour des bateaux russes. La recommandation issue de cette instance a été de procéder d’abord à une évaluation de l’impact des opérations des bateaux étrangers ciblant les petits pélagiques sur les ressources et le budget.

Tous les points rappelés ci-dessus portent sur des droits de pêche et l’accord de février 2011 supposé être de ″pêche″, n’y est cité nulle part.

Enfin, comment l’ancien PR (celui de la première alternance) et son MPAM peuvent-ils ignorer l’existence d’un accord de pêche entre la Russie et le Sénégal, signé le 8 février 2011 ? Si cet accord existait vraiment n’en auraient-ils pas parlé ?

 

La sardinelle et son importance au Sénégal.

En 2012, les débarquements de poissons ont été de 447.961 tonnes dont 91% par la pêche artisanale. Les deux espèces de sardinelles (la sardinelle ronde et la plate) ont représenté 55,30 % des débarquements totaux et 61,2 % de  ceux de la pêche artisanale.

S’agissant de l’emploi direct, environ 60.000 pêcheurs artisans ont été dénombrés au Sénégal dont 20 % (soit près de 12 000) relèvent de la seule pêcherie de sardinelles.

En outre, de nombreux métiers connexes (distribution du poisson, transformation artisanale) associés  à la pêcherie de sardinelles se caractérisent par de faibles barrières à l’entrée en termes de capital, de qualification et de savoir-faire et emploient des milliers de personnes.

L’amont de la filière des sardinelles mobilise des milliers de personnes qui exercent des activités d’où ils tirent l’essentiel de leurs revenus. L’importance de la composante féminine dans la transformation artisanale constitue un facteur favorable aux politiques de réduction de la pauvreté.

Enfin, au plan de la sécurité alimentaire, les sardinelles constituent la source de protéine animale la plus accessible en termes de prix et de quantité, face au renchérissement des prix des autres produits d’origine animale et la baisse du pouvoir d’achat accentuée par une croissance démographique rapide qui est de 2,6 %. Dans beaucoup de familles sénégalaises, actuellement, seul le repas de midi  à base de riz au poisson (sardinelles) est assuré.

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Journée mondiale de la Femme le 08 mars 2016 à Nouakchott

Photo : CAOPA

 

Journée internationale de la Femme 2016, déclaration de Nouakchott : Déclaration Journée mondiale femmes le mars 2016 à Nouakchott 2016.pdf

 

International Women’s Day2016, declaration of Nouakchott : Nouakchott Declaration Women day 2016 proposal.pdf


 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : CAOPA

 

PRESSE

http://www.aps.sn/actualites/economie/peche/article/le-manque-de-connaissances-pour-les-femmes-un-facteur-d-exclusion-selon-une-responsable-du-conipas

 

http://www.aps.sn/actualites/economie/peche/article/la-mauritanie-adhere-parfaitement-a-toutes-initiatives-de-nature-a-valoriser-les-acteurs-de-la-peche-ministre

 

http://www.aps.sn/actualites/economie/peche/article/le-secteur-de-la-peche-artisanale-peut-contribuer-a-l-integration-africaine-actrice

 

http://www.aps.sn/actualites/economie/peche/article/les-etats-membres-invites-a-la-mise-en-oeuvre-effective-du-cadre-politique-et-de-strategie-de-reforme-de-la-peche-et-de-l-aquaculture-de-l-ua

 

http://aps.sn/actualites/economie/peche/article/nouakchott-les-femmes-africaines-se-penchent-sur-leurs-dans-les-reformes-de-la-peche-en-afrique

 

Source : A.P.S.

 

 

 

 

Rachat d’AFRICAMER par des opérateurs privés Russes

« On les éconduit par la porte, ils reviennent par la fenêtre »

 

Photo : Aprapam

 

Le quotidien l’OBS du 31 juillet 2015 a annoncé que le liquidateur d’Africamer venait de signer  avec la société Flash Afrique Sea Products (que nous appelons FLASH, une société de droit sénégalais mais appartenant à des opérateurs privés russes), un protocole de reprise de la société en liquidation depuis 2011. Les termes de l’entente préliminaire convenue se résument comme  suit :

 

-        le repreneur compte améliorer les activités d’Africamer « avec un cycle complet de production, de traitement et d’exportation de surgelés, de conserves et de farine de poissons » ;

-        pour faciliter la liquidation, le bail  signé entre Africamer et le port autonome de Dakar (PAD) devrait être renouvelé au profit du repreneur qui, en outre, bénéficierait des  licences de pêche  accordées à la défunte société. Ces deux promesses devraient se concrétiser dans un délai de 2 mois, à compter de la date de signature définitive de la vente, faute de quoi, les 2,7 milliards de FCFA versés par les russes, seraient  remboursés.

Dans les lignes qui suivent  nous allons :

-        faire un rappel  portant sur Africamer ;

-        citer les différentes tentatives des autorités russes pour faire pêcher leurs bateaux dans les eaux sous juridiction  sénégalaise ;

-        développer nos observations sur  les  programmes que FLASH envisage de réaliser au Sénégal, si le rachat  d’Africamer se concrétisait.

 

De Sonafrig à Africamer.

Africamer a été créée en 1979, suite au rachat de l’entrepôt frigorifique SONAFRIG par des opérateurs  privés.

 

Africamer :

 

-        était une entreprise intégrée avec ses 13 chalutiers glaciers et ses 3 congélateurs. Elle occupait, au quai de pêche, une superficie de  20.856 m2 sur laquelle, sont bâtis  sur  12.356 m2 des bureaux, des ateliers, des  unités de production de froid, une fabrique de glace, des chambres froides une chaîne de filetage et de préparation du poisson ;

-         traitait, par an, 20.000 tonnes de poisson et en exportait 12.000, dont 85% vers l’Europe.

-        avait créé 2.425 emplois dont  506 CDI, 219 CDD et 1700 journaliers.

 

Africamer fut la plus importante unité de pêche du Sénégal, en termes de chiffre d’affaires, de création d’emplois et de recettes d’exportation. Elle  a connu, entre 2005  et 2010, des difficultés qui ont entraîné une suite d’arrêts suivis de reprises d’activités éphémères. La société a été, finalement, mise en liquidation le 19 octobre 2011.

