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Association pour la Promotion et la Responsabilisation des Acteurs de la Pêche Artisanale Maritime

La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture FAO 2020

La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture FAO 2020

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Communiqué de presse

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il y a 3 semaines 169 Documentation


La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture FAO 2020

la durabilité en action

Les progrès scientifiques des 50 dernières années ont permis de mieux comprendre le fonctionnement des écosystèmes aquatiques et de sensibiliser la communauté internationale à la nécessité de les gérer de manière durable. Vingt-cinq ans après l’adoption du Code de conduite pour une pêche responsable (le Code ; FAO, 1995), l’importance d’une utilisation réfléchie des ressources de la pêche et de l’aquaculture est désormais largement reconnue et considérée comme une priorité. Le Code a servi de base à l’élaboration d’instruments, de politiques et de programmes internationaux destinés à appuyer les efforts déployés en faveur d’une gestion responsable aux niveaux mondial, régional et national. Depuis 2015, on s’attache à faire converger et à hiérarchiser ces efforts afin d’aborder en priorité, selon une approche cohérente et coordonnée, l’objectif de développement durable (ODD) 14 – Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable – ainsi que d’autres ODD relatifs à la pêche et à l’aquaculture. À cette fin, il est largement accepté qu’une exigence fondamentale minimale, pour parvenir à une pêche et à une aquaculture durable, consiste à mettre en œuvre des politiques de gestion de la pêche et de l’aquaculture qui soient fondées sur la science et à les assortir de régimes prévisibles et transparents en matière d’utilisation et de commerce du poisson à l’échelle internationale. Afin d’appuyer une action fondée sur des données factuelles, la présente édition de La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture dresse un état des lieux du secteur au moyen de statistiques actualisées et vérifiées, et analyse les questions actuelles et émergentes qu’il faudra traiter ainsi que les approches à mettre en place pour intensifier les efforts qui sont menés au niveau international en vue d’atteindre l’objectif d’une pêche et d’une aquaculture durables.


On estime que la production mondiale de poisson a atteint, en 2018, environ 179 millions de tonnes, soit une valeur totale à la première vente évaluée à 401 milliards de dollars des États-Unis (ci-après dollars), dont 82 millions de tonnes (250 milliards de dollars) provenaient de la production aquacole. Sur ce total, 156 millions de tonnes ont été utilisées pour la consommation humaine, ce qui équivaut à une offre annuelle estimée à 20,5 kg par habitant. Les 22 millions de tonnes restantes ont servi à des fins non alimentaires, principalement pour produire de la farine de poisson et de l’huile de poisson. L’aquaculture représentait 46 pour cent de la production totale et 52 pour cent du volume destiné à la consommation humaine. La Chine est restée un important producteur de poisson, puisqu’elle était responsable de 35 pour cent de la production mondiale en 2018. Hormis la Chine, une part importante de la production réalisée en 2018 provenait d’Asie (34 pour cent en termes de valeur), suivie des Amériques (14 pour cent), de l’Europe (10 pour cent), l’Afrique (7 pour cent) et l’Océanie (1 pour cent). Ces dernières décennies, la production totale de poisson a fortement augmenté sur tous les continents, sauf en Europe, où elle a progressivement diminué entre la fin des années 1980 (avec une légère reprise au cours des dernières années) et les Amériques (avec plusieurs oscillations depuis le pic du milieu des années 1990, principalement en raison des fluctuations des captures d’anchois), alors qu’elle a presque doublé ces 20 dernières années en Afrique et en Asie.


La consommation mondiale de poisson destiné à l’alimentation humaine (ou poisson de consommation3) a augmenté à un taux annuel moyen de 3,1 pour cent entre 1961 et 2017, soit un taux presque deux fois supérieur à celui de la croissance démographique annuelle mondiale (1,6 pour cent) pour la même période et supérieur au taux de croissance de la consommation de tous les autres aliments à base de protéines animales (viande, produits laitiers, lait, etc.), qui s’est établi à 2,1 pour cent par an. En ce qui concerne les chiffres par habitant, la consommation de poisson destiné à l’alimentation humaine est passée de 9,0 kg (équivalent poids vif) en 1961 à 20,5 kg en 2018, soit une augmentation d’environ 1,5 pour cent par an.

