Le plastique dans les océans constitue un enjeu politique

Photo : Aprapam

 

Le 9 juin 2018, le G7 réservait une séance de travail à la santé des océans. Le Plan d’action de Charlevoix pour la santé des océans, des mers et des communautés côtières résilientes a été adopté à cette occasion, de même qu’une Charte sur les plastiques.

Le Plan d’action de Charlevoix évoque avec force l’interdépendance qui existe entre la santé des océans et le bien-être des communautés côtières, dont les pêcheurs artisans et les aquaculteurs, ainsi que les fermes distributrices et transformatrices des produits de la pêche. Loin de s’atténuer, cette interdépendance s’est renforcée au cours des dernières décennies sous l’effet de la dégradation des écosystèmes aquatiques et de la pollution marine.

Le cas du plastique

Les déchets de plastique dans les océans ont revêtu avec raison une importance particulière lors des discussions du G7 parce qu’ils constituent une menace pour les écosystèmes marins et la santé humaine, tout en constituant une perte importante de valeur sur le plan économique, de ressources et d’énergie.

Objets flottants ou microparticules immergées, ces déchets sont dispersés dans les eaux ; ils sont présents dans les fonds marins ; ils souillent des plages autrefois considérées comme paradisiaques. L’omniprésence des matières plastiques dans les océans est telle que plusieurs parlent maintenant de l’apparition de nouveaux « continents ».

Ici comme ailleurs, les solutions à la présence des déchets de plastique sont cependant bien connues : elles se trouvent dans la mer et sur la terre, dans l’action individuelle et collective. Elles interpellent chacun d’entre nous afin qu’il applique des mesures efficaces, durables et pourquoi pas novatrices. Par exemple :

Éviter le recours inutile aux plastiques, notamment ceux à usage unique, et réduire l’utilisation de ce matériau dans la vie quotidienne.

Prévenir et éviter la production de plastiques, en particulier ceux à usage unique. Plusieurs pays, notamment en Afrique, ont par exemple adopté des lois pour bannir la production et l’utilisation de sachets de plastique.

Éviter les déchets de plastique en s’assurant que les plastiques sont récupérés, réutilisés, recyclés et gérés selon leur cycle de vie.

Doter les collectivités, particulièrement celles des zones névralgiques et vulnérables, d’infrastructures destinées à la collecte et au traitement des matières plastiques.

Gérer les déchets de plastique de façon à ce qu’ils soient éliminés de manière non polluante.

Nettoyer périodiquement les plages et prévenir la perte ou l’abandon d’engins de pêche en milieu aquatique.

Impact sur les communautés

Continuer la lecture

Arrêté fixant le repos biologique pour les navires de pêche industrielle démersale-côtière et pélagique côtière en 2018

Photo : MarineTraffic.com

 

Arrêté fixant pour l’année 2018, du 01-10-2018 au 31-10-2018, la période de repos biologique pour les navires de pêche industrielle démersale-côtière et pélagique côtière, exerçant dans les eaux sous juridiction sénégalaise : Arrete du 27 sept 2018 fixant repos biologique pêche industrielle démersale-côtière et pélagique côtière pour 2018.PDF


Concertations nationales sur : Les rôles et responsabilités des organisations de pêche artisanale (OPA)

Photo : Aprapam

 

Pour consulter le rapport sur les concertations nationales portant sur les rôles et responsabilités des organisations de pêche artisanale (OPA) : Rapport concertations nationales sur les roles et responsabilités des organisations de pêche artisanale (OPA).PDF


La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

 

ATTEINDRE LES OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT DURABLE

 

 

 

Les sociétés humaines sont confrontées à un immense défi: assurer un approvisionnement en nourriture et des moyens d’existence à une population qui dépassera largement les neuf milliards au milieu du XXIe siècle, tout en faisant face aux incidences disproportionnées du changement climatique et de la dégradation de l’environnement sur la base de ressources. Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 (Programme 2030) et ses 17 objectifs de développement durable (ODD) offrent une approche unique, transformative et intégrée qui consiste à engager le monde sur la voie de la durabilité et de la résilience, sans qu’il y ait de laissés-pour-compte.

L’alimentation et l’agriculture sont essentielles à la réalisation de l’ensemble des ODD, et nombre d’entre eux intéressent directement la pêche et l’aquaculture, en particulier l’ODD 14 (Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable). En juin 2017, l’Organisation des Nations Unies (ONU), encouragée par l’intérêt grandissant du public et des responsables politiques, a tenu à New York la Conférence sur les océans, une manifestation de haut niveau destinée à appuyer la mise en œuvre de l’ODD 14. Peu après, Peter Thomson (Fidji) a été nommé Envoyé spécial pour les océans par le Secrétaire général de l’ONU et des communautés d’action en faveur des océans ont été créées. Ces communautés sont une initiative dont le but est de suivre la réalisation des 1 400 engagements volontaires enregistrés et annoncés à la Conférence sur les océans.