 

 

Les tentatives de la Russie d’accéder aux ressources halieutiques du Sénégal.

L’accès des eaux des pays situées sur la façade nord-ouest africaine, comme le Sénégal, est très  importante pour la flotte de pêche lointaine russe. A cet égard, la  Russie déploie beaucoup d’efforts pour avoir l’autorisation de poursuivre les bancs de petits pélagiques, dans les eaux respectives du Maroc, de Mauritanie, de Gambie, du Sénégal et de Guinée Bissau.  Ainsi, chaque année, à l’approche de la saison froide, les autorités russes s’agitent en faisant des propositions aussi saugrenues que la livraison de camions, de fournitures de bureau et l’attribution de bourses d’études, en contrepartie de droits de pêche.

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Contribution d’APRAPAM pour l’élaboration et la mise en oeuvre du plaidoyer pour une année africaine de la pêche artisanale

Photo : Aprapam

Problématique de la Pêche artisanale en Afrique

Place et rôle de la pêche artisanale en Afrique

La pêche artisanale africaine est un atout des pays africains face aux défis de développement durable, et est de loin, le principal fournisseur d’emplois du secteur en Afrique. Elle stimule les économies locales, si elle est associée à des politiques de protection sociale et de promotion du bien-être des communautés côtières. Dans la plupart des régions africaines, la capture et le commerce par la filière pêche artisanale offre un « filet de sécurité alimentaire » aux populations les plus démunies.

Les femmes professionnelles actives dans la pêche artisanale africaine sont présentes à toutes les étapes de la filière.  Elles sont le pilier de la cellule familiale des communautés de pêche artisanale africaines. De par leur place dans les communautés côtières, elles sont amenées à jouer un rôle important, aux côtés des pêcheurs artisans, dans la gestion et la résolution des conflits au sein des communautés de pêche, entre communautés, y compris entre communautés de pêche de pays voisins, notamment à travers des initiatives prises par les professionnels de la CAOPA comme les comités conjoints.

 

Le document de la FAO sur la Situation mondiale de la pêche et de l’aquaculture en 2010 nous renseigne de ce qui suit :

 

Importance de la pêche

Au niveau mondial             / En Afrique

  • Armement :  4,36 millions de bateaux            /               479.600 soit 11% flotte mondiale
  • Nombre de pêcheurs : 54,8 millions               /                3.955.000       7,21 %
  • Nombre de femmes : 15% pêche de capture

80 à 90% pêche Continentale

  • Emplois créés : 660 à 820 millions                    /                              200 millions

10 à 12% de la population mondiale      /     19 à 20 % pop. africaine

  • Echanges internationaux : 10% de l’ensemble des exportations agricoles

Soit 1% du commerce mondial (57millions de tonnes, dont 38 millions pour l’alimentation humaine pour une valeur commerciale de 102 milliards de

dollars US.

  • Pêche artisanale :

90% des personnes pratiquant la pêche de capture

Rôle important dans la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté

 

Problèmes

  • Gouvernance : politiques non adaptées ; implique l’élaboration de politiques de nature à favoriser l’adoption de pratiques et de comportements durables.

  • Insuffisances de capacités institutionnelles.
  • Non intégration de la pêche artisanale dans les politiques nationales et régionales de développement ; ce qui entraîne des obstacles à la pleine réalisation de la contribution potentielle du secteur , ce qui suggère en l’occurrence une réforme de la politique africaine  des pêches et sa mise en adéquation avec les nouvelles directives internationales volontaires pour une pêche artisanale durable et leur prise en compte dans les législations nationales.

Le résultat  de cette démarche contribuera dans une large mesure à pérenniser la pêche artisanale et générer divers avantages, en particulier en matière de sécurité alimentaire et de lutte contre la pauvreté.

En effet, les Directives Internationales Volontaires pour une Pêche artisanale Durable encouragent :

  • La bonne gouvernance
  • La responsabilité sociale et la solidarité
  • Une approche de développement axée sur les droits de l’homme, l’égalité des   sexes ainsi que le respect et la prise en compte de tous les partenaires
  • Les organes régionaux de pêche :

Principal mécanisme institutionnel permettant aux Etats d’œuvrer ensemble à la pérennisation de leur ressources communes, les organes régionaux ont, pour la plupart d’entre-eux  du mal à s’acquitter de mandats dans biens des cas inadaptés.

  • La Pêche INN :

Les activités qui s’y rapportent compromettent le succès des actions visant à promouvoir la pêche durable et à améliorer l’état d’adaptation des écosystèmes.

Corrélativement, les pays en développement dont les moyens techniques sont souvent restreints, sont les plus durement touchés par ces pratiques qui limitent leur capacité à gérer efficacement leurs pêches, les privent de revenus et compromettent leurs efforts pour renforcer la sécurité alimentaire, combattre la pauvreté, et assurer aux populations locales les moyens d’existence durable.

Tout ce qui précède implique :

  • La coopération internationale
  • Le renforcement des capacités de gestion des pêches des pays en développement pour mettre  en œuvre efficacement les instruments internationaux existants.

Cet ensemble de mesures est une condition essentielle pour pérenniser les pêches et atténuer les répercussions de la pêche INN.

 

Les  contraintes  et défis de la pêche artisanale en Afrique

  • Zones de pêche

L’essentiel de l’exploitation des ressources halieutiques par la pêche artisanale africaine se fait sur quelques dizaines de kilomètres dans la bande côtière, zone fragile menacée par les changements climatiques et par la pression croissante des activités telles que la pêche et les autres usages du littoral.

  • La mauvaise gouvernance dans la pêche affecte la plupart des pays africains

En particulier, il y a un manque de transparence important au niveau de la gestion du secteur de la pêche, le plus souvent préjudiciable aux communautés de pêche artisanale ; des mécanismes formels de consultation et de participation des acteurs de la pêche dans la prise de décision sont, le plus souvent, absents ou inefficaces. Il existe des limites d’ordre réglementaire dans l’arsenal juridique des pêches dans nos pays, y compris en ce qui concerne les pêcheries artisanales, pour pouvoir assurer une gestion transparente, durable et participative de nos pêcheries, au bénéfice des communautés côtières et des populations.