Malgré des différences qui persistent dans les niveaux de consommation de poisson entre les régions et les différents États, des tendances claires se dégagent. Dans les pays développés, la consommation apparente de poisson a augmenté, passant de 17,4 kg par habitant en 1961 à un pic de 26,4 kg par habitant en 2007, avant de progressivement diminuer pour atteindre 24,4 kg en 2017. Dans les pays en développement, elle a considérablement augmenté, passant de 5,2 kg par habitant en 1961 à 19,4 kg en 2017, ce qui représente un taux de croissance annuel moyen de 2,4 pour cent. Au sein de ce groupe, les pays les moins avancés (PMA) ont vu leur consommation par habitant passer de 6,1 kg en 1961 à 12,6 kg en 2017, soit un taux d’augmentation moyen de 1,3 pour cent par an. Ce taux s’est fortement accru ces 20 dernières années, puisqu’il s’est établi à 2,9 pour cent par an en raison de l’augmentation de la production et des importations de poisson. Dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier (PFRDV), la consommation de poisson est passée de 4,0 kg en 1961 à 9,3 kg en 2017, suivant un rythme de croissance stable d’environ 1,5 pour cent par an.
En 2017, la consommation de poisson représentait 17 pour cent de l’apport en protéines animales de la population mondiale et 7 pour cent de l’apport total en protéines. À l’échelle mondiale, le poisson fournissait à plus de 3,3 milliards de personnes 20 pour cent de leur apport moyen en protéines animales, cette proportion atteignant 50 pour cent ou plus dans des pays tels que le Bangladesh, le Cambodge, la Gambie, le Ghana, l’Indonésie, la Sierra Leone, le Sri Lanka et plusieurs petits États insulaires en développement (PEID).


En 2018, la production mondiale de la pêche de capture a atteint un niveau record de 96,4 millions de tonnes, soit une augmentation de 5,4 pour cent par rapport à la moyenne des trois années précédentes. Cette progression est principalement due à la pêche de capture marine, dont la production est passée de 81,2 millions de tonnes en 2017 à 84,4 millions de tonnes en 2018, toujours en deçà du record de prises le plus élevé depuis 1996, année où l’on avait enregistré un niveau record de 86,4 millions de tonnes. L’augmentation des captures marines s’explique essentiellement par la hausse des prises d’anchois du Pérou (Engraulis ringens) au Pérou et au Chili. En 2018, les captures de la pêche continentale ont atteint leur plus haut niveau, avec 12,0 millions de tonnes. Les sept premiers pays producteurs de la pêche mondiale de capture représentaient près de 50 pour cent des captures totales, la Chine produisant 15 pour cent du volume total des prises, suivie de l’Indonésie (7 pour cent), du Pérou (7 pour cent), de l’Inde (6 pour cent), de la Fédération de Russie (5 pour cent), des États-Unis d’Amérique (5 pour cent) et du Viet Nam (3 pour cent). Les 20 premiers pays producteurs représentaient environ 74 pour cent de la production totale de la pêche de capture.


Au fil des ans, les captures des principales espèces marines ont enregistré de fortes variations, ainsi que des fluctuations parmi les principaux pays producteurs. Les captures d’anchois du Pérou en ont fait une fois de plus l’espèce la plus importante avec plus de 7,0 millions de tonnes en 2018, après des captures relativement plus faibles enregistrées ces dernières années. Le lieu de l’Alaska (Theragra chalcogramma) s’est classé en deuxième position des espèces les plus pêchées (3,4 millions de tonnes), tandis que le listao (Katsuwonus pelamis) est arrivé au troisième rang pour la neuvième année consécutive avec 3,2 millions de tonnes. Les poissons ont représenté 85 pour cent de la production totale, les petits pélagiques formant le groupe principal, suivis des gadiformes et des thonidés et espèces apparentées. Les captures de thon ont continué d’augmenter, atteignant en 2018 leur niveau le plus élevé, soit environ 7,9 millions de tonnes, en grande partie grâce à la progression des prises dans le Pacifique occidental et central (3,5 millions de tonnes en 2018, contre 2,6 millions de tonnes au milieu des années 2000). Au sein de ce groupe d’espèces, le listao et l’albacore représentaient environ 58 pour cent des captures. Les prises de céphalopodes ont diminué pour atteindre, en 2017 et 2018, environ 3,6 millions de tonnes, un chiffre en recul par rapport au pic de 4,9 millions de tonnes atteint en 2014, mais qui demeure toutefois élevé.


Les prises mondiales opérées dans les eaux continentales représentaient 12,5 pour cent de la production totale des pêches de capture. Leur importance varie également fortement parmi les principaux producteurs, puisqu’elles comptent pour moins de 1 pour cent des captures totales pour les États Unis d’Amérique, le Japon et le Pérou, contre 44 pour cent et 65 pour cent pour le Myanmar et le Bangladesh, respectivement.