Dans La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture 2018, l’accent est mis sur la contribution critique de la pêche et de l’aquaculture à l’alimentation et à la nutrition et également à l’emploi, plusieurs millions de personnes, dont beaucoup peinent à maintenir leurs moyens d’existence à un niveau acceptable, étant tributaires de ce secteur. En 2016, la production totale du secteur a atteint un niveau record de 171 millions de tonnes – 88 pour cent de la production était destinée à la consommation humaine directe – grâce au niveau relativement stable de la production de la pêche de capture, à la réduction du gaspillage et à l’essor continu de l’aquaculture. Ce niveau de production exceptionnel s’est traduit par un niveau de consommation par habitant record (20,3 kg en 2016). Depuis 1961, la croissance annuelle mondiale de la consommation de poisson est le double de la croissance démographique, ce qui montre que le secteur de la pêche est déterminant dans la réalisation de l’objectif de la FAO – libérer le monde de la faim et de la malnutrition. La croissance annuelle du secteur aquacole est en baisse depuis quelques années, mais elle demeure importante dans certains pays, en particulier en Afrique et en Asie.

Le secteur contribue de plus en plus à la croissance économique et à la lutte contre la pauvreté.

Continuer la lecture

Surexploitation et changement climatique : au Sénégal, la pêche est en danger

Photo : Aprapam

 

Malmenée par la surpêche et les effets du changement climatique, la ressource halieutique traditionnellement foisonnante dans les eaux sénégalaises se tarit rapidement.

 

Voguant au gré des souvenirs de sa tendre enfance, Mamadou Sarr se souvient de la joie de voir son père rentrer avec une pirogue pleine. Comme « le gamin » dans les premières pages du roman d’Hemingway Le Vieil Homme et la Mer, il ne manquait pas d’aller à sa rencontre, l’aidait à porter ses affaires et le fruit de son labeur. Son père lui a appris à naviguer, à pêcher, et Mamadou aimait cela. Est venu le temps où, le dos courbé par la vie et la peau striée par le sel, son père lui a confié sa pirogue. Mamadou avait vingt ans. Il a repris fièrement le flambeau et s’est lancé seul, à son tour, au large de Ouakam, son quartier à Dakar.

« C’était un temps où l’on pêchait seulement pour subvenir à nos besoins et à ceux de la population sénégalaise, se souvient au téléphone Mamadou Sarr, du haut de ses 59 ans. Nous choisissions nos poissons en fonction des prix du marché et des envies des Sénégalais. Les autres restaient à la mer. La demande n’était pas assez grande pour menacer les ressources foisonnantes dont nous disposions à proximité directe de la côte. Les poissons étaient là en pagaille, de toutes les sortes, et nous vivions convenablement grâce à eux. »

Le Sénégal est ouvert sur l’océan et l’océan s’est montré généreux avec le Sénégal. Un phénomène océanique singulier est à l’œuvre sur les bords du pays de Senghor : l’upwelling se traduit par des remontées d’eau froide pleines d’éléments nutritifs qui favorisent l’explosion de la vie marin.

 

« C’est devenu une course déraisonnée à qui pêche le plus, massivement, sans concertation et sélectivité aucune »

La sécurité alimentaire de la population sénégalaise dépend largement des ressources halieutiques : près de 70 % des protéines animales consommées sont puisées en mer et le plat national, le thiéboudienne, est préparé avec du riz et du poisson. Tout un pan de l’économie du pays s’est développé autour de ce vivier. Le Sénégal est le deuxième pays producteur de poisson en Afrique de l’Ouest et dépasse désormais les 500.000 tonnes extraites par an, derrière le Nigéria. La pêche est la première branche exportatrice du pays. Plus de 600.000 emplois en dépendraient, soit 17 % de la population active.

Abondance de biens ne nuit pas, mais la ressource n’en est pas moins tarissable. À force de puiser dans les stocks de poissons sénégalais, la voracité des pêches industrielles et artisanales déséquilibre et épuise les écosystèmes qui faisaient le bonheur et la prospérité des pêcheurs artisanaux. La pêche s’est largement intensifiée depuis les années 1970. Plus de 20.000 pirogues et quelque 160 navires industriels se disputeraient, désormais, les 718 kilomètres de côtes du Sénégal, pour répondre à une demande mondialisée et soutenue. La cadence infernale des ballets incessants des navires ne permet pas aux stocks de poissons de se régénérer. Plus de 50 % des stocks suivis dans les eaux ouest-africaines seraient surexploités, ce qui constitue l’un des taux les plus élevés au monde. La rentabilité des pêcheries, insuffisamment compensée par la hausse des prix, diminue à mesure que l’effort de pêche et le nombre d’espèces ciblées augmente. À tel point que des pêcheurs, acculés, pensent à migrer vers l’Europe ou tentent des incursions en eaux étrangères, au péril de leur vie. En janvier 2018, un pêcheur saint-louisien a été abattu par des gardes-côtes mauritaniens.

« Le métier de pêcheur est plus difficile qu’hier, déplore Mamadou Sarr, devenu secrétaire général du comité local de pêche de Ouakam. Tu dois aller de plus en plus loin en mer pour avoir une chance de rapporter du poisson, partir plus longtemps et prendre plus de risques. C’est devenu une course déraisonnée à qui pêche le plus, massivement, sans concertation ni sélectivité. Nous, pêcheurs artisanaux, sommes les premiers responsables de ce chaos. Notamment avec la