La gouvernance du secteur des pêches est généralement caractérisée par :

  • Des politiques non adaptées ;
  • L’insuffisances de capacités institutionnelles ;
  • La non intégration de la pêche artisanale dans les politiques nationales et régionales de développement ; ce qui entraîne des obstacles à la pleine réalisation de la contribution potentielle du secteur ;
  • Les organes régionaux de pêche qui représentent le principal mécanisme institutionnel permettant aux Etats d’œuvrer ensemble à la pérennisation de leur ressources communes, ont pour la plupart d’entre-eux  du mal à s’acquitter de mandats dans biens des cas inadaptés ;
  • Un système de gestion des pêches non participatif ;
  • Une inégalité dans la répartition et le partage des avantages issus des ressources ;
  • Une influence forte des politiques en faveur d’autres secteurs économiques tels que le tourisme, l’agriculture, l’énergie, l’exploitation minière, le développement d’infrastructures autres que celles liées à la pêche sur les lieux d’exercice des activités de la pêche artisanale.

Il en résulte une marginalisation de la pêche artisanale et des communautés qui en dépendent souvent victimes de rapports de forces inégaux, d’entraves à l’exercice des droits de l’homme au plan civil, politique, économique, social et culturel qui se traduisent notamment par un accès difficile ou limité aux marchés, à la santé, à l’éducation et d’autres services  sociaux de base, des structures d’organisation insuffisantes et une absence de moyens de subsistance.

  • Accords de pêche et Pêche INN

La Pêche INN :

Les activités qui s’y rapportent compromettent le succès des actions visant à promouvoir la pêche durable et à améliorer l’état d’adaptation des écosystèmes. Corrélativement, les pays en développement dont les moyens techniques sont souvent restreints, sont les plus durement touchés par ces pratiques qui limitent leur capacité à gérer efficacement leurs pêches, les privent de revenus et compromettent leurs efforts pour renforcer la sécurité alimentaire, combattre la pauvreté, et assurer aux populations locales les moyens d’existence durable

Les Accords de pêche :

On assiste à la recrudescence des pressions des pays industrialisés en quête de possibilités de pêche dans les pays ouest africains dont les principaux stocks sont pour la plupart surexploitées. Cette surexploitation est exacerbée  par la plupart des accords de pêche signés par les pays ouest africains avec les pays de pêche lointaine. Ces accords sont basés sur l’existence de surplus non avérés qui accentue la surexploitation des ressources halieutiques.

Ces unités industrielles, dans leur  majorité  ne prennent pas en compte dans le cadre de leurs activités dans les pêcheries africaines les impacts plus larges sur les écosystèmes. Cela entraîne  la détérioration des habitats et des écosystèmes, crée des conflits entre les pêcheurs artisanaux et les armements de pêche industrielle. En outre, ces unités de pêche industrielles manquent de transparence et présentent des risques certains pour la durabilité des activités de pêche artisanale, pour la transformation et la commercialisation des produits halieutiques dans notre continent. Cette présence mets en péril la durabilité de nos ressources.

Les autres possibilités d’accès offertes aux bateaux d’origine étrangère, y compris à travers la création de sociétés mixtes ou le recours aux affrètements, sont opaques, ne présentent aucune garantie ni en termes de bénéfices sociaux et économiques attendus par nos pays, ni en termes de contribution à l’exploitation durable de nos ressources.

  • Baisse des performances économiques et sociales de ces pêcheries

Beaucoup de communautés côtières qui dépendent de la pêche vivent dans la pauvreté, sont exclues de la prise de décision et en marge du développement. De plus, d’autres utilisations des ressources marines, ainsi que des activités de pêche non durables menacent la biodiversité, les écosystèmes marins et les communautés côtières qui en dépendent pour vivre. Corrélativement, la contribution de la pêche artisanale à la sécurité alimentaire et à l’éradication de la pauvreté  et à l’utilisation  durable des ressources est minorée par une mauvaise appréciation et/ou évaluation des réalisations induites.

Un autre phénomène récurrent  est relatif aux effets et impacts des changements climatiques sur les écosystèmes marins et côtiers qui ont des conséquences considérables sur l’abondance et la distribution des poissons, en particulier les petits pélagiques, dont dépendent les populations les plus défavorisées ainsi que leur répercussion sur les communautés de pêche artisanale crée des inquiétudes chez celles-ci sur l’avenir de leurs populations et des activités de pêche artisanale.

Toutes ces contraintes  entraînent une vulnérabilité  au sein des communautés de pêche artisanale en Afrique  particulièrement chez les femmes, qui jouent un rôle central pour garantir la sécurité alimentaire des populations à travers les activités de transformation et de commercialisation des produits de la pêche et, contribuent de façon déterminante au bien-être des familles et à l’éducation des enfants.

Tout ce qui précède implique :

-      La coopération internationale

-   Le renforcement des capacités de gestion des pêches des pays africains  pour mettre  en œuvre efficacement les instruments internationaux existants.

Cet ensemble de mesures est une condition essentielle pour pérenniser les pêches et atténuer les répercussions de la pêche INN.

 

  • Possibilité d’amélioration de la situation de la pêche artisanale en Afrique en

perspective

L’amélioration de la situation de la pêche artisanale en Afrique requiert l’impérieuse nécessité de l’implication des administrations des pêches, des professionnels de la pêche et de leurs organisations, des partenaires au développement, des médias et de toutes les parties prenantes concernées. Celle-ci nécessite par chacun, l’appropriation, de la problématique de la pêche artisanale et son implication dans  la mise en œuvres d’actions tendant à promouvoir le développement durable de ce secteur stratégique pour les pays africains aux plans  économique, social, politique, culturel et environnemental.

A cet égard, l’Afrique jouit de l’opportunité de disposer de deux instruments fondamentaux pertinents :

  • les Nouvelles Directives Internationales Volontaires pour une Pêche Artisanale Durable et ,

 

  • la Réforme des Politiques de Pêche Africaines qui donnent des orientations stratégiques et préconisent  des voies et moyens permettant d’atteindre le but ultime de Développement Durable de la pêche artisanale en Afrique.