Les prises en eaux continentales sont plus concentrées que les prises marines, tant géographiquement que par pays. Seize pays ont produit plus de 80 pour cent des captures continentales, l’Asie représentant les deux tiers de la production mondiale depuis le milieu des années 2000. Les prises continentales sont également importantes pour la sécurité alimentaire en Afrique, le continent étant responsable de 25 pour cent des prises continentales mondiales, alors que les captures combinées de l’Europe et des Amériques représentent 9 pour cent.


En 2018, l’aquaculture a produit dans le monde 82,1 millions de tonnes de poissons, 32,4 millions de tonnes d’algues aquatiques et 26 000 tonnes de perles et de coquillages d’ornement, ce qui porte le total à un niveau historique de 114,5 millions de tonnes. La production halieutique d’élevage était dominée par les poissons (54,3 millions de tonnes, dont 47 millions provenant de l’aquaculture continentale et 7,3 millions de l’aquaculture marine et côtière), mollusques, principalement les bivalves (17,7 millions de tonnes) et les crustacés (9,4 millions de tonnes).


En 2018, la contribution du secteur aquacole mondial à la production totale de poisson a atteint 46,0 pour cent, contre 25,7 pour cent en 2000, et celle du secteur aquacole mondial hors Chine s’est chiffrée à 29,7 pour cent, contre 12,7 pour cent en 2000. Au niveau régional, l’aquaculture représentait 17,9 pour cent de la production totale de poisson en Afrique, 17 pour cent en Europe, 15,7 pour cent en Amérique et 12,7 pour cent en Océanie. En 2018, en Asie (à l’exclusion de la Chine), la part de l’aquaculture dans la production de poisson a atteint 42,0 pour cent, contre 19,3 pour cent en 2000. L’aquaculture continentale a produit la plupart des poissons d’élevage (51,3 millions de tonnes, soit 62,5 pour cent du total mondial), principalement en eau douce, contre 57,7 pour cent en 2000. La part des espèces ichtyques dans la production a progressivement diminué, passant de 97,2 pour cent en 2000 à 91,5 pour cent (47 millions de tonnes) en 2018, tandis que celle d’autres groupes d’espèces s’est accrue, notamment grâce à l’élevage, en Asie, de crustacés d’eau douce, notamment de crevettes, d’écrevisses et de crabes.

En 2018, les mollusques décortiqués (17,3 millions de tonnes) représentaient 56,3 pour cent de la production de l’aquaculture marine et côtière. Les poissons à nageoires (7,3 millions de tonnes) et les crustacés (5,7 millions de tonnes) pris ensemble représentaient 42,5 pour cent, tandis que le reste était constitué d’autres animaux aquatiques.


L’aquaculture avec alimentation d’appoint (57 millions de tonnes) a dépassé celle pratiquée sans apport de nourriture. Cette dernière représentait 30,5 pour cent de la production aquacole totale en 2018 contre 43,9 pour cent en 2000, bien que sa production annuelle ait continué d’augmenter en termes absolus pour atteindre 25 millions de tonnes en 2018, dont 8 millions de tonnes de poissons filtreurs élevés en eaux continentales (principalement des carpes argentées et des carpes à grosse tête) et 17 millions de tonnes d’invertébrés aquatiques (essentiellement des mollusques bivalves marins).


L’aquaculture est dominée par l’Asie, qui a produit 89 pour cent du total mondial en volume ces 20 dernières années. Sur la même période, les parts de l’Afrique et des Amériques ont progressé, tandis que celles de l’Europe et de l’Océanie ont légèrement reculé. En dehors de la Chine, plusieurs grands pays producteurs (Bangladesh, Chili, Égypte, Inde, Indonésie, Norvège et Viet Nam) ont, à des degrés divers, consolidé leurs parts dans la production aquacole mondiale ces deux dernières décennies. Depuis 1991, la Chine a produit plus d’aliments issus d’animaux aquatiques d’élevage que le reste du monde réuni. Cependant, en raison des politiques gouvernementales mises en place depuis 2016, la croissance de l’aquaculture n’a été que de 2,2 pour cent et 1,6 pour cent en 2017 et 2018, respectivement. La part de la Chine dans la production aquacole mondiale est passée de 59,9 pour cent en 1995 à 57,9 pour cent en 2018 et devrait encore s’amenuiser dans les années à venir.