 

Photo : Aprapam

Une «  Année Africaine de la Pêche Artisanale ? »

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Célébration de la Journée Internationale de la Femme 2015 par les Femmes de la pêche Artisanale Africaine

Photo : CAOPA

 

Guinée-Bissau, le 08 mars 2015

 

Déclaration de Bissau au format PDF : Déclaration de Bissau 2015.pdf

 

Bissau declaration (eng) : Bissau Declaration 2015.pdf

 

Declaração de Bissau : Declaração de Bissau 2015.pdf

 

Rapport Journée internationale de la femme à Bissau : Rapport_Journée_Internationale_de_la_Femme_Bissau mars 2015.pdf

 

CAOPA report final Bissau (eng) : CAOPA Report English Bissau FINAL March 2015.pdf

 

Photo : CAOPA


5ème Forum de Mbour : EXPLOITATION & VALORISATION des RESSOURCES PELAGIQUES

Photo : Aprapam

Enjeux de l’exploitation et de la valorisation des ressources pélagiques et de la place de celles-ci dans la sécurité alimentaire : la parole aux professionnels


Pour consulter la note conceptuelle du 5 ème Forum organisé le mercredi 07 Janvier 2015 à 9h00 au Centre Abbé David Boilat à Mbour : NoteConceptuelleForumJanv2015.pdf


Agenda de la journée du Mercredi 07 Janvier 2015 : Agenda forum 2015.pdf

 

Plan d’accès au Centre de formation Abbé David Boilat de Mbour : PlanAccèsDavidBoilat.pdf

 


La cinquième édition du Forum de la pêche de Mbour (ouest) se tiendra mercredi, à l’initiative de l’Association pour la promotion et la responsabilisation des acteurs de la pêche de Mbour (APRAPAM), annonce un communiqué transmis à l’APS.

Le thème de cette rencontre est : ‘’Enjeux de l’exploitation et la valorisation des ressources pélagiques et de la place de celles-ci dans la sécurité alimentaire : la parole aux professionnels ».

Ce forum mettra l’accent sur le rôle et la place des femmes dans ces branches d’activités et sur la réalité des emplois dans le secteur de la pêche, la contribution à la sécurité alimentaire, poursuit le communiqué.

Selon les organisateurs du forum, les panels vont être animés par les professionnels des divers corps de métiers de la pêche, qui auront en face d’eux les acteurs institutionnels et la société civile.

Source : A.P.S.

 

 

 

 

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Réserver à la pêche artisanale l’exploitation de la Sardinelle ou Yaboye

Photo : Ivano Trabalza

 

« Ceux qui ont le privilège du savoir, ont le devoir d’agir »

 

Rappel

Chaque année,  à l’approche de la saison froide, les bateaux russes se rappellent au bon souvenir des sénégalais en sollicitant des autorisations de pêche. Les ambitions de la flotte russe qui, jadis, pêchait annuellement 1.500.000 tonnes de petits pélagiques le long des côtes nord-ouest africaines se limitent, désormais,  à pêcher 400.000 tonnes par an.

 

L’accès des eaux des pays situés sur la façade précitée comme le Sénégal, est d’une très grande importance pour les chalutiers congélateurs russes. Aussi, la Russie déploie-t-elle beaucoup d’efforts pour avoir l’autorisation de poursuivre les bancs de petits pélagiques, dans les eaux respectives du Maroc, de Mauritanie, du Sénégal, de Guinée Bissau.

 

En 2010, la Russie, avec la complicité du ministre de l’Economie maritime de l’époque, avait obtenu l’autorisation d’exploiter les ressources pélagiques côtières.

 

En avril 2012, la flotte russe après avoir pêché, à satiété, entre 2010 et 2012 a été sommée de cesser ses activités dans les eaux sénégalaises.

 

En 2013, un accord de pêche a été signé avec la Guinée Bissau, offrant à la Russie la possibilité d’opérer dans la zone commune entre le Sénégal et la Guinée Bissau et d’en profiter, pour faire des incursions dans les eaux du Sénégal. Ainsi  Oleg NAYDENOV a été arraisonné à la fin de 2013 en action de pêche sans autorisation.

 

Cet arraisonnement a soulevé l’ire des autorités russes qui ont convoqué un diplomate de notre ambassade à Moscou, pour une demande d’explications. La presse russe est tombée à bras raccourcis sur le Sénégal, les popovs soutenant qu’Oleg NAYDENOV avait été arraisonné dans les eaux bissau-guinéennes. A ce sujet, ce que les sénégalais ne savent pas, c’est qu’au même moment, la Russie proposait au Sénégal la convocation de la commission mixte prévue par l’accord de coopération Sénégal-Russie. La Russie a également invité notre Premier ministre à  participer à un forum des investisseurs devant se tenir à Moscou, avec la présidence d’une journée dédiée au Sénégal. Ces deux propositions  ont été déclinées.

 

Nouvelle approche de l’Agence Fédérale de Pêche de Russie

Cette année, nous nous demandions, quelle stratégie la Russie allait employer, quand il nous est revenu qu’un opérateur économique de Dakar à la tête d’une société mixte, avait introduit auprès du Ministère de la Pêche et de l’Economie maritime (MPEM) une requête portant notamment sur 10 autorisations de pêche, ainsi que la reprise de la société Africamer, en liquidation.

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LA SAGA DES BATEAUX RUSSES AU SENEGAL : CAS SINGULIER D’OLEG NAYDENOV

« Le serpent change de peau, non de nature »

 

Photo : MarineTraffic.com

 

CONTEXTE

Ces trois dernières semaines, un nom revient tous les jours dans  la presse écrite, les radios,  ainsi que  dans la presse en ligne locale comme étrangère. Ce nom est celui d’un des chalutiers pélagiques russes, que l’ancien MEM a subrepticement introduit dans la ZEE sénégalaise, en signant avec leurs consignataires des protocoles d’accord sans base juridique, parce que non conformes au code de la pêche. Sur cette base, l’intéressé a délivré pas moins de 44 autorisations de pêche à des bateaux dont la majorité bat pavillon russe.

Ces chalutiers pélagiques congélateurs poursuivent du Maroc à la Guinée Bissau, le stock adulte des petits pélagiques côtiers, dont le schéma migratoire a été décrit  par BOELY, depuis 1978. Après avoir séjourné dans les eaux marocaines,   puis dans celles de la Mauritanie, ces petits pélagiques côtiers se sont invités dans les eaux sénégalaises où elles resteront de décembre à mai.

Il convient de signaler que les armateurs  russes ont signé un accord de pêche avec le Maroc en février 2013 et sont encore en négociation avec la Mauritanie. Avec le Sénégal, ils rencontrent des difficultés d’un tout autre ordre. De notre humble point de vue, le Sénégal ne devrait pas signer d’accord de pêche  avec la Russie pour les raisons suivantes :

 

  • à la différence des 2 pays précités, le Sénégal a une pêche artisanale très active qui débarque, par an, près de 370.000 tonnes de petits pélagiques dont les  80% sont consommés localement ;

 

  • le Sénégal gagnerait à suivre les recommandations des scientifiques  qui estiment que le stock de petits pélagiques côtiers est surexploité et que cette surexploitation est de nature à compromettre la durabilité de la pêche tant industrielle qu’artisanale ;

 

  • les pêcheurs artisans sénégalais conscients que la ressource est très sollicitée  ont pris des initiatives locales de régulation de la pêche  en particuliers dans les grands centres (source DPM) notamment à :

 

  1. Mbour et Joal où une intense lutte contre la pêche de juvéniles, le refus de transformation des juvéniles de sardinelles, l’interdiction des sorties diurnes d’engins artisanaux de pêche pélagique du 1er décembre au 31 mai et de sortie nocturne du 1er juin au 30 novembre ;
  2. Saint-Louis les sorties des sennes tournantes sont alternées pendant la grande campagne de pêche, les débarquements nocturnes sont interdits;
  3. Kayar, les sorties sont alternées à raison d’une seule sortie quotidienne pour les sennes tournantes, la transformation des sardinelles juvéniles est interdite, ainsi que l’utilisation de filets  mono filaments ;

 

  • A ce qui précède, il faut ajouter qu’au Sénégal l’âge moyen des pêcheurs se situe entre 18 et 35 ans (ils ont donc encore  un long chemin à parcourir, si Dieu le veut). Par conséquent, le pays connaissant un nombre important de jeunes chômeurs, l’Etat ne devrait pas, raisonnablement, prendre le risque de mettre au chômage des jeunes qui, à la différence de bon nombre de leurs autres compatriotes, ne  lui demandent pas de leur trouver des emplois.

 

  • Les pratiques de pêche des bateaux russes qui commettent beaucoup trop d’infractions.  Le palmarès des chalutiers russes ayant obtenu de l’ancien MEM une autorisation de pêche, se présente ainsi qu’il suit au 30 avril 2012  (source GREENPEACE : mains basses sur la sardinelle) :

 

  1. pour 44 autorisations de pêche délivrées et 29 bateaux qui ont effectivement pêché dans la  ZEE sénégalaise, 41 infractions ont été dénombrées en Zone interdite située entre Yoff et notre frontière nord avec la Gambie et qui  fait face à une nurserie. De ce fait toute activité de pêche y est strictement interdite. Enfin, les chalutiers russes pêchent de jeunes reproducteurs et des juvéniles, la nuit surtout, dans la zone  côtière et on les voit à partir de la plage. C’est l’infraction la plus grave du code de la pêche. OLEG NAYDENOV a été surpris 5 fois dans ladite zone et assurément, c’est le bateau qui a commis le plus grand nombre d’infractions.
  2. 21 des 44 chalutiers ayant obtenu une autorisation de pêche de l’ancien MEM ont commis  41 infractions.

 

Par ailleurs, nous croyons utile de souligner que dans une publication intitulée l’exploitation des petits pélagiques côtiers au Sénégal : réponse de la recherche à la crise sardinière, Moustapha DEME et J. J. LEVENEZ du CRODT,  ont apporté des éléments de réponse pertinents. Le coût d’achat d’un sardinier correspond à  celui de 35 unités d’unités de pêche à la senne tournante et de trois fois plus d’unités de filets maillants encerclant, que les coûts moyens annuels d’exploitation des unités artisanales sont nettement plus faibles que ceux des sardiniers. Surtout, le coût de production d’une tonne de poisson est quatre fois inférieur en pêche artisanale qu’en pêche sardinière. Telle est la justification de la disparition de la pêche sardinière industrielle au Sénégal.

Tous ceux qui, pour justifier la présence des bateaux russes soutiennent que les bateaux sénégalais  sont incapables de pêcher là où pêchent les russes, ne sont, rien d’autre, que des bonimenteurs.

 

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Panel de Mbour du 08 janvier 2014

I. CONTEXTE & JUSTIFICATION

Au Sénégal, le secteur des pêches est une composante essentielle du développement rural. Il joue un rôle  stratégique et  de soutien à la croissance  de l’économie nationale en contribuant notamment à la réduction du déficit de la balance des paiements et du chômage.

Les nombreux pêcheurs pratiquant la pêche de capture  sont souvent confrontés à des difficultés d’exploitation et à des problèmes délicats qu’ils devront surmonter pour que les pêches de capture restent une source constante d’aliments et de revenus. L’accès aux ressources naturelles et leur utilisation sont les principaux sujets de controverses.