On estime qu’en 2018, 59,51 millions de personnes étaient employées (à temps plein, à temps partiel ou occasionnellement) dans le secteur primaire de la pêche de capture (39 millions de personnes) et de l’aquaculture (20,5 millions de personnes), soit une légère augmentation par rapport à 2016. Les femmes représentaient 14 pour cent de la main-d’œuvre totale, avec des parts de 19 pour cent dans l’aquaculture et de 12 pour cent dans les pêches de capture. Les personnes employées dans la production primaire se trouvent, pour la plupart, dans des pays en développement et sont des petits pêcheurs et des travailleurs de l’aquaculture. Les plus grands nombres de travailleurs se trouvent en Asie (85 pour cent), suivie de l’Afrique (9 pour cent), des Amériques (4 pour cent), de l’Europe et de l’Océanie (1 pour cent chacune). Si l’on prend en compte les opérations après capture/récolte, on estime qu’un travailleur sur deux, dans le secteur, est une femme.


En 2018, le nombre total de navires de pêche – des petits bateaux non pontés et non motorisés aux grands navires industriels – était estimé à 4,56 millions, soit une baisse de 2,8 pour cent par rapport à 2016. Malgré une diminution du nombre de navires, l’Asie possédait toujours, en 2018, la plus grande flotte de pêche, estimée à 3,1 millions de navires, soit 68 pour cent du total. La part des navires de l’Afrique et des Amériques s’élevait à 20 et 10 pour cent de la flotte mondiale, respectivement. Quant aux flottes d’Europe et d’Océanie, elles représentaient plus de 2 pour cent de la flotte mondiale pour la première et moins de 1 pour cent pour la seconde, malgré l’importance de la pêche dans ces deux régions. Le nombre total de navires motorisés à l’échelle mondiale est demeuré stable, s’établissant à 2,86 millions de navires, soit 63 pour cent de la flotte totale. Cette stabilité masque les tendances régionales, notamment les baisses depuis 2000 en Europe et 2013 en Chine en raison des efforts de réduction de la taille des flottes. L’Asie possédait en 2018 près de 75 pour cent (2,1 millions de navires) de la flotte motorisée déclarée, suivie de l’Afrique avec 280 000 navires. Le plus grand nombre de navires non motorisés se trouvait en Asie (947 000), suivie de l’Afrique (un peu plus de 643 000), avec des nombres moindres en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Océanie, en Amérique du Nord et en Europe. Ces navires non motorisés non pontés avaient pour la plupart une longueur hors-tout (LHT) inférieure à 12 m. La FAO estime qu’il y avait dans le monde, en 2018, environ 67 800 navires de pêche d’une LHT d’au moins 24 m.


En 2017, parmi les principales zones de pêche de la FAO, c’est en Méditerranée et en mer Noire que l’on observait la plus forte proportion (62,5 pour cent) de stocks pêchés à des niveaux non durables ; venaient ensuite le Pacifique Sud-Est (54,5 pour cent) et l’Atlantique Sud-Ouest 53,3 pour cent). En revanche, le Pacifique Centre -Est, le Pacifique Sud-Ouest, le Pacifique Nord-Est et le Pacifique Centre-Ouest étaient les zones qui présentaient les taux les plus bas (13 à 22 pour cent). Les autres zones enregistraient des taux variant entre 21 et 44 pour cent en 2017.


Parmi les stocks des dix espèces les plus débarquées entre 1950 et 2017 – anchois du Pérou, lieu de l’Alaska, hareng de l’Atlantique, morue de l’Atlantique, maquereau du Pacifique, chinchard du Chili, pilchard du Japon, listao, pilchard sud-américain et capelan – 69 pour cent étaient, en 2017, pêchés dans des limites biologiquement durables. Parmi les sept principales espèces de thon, 66,6 pour cent des stocks étaient, en 2017, pêchés à des niveaux biologiquement durables, soit une augmentation d’environ 10 points par rapport à 2015. D’une manière générale, il est de plus en plus évident que les pêcheries gérées de manière intensive ont vu leur pression de pêche moyenne diminuer et leur biomasse moyenne augmenter, nombre d’entre elles atteignant ou maintenant des niveaux biologiquement durables, tandis que les pêcheries dont les systèmes de gestion sont moins développés. Ces progrès inégaux mettent en évidence le besoin urgent de reproduire et d’adapter les politiques et les mesures qui ont fait leurs preuves à la lumière des réalités de certaines pêcheries, et de s’employer à créer des mécanismes qui permettent effectivement d’élaborer et de mettre en œuvre des politiques et une réglementation dans les pêcheries dont la gestion laisse à désirer.