L’usage a montré que les ressources naturelles renouvelables comme les stocks de poisson disparaissaient faute de gouvernance rationnelle, dès que la demande effective pour un poisson particulier dépasse la capacité biologique du stock concerné. Dans le secteur de la pêche de capture, l’exploitation des ressources halieutiques marines ne peut être optimale et à long terme que si les intervenants garantissent une gouvernance rationnelle (Source: Les pêches de captures-FAO)

Pour  être  en  phase  avec  les  institutions  internationales,  le  Sénégal  a  adopté  une  approche participative  impliquant  tous  les  acteurs  pour  une  gestion  durable  des  ressources  halieutiques.  Ainsi, les outils juridiques accompagnant ce processus ont pris en charge cette disposition :

-        La loi 98 – 32 du 14 avril 1998 portant code de la pêche titre II relatif à la gestion et à l’aménagement  des  pêches  notamment  en  son  article  12  portant sur les  conseils  locaux  des  pêches artisanales ;

C’est dans ce cadre que  le Sénégal, dans  le but d’inverser  les  tendances encore  lourdes de  son système de gestion des pêcheries et du développement de son économie halieutique, a opté, entre autres outils d’aménagement, pour la mise en œuvre d’une approche de cogestion des pêcheries artisanales place  pour  assurer l’implication et la participation effective des communautés de base dans les décisions de gestion et d’aménagement.

Aujourd’hui, se pose avec acquitté le problème de la gestion saine et durable de la ressource halieutique en général et particulièrement celle ciblée par la pêche artisanale, une menace sur la contribution à la sécurité alimentaire, induit indubitablement par l’absence d’un système d’aménagement des pêcheries, fondé sur des mesures techniques, sociales et économiques cohérentes articulées autour d’objectifs clairs de gestion des pêcheries..

Cette situation devrait sans doute passer par l’élaboration de bons plans d’aménagement des pêcheries artisanales avec la création d’AMP, de récifs artificiels ; de zones protégées…etc. et le tout devant être accompagné d’une gestion transparente dans le secteur de la pêche maritime.

 

C’est pour toutes ces raisons que l’APRAPAM envisage d’organiser un panel dont les thèmes portent sur :

  • La transparence dans le secteur des pêches maritimes au Sénégal
  • Menace sur la contribution de la pêche à la sécurité alimentaire : Cas d’installation des unités de transformations des produits de la pêche sur les sites de productions
  • Rôles et Impacts  de l’Aménagement et de la Cogestion dans la gestion des pêcheries ; Qu’elle stratégie pour assurer la durabilité de la pêche artisanale au Sénégal ?


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LES BATEAUX RUSSES VONT-ILS, DE NOUVEAU, ETRE AUTORISES A PECHER AU SENEGAL ?

« L’important n’est pas de convaincre mais de donner à réfléchir »

 

Photo : Aprapam

Légende : bateau pélagique en rade près de l’Ile de Gorée le 21/12/2013   Position : 14°41,40N     17°23,48N    IMO : 9120281    Indicatif d’appel : UBGI6

 

 

Rappel

Les petits pélagiques côtiers effectuant des migrations entre le Sahara occidental et la Guinée Bissau et vice- versa, la flotte russe de pêche lointaine composée de chalutiers pélagiques ayant Mourmansk et Kaliningrad comme ports d’attache, à un besoin impératif de pouvoir pêcher au Sénégal où, ces poissons séjournent, chaque année, de décembre à mai.

Entre 2010 et 2012, les armateurs russes ont fait affréter leurs bateaux par des sociétés basées dans des paradis fiscaux. Et par l’intermédiaire d’un homme d’affaires de la place, ont signé avec le Ministre de l’Economie Maritime, des protocoles d’accord leur accordant des droits de pêche  à des conditions qui constituent des violations flagrantes de la législation sénégalaise en vigueur.

 

Que prévoit le code la pêche ?

La loi  n° 98-32 du 14 avril 1998 portant code de la pêche dispose de ce qui suit :

-              en son article 3 : les ressources halieutiques des eaux sous juridiction sénégalaise constituent un patrimoine national.  Le droit de pêche dans les eaux maritimes sous juridiction sénégalaise appartient à l’Etat qui peut en autoriser l’exercice par des personnes physiques ou morales de nationalité sénégalaise ou étrangère. La gestion des ressources halieutiques est une prérogative de l’Etat.  L’Etat définit, à cet effet, une politique visant à protéger, à conserver ces ressources et à prévoir leur exploitation durable de manière à préserver l’écosystème marin.  L’Etat mettra en œuvre une approche de prudence dans la gestion des ressources halieutiques ;

-               en son article 16 : les navires de pêche battant pavillon étranger sont autorisés à opérer dans les eaux sous juridiction sénégalaise soit dans le cadre d’un accord de pêche liant le Sénégal à l’Etat du pavillon ou à l’organisation qui représente cet Etat, soit lorsqu’ils sont affrétés par des personnes de nationalité sénégalaise.

Aucun des 166 articles du code de la pêche (la loi et son décret d’application) n’autorise ce qu’a fait l’ex MEM qui,  plus préoccupé par la réélection de son mentor que par les intérêts du Sénégal, a foulé des pieds le code la pêche pour  appliquer sa législation personnelle, et accordé aux russes des avantages outranciers. Il est à noter qu’aucun des protocoles d’accord qu’il a signés avec les sociétés privées n’a été ratifié par l’Assemblée nationale, ni promulgué par le Président de la République, encore moins publié au journal officiel.

 

Nouvelle approche des russes

Le 9 décembre 2013, le représentant au Sénégal de l’Agence Fédérale de Pêche de Russie (Rosrybolovstvo) qui basé Nouakchott depuis 2002,  a été transféré à Dakar en février 2013. Il a été invité par une télévision locale, à une heure de grande écoute. Ainsi, l’intéressé a présenté pendant 47 mn la pêche lointaine russe, sous ses plus beaux atours et in fine, a rappelé que la partie russe attend toujours  les résultats de l’évaluation recommandée à l’issue  du Conseil Interministériel  (CIM) sur la pêche, tenu à Dakar  le 18 juin 2013.

 

La lecture d’une dépêche du FIS du 10 décembre 2012, permet de comprendre que l’objectif principal de Rosrybolovstvo était de faire remonter le volume des captures effectuées par ses chalutiers pélagiques,  dans les eaux ouest  africaines,  à 400.000 tonnes par an. Elles n’étaient que de 211.000 tonnes en 2011 et seulement de 148.000 tonnes pour les 9 premiers mois de 2012.

 

A cet égard, ayant, sans doute, tiré des leçons de la très forte hostilité  des acteurs de la pêche contre la présence des bateaux russes dans les eaux sénégalaises,  Rosrybolovstvo  semble avoir changé d’approche et sa nouvelle stratégie consisterait à :

 

a)        isoler le Groupement des Armateurs et Industriels de la Pêche au Sénégal (GAIPES)  très hostile à la présence des bateaux russes au Sénégal. Des acteurs de la pêche artisanale ont été approchés et avant le sommet maritime de Dakar, une rencontre  a été organisée à l’hôtel Savana pour  leur apprendre la bonne parole. Il leur a été « remboursé »  leurs  frais de  transport. Les russes ont en outre promis, à la fois, de résoudre le problème de la distribution du poisson à l’intérieur du Sénégal, à débarquer du poisson à Dakar à condition que les mareyeurs paient le prix, à apporter  des appuis financiers et  de participer à relance de la société Africamer. La Russie offre également des bourses d’études, des camions et du matériel de bureau et des patrouilleurs de surveillance ;

 

b)         jouer sur les résultats des investigations faites conjointement  par la Russie et le CRODT. En effet, la Russie a signé avec le Sénégal un accord de coopération le 8 février 2011 dont l’article 4 prévoit la possibilité d’effectuer en commun des investigations dans notre ZEE et d’analyser les données  collectées.  Un chercheur russe a  même été autorisé, avec la complicité du comité d’organisation, à faire une présentation au salon maritime de Dakar tenu du 4 au 6 octobre 2013. Le chercheur russe a profité de la tribune qui lui était offerte, pour indiquer que les résultats qu’il venait de livrer à l’assistance, étaient ceux  de la mission effectuée avec le CRODT  décembre 2012 et validés par les 2 parties. Le directeur du CRODT a été obligé de le recadrer, en précisant que lesdits  résultats n’engageaient pas sa structure, aucune réunion de validation n’ayant été tenue.

 

Par conséquent :

 

-        d’une part, tous les acteurs industriels comme artisans de la pêche sénégalaise doivent se remobiliser  afin que le bloc qui a, en 2012,  fait cesser les activités de pêche des chalutiers russes se reconstitue. Le cadre de concertation entre en acteurs artisans et industriels retenu à l’époque doit être de toute urgence formalisé ;

 

-        d’autre part, le CRODT qui a eu au sommet maritime de Dakar, un aperçu de ce que les chercheurs  russes sont capables de faire sait à quoi s’en tenir.

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Déclaration de Praia lors de la journée mondiale de la pêche du 21 novembre 2013

Photo : Aprapam

 

Vu la Charte et les Statuts de la CAOPA, qui prennent en considération les conventions, lois et accords internationaux sur l’environnement, sur le travail décent dans le secteur de la pêche, et s’inspirent du Code de Conduite pour une Pêche Responsable de la FAO,

Considérant le Rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement qui a conclu, dès 2008, que le changement climatique exacerbe à la fois les impacts de la pollution et de la surpêche ;

Considérant qu’en Afrique, d’ici 2020, le changement climatique affectera négativement jusqu’à 250 millions de personnes. D’ici la fin du siècle, l’élévation anticipée du niveau de la mer affectera le littoral africain fortement peuplé, et que le coût de l’adaptation pourrait représenter de 5 à 10 % du produit intérieur brut des pays touchés ;

Considérant que les effets du changement climatique sont potentiellement plus importants pour la population des zones côtières des pays en voie de développement que pour celle des pays riches ;

Considérant que l’essentiel de l’exploitation des ressources halieutiques par la pêche artisanale africaine se fait sur quelques dizaines de kilomètres dans la bande côtière, zone fragile menacée par le changement climatique et par la pression d’un nombre croissant d’activités autres que la pêche ;

Considérant les inquiétudes des communautés côtières africaines, et du Cap Vert en particulier, par rapport aux impacts du changement climatique sur l’avenir de leurs communautés ;

Considérant la vulnérabilité particulière des femmes dans la pêche africaine, qui jouent un rôle central pour garantir la sécurité alimentaire des populations à travers les activités de transformation et de commercialisation des produits de la pêche et, contribuent de façon déterminante au bien-être des familles et à l’éducation des enfants.

Constatant que des impacts du changement climatique sur les éco-systèmes marins et côtiers sont déjà observées au niveau de la pêche maritime, en particulier des événements climatiques extrêmes, comme des inondations ou des tempête tropicales, et des changements dans les zones de répartition des stocks de poissons ;

Considérant que le changement climatique aura des conséquences considérables sur l’abondance et la distribution de poisson, en particulier les petits pélagiques, dont dépendent les populations les plus défavorisées.

 

Nous, hommes et femmes des communautés de pêche artisanale africaine, membres de la CAOPA, recommandons à nos états de :

  • Réaliser et partager le résultat d’études visant à évaluer la vulnérabilité et les capacités d’adaptation des communautés côtières par rapport au changement climatique ;
  • Identifier les stratégies et les mesures d’adaptation aux changements climatiques appropriées et les intégrer dans les politiques de pêche, ainsi que dans les politiques de développement économique et de lutte contre la pauvreté aux niveaux national, régional et panafricain ;
  • Sensibiliser les populations, les décideurs et les partenaires au développement sur les effets néfastes du changement climatique sur les communautés côtières qui dépendent de la pêche pour vivre ;
  • Développer des programmes de formation pour renforcer les capacités des parties prenantes à contribuer au processus d’élaboration et de mise en œuvre des mesures d’adaptation au changement climatique ;
  • Veiller à renforcer la prise en compte des intérêts des femmes dans la pêche, afin de renforcer leurs capacités et leur autonomie, agissant ainsi sur des situations initiales inégalitaires entre femmes et hommes.


Déclaration de Praia au format pdf : Déclaration Praia

 


Mémorandum des acteurs de la pêche artisanale au Sénégal

Photo : Alain Ponchon


Le Sénégal et la Communauté Economique Européenne (CEE) ont signé le 15 juin 1979 un accord-cadre concernant la pêche au large de la côte sénégalaise. Cet accord a été premier signé par la CEE- devenue plus tard Union européenne (UE)- avec un pays ACP. Dans le cadre de cet accord-cadre, entre 1979 et 2002, dix sept protocoles couvrant des périodes allant de 2 à 4 ans et fixant les possibilités de pêche et les contreparties financières y afférentes ont été négociés.