En 2018, environ 88 pour cent de la production mondiale de poisson (156 millions de tonnes) a servi à la consommation humaine directe. Les 12 pour cent restants (22 millions de tonnes) ont été exploités à des fins non alimentaires, dont 82 pour cent (soit 18 millions de tonnes) pour la production de farine et d’huile de poisson. La proportion de poisson destinée à la consommation humaine directe a fortement augmenté par rapport aux 67 pour cent des années 1960. La plus grande partie est commercialisée sous forme de poisson vivant, frais ou réfrigéré (44 pour cent), cette catégorie de produits – souvent la plus prisée et la plus chère – étant suivie du poisson congelé (35 pour cent), du poisson préparé et mis en conserve (11 pour cent) et du poisson salé, séché et fumé (10 pour cent).


Une part croissante de la farine et de l’huile de poisson, comprise entre 25 et 35 pour cent, provient de sous-produits de la transformation du poisson qui souvent jusqu’ici étaient mis au rebut, servaient à nourrir directement les poissons d’élevage ou étaient ensilés ou transformés en engrais. D’autres organismes aquatiques, notamment des algues marines et des plantes aquatiques, font l’objet d’expérimentations et de projets pilotes prometteurs en vue de leur utilisation en médecine, en cosmétique, dans le traitement de l’eau, dans l’industrie alimentaire et comme biocarburants.


Le poisson et les produits halieutiques et aquacoles restent parmi les denrées alimentaires les plus échangées dans le monde. En 2018, 67 millions de tonnes, soit 38 pour cent de la production totale des pêches et de l’aquaculture, ont fait l’objet d’échanges internationaux. Au total, 221 États et territoires ont fait état d’une activité de commerce du poisson, environ 78 pour cent des produits aquatiques étant ainsi exposés à une concurrence commerciale internationale. Après une forte chute en 2015, le commerce a rebondi en 2016, 2017 et 2018, avec des taux de croissance annuels respectifs de 7 pour cent, 9 pour cent et 5 pour cent en valeur. Dans l’ensemble, de 1976 à 2018, la valeur des exportations mondiales de poisson est passée de 7,8 milliards de dollars à 164 milliards de dollars, avec un taux de croissance annuel de 8 pour cent en valeur nominale et de 4 pour cent en valeur réelle (corrigée de l’inflation). Pendant la même période, le volume des exportations mondiales, initialement de 17,3 millions de tonnes, a progressé à un taux de 3 pour cent par an. Les exportations de poisson et autres produits aquatiques représentent environ 11 pour cent de la valeur des exportations de produits agricoles (à l’exclusion des produits forestiers).


En plus d’être le principal producteur de poisson, la Chine est le principal exportateur depuis 2002 ; le pays figure également, depuis 2011, au troisième rang des importateurs. La Norvège est le deuxième exportateur depuis 2004, suivie du Viet Nam (depuis 2014), de l’Inde (depuis 2017), du Chili et de la Thaïlande. Les pays en développement ont vu leur part dans le commerce international du poisson augmenter : en effet, entre 1976 et 2018, leur part des exportations mondiales est passée de 38 pour cent à 54 pour cent en valeur et de 34 pour cent à 60 pour cent en volume.


En 2018, l’Union européenne était le plus grand marché d’importation de poisson (34 pour cent en valeur), suivie des États-Unis d’Amérique (14 pour cent) et du Japon (9 pour cent). En 1976, ces parts étaient respectivement de 33 pour cent, 22 pour cent et 21 pour cent.


Alors que les marchés des pays développés dominent toujours les importations de poisson, l’importance des pays en développement en tant que consommateurs ne cesse de croître. L’urbanisation et le développement d’une classe moyenne consommatrice de poisson y ont alimenté la croissance de la demande, qui a dépassé celle des pays développés. En 2018, les importations de poisson et autres produits aquatiques des pays en développement représentaient 31 pour cent du total mondial en valeur et 49 pour cent en volume, contre 12 pour cent et 19 pour cent, respectivement, en 1976. L’Océanie, les pays en développement d’Asie et la région Amérique latine et Caraïbes restent de solides exportateurs nets de poisson. L’Europe et l’Amérique du Nord présentent, en la matière, un déficit commercial. L’Afrique est importatrice nette en termes de volume, mais exportatrice nette en termes de valeur. En Afrique, les importations de poisson, principalement des petits pélagiques et du tilapia vendus à des prix abordables, représentent une importante source de nutrition, en particulier pour des populations qui, autrement, dépendent d’une diversité limitée d’aliments de base.

Source FAO

Pour consulter le rapport complet sur la situation mondiale des pêches et de l'aquaculture FAO 2020 : http://www.fao.org/3/ca9229fr/CA9229FR.pdf

Pour consulter le résumé : La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture FAO 2020 - Résumé

La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture FAO 2020-1