Les négociations concernant le 18ème protocole qui devait couvrir la période 2006 et 2010 n’ont pas été couronnées de succès ; chacune des deux parties jugeant déraisonnables les prétentions de son partenaire.

Ainsi, bien que l’accord-cadre n’ait pas été dénoncé, depuis 2006 aucun bateau de pêche battant pavillon d’un Etat membre de l’Union européenne ne devrait pas être autorisé à exercer ses activités de pêche dans les eaux sous juridiction sénégalaise.

Toutefois, récemment, l’Union européenne a repris contact avec le Sénégal et les délégations des deux parties ont tenu, les 6 et 7 juin 2013, une réunion technique au cours de laquelle, elles ont fait le point sur les points ci-après :

- état des stocks et activités de flottes nationales ;

- gestion de la pêche au Sénégal : politiques actuelles, stratégies et priorités ;

- contexte de la réforme de la politique commune de la pêche PCP et son implication

pour les accords de partenariat de pêche (APP) ;

- perspectives des relations Sénégal-UE en matière de pêche.

A l’issue de cette réunion technique les deux délégations ont convenu, après consultations de leurs autorités respectives, de rester en contact pour l’organisation de discussions formelles en vue du renouvellement de l’accord-cadre et d’un protocole de pêche. Ces négociations pourraient démarrer au cours du dernier trimestre de 2013.

C’est dans le cadre de la préparation des négociations susmentionnées que le présent mémorandum est élaboré.

 

Pour consulter le mémorandum des acteurs de la pêche artisanale au Sénégal au sujet des accords de Pêche Sénégal-UE au format PDF : Mémorandum accords pêche UE-Sénégal.pdf

 

 

Mémorandum en anglais (in english) : memorandumsenegal anglais.pdf

 

 

Allons-nous encore manger du poisson dans quelques années ?

« L’incertitude est de tous les tourments, le plus difficile à supporter »

 

 

Plage de Mbour

Photo : Aprapam

 


Avec l’annulation de 29 autorisations de pêche accordées à des chalutiers pélagiques étrangers pour respecter une promesse électorale,  certains  ont cru  le feuilleton des bateaux russes  clos.  Que nenni, du fait de l’incohérence des déclarations des uns et des autres

 

Pourquoi une position aujourd’hui, une autre le lendemain ?

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Main basse sur la sardinelle

 

 

Deux années durant, les pêcheurs sénégalais ont assistés impuissants, au pillage de leurs ressources halieutiques par des chalutiers pélagiques géants, battant pavillons d »Etats industrialisés (Russie et pays est-européens) ou s’abritant derrière des pavillons de complaisance. Greenpeace en a été le témoin direct, depuis 2010, et a conduit sa propre enquête sur ce pillage orchestré avec la complicité du gouvernement sénégalais de l’époque.

Vous pouvez consulter ce rapport en PDF sur le lien suivant : Main basse sur la sardinelle

 

 

Documents annexes

1) Cycle sexuel de la sardinelle ronde : Cycle sexuel sardinelle ronde

2) Migration et cycle de la Sardinelle ronde sur le plateau continental ouest africain : Migration et cycle Sardinelle ronde

 

 

Tentative avortée de réintroduction de chalutiers pélagiques étrangers dans les eaux sénégalaises : le Conseil des Ministres peut-il autoriser ce que la Loi en vigueur ne permet pas ?

Photo : Greenpeace, Pierre Gleizes

 

« Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière asséchée, le dernier poisson pêché, l’homme se rendra compte que l’argent n’est pas comestible »

 

La délivrance d’autorisations de pêche à des chalutiers pélagiques étrangers fait de nouveau l’actualité, alors que l’on pouvait légitiment penser que cette affaire était définitivement close. En effet, la décision du Président de la République élu, à l’issue de l’élection présidentielle du 25 mars 2012, d’annuler  les 29 autorisations de pêche délivrées  par l’ex ministre de l’Economie maritime (MEM) a été très bien accueillie.

 

Les sénégalais ont, sûrement, été surpris à la lecture du communiqué du conseil des ministres  du 13 décembre 2012. Dans ce communiqué, il est écrit notamment : « Le Ministre de la pêche et des Affaires maritimes a entretenu le Conseil de la question relative à l’octroi de licences de pêche au profit d’armateurs étrangers. Sur ce point précis, le Président de la République a décidé de prolonger le repos biologique sur nos espaces maritimes, en gelant l’octroi de licences de pêche à des armateurs étrangers, pour une durée d’au moins un an ».

 

Décryptage.

 

La licence de pêche est le document  que tout bateau de pêche industrielle doit détenir, pour être autorisé à exercer des activités de pêche,  tandis que le repos biologique est une mesure de gestion des pêches dont l’objectif  est la réduction de la pression de pêche artisanale et industrielle qui, combinée à d’autres mesures peut contribuer positivement à la reconstitution de stocks surexploitées et permettre une exploitation durable des ressources halieutiques.

 

Le  Sénégal n’est lié par un accord de pêche qu’avec la Gambie, la Guinée Bissau,  le Cap Vert et la Mauritanie. Il  ne peut donc  imposer à ces  bateaux une disposition non prévue dans l’accord de pêche  dans le cadre duquel ils opèrent notamment un repos biologique d’au moins un an.

 

Par conséquent, les bateaux étrangers visés  dans le communiqué ce sont  les chalutiers pélagiques congélateurs battant  pavillon de la Russie, de la Lituanie et des pavillons de complaisance. Ces bateaux, communément appelés « bateaux russes » ont été illégalement autorisés par l’ex MEM, entre 2010 et 2012, à  pêcher dans les eaux sénégalaises.

 

Il  faut  donc interpréter la décision  du PR comme étant le gel de la délivrance de licences de pêche à des bateaux russes, pendant une période d’au moins un an.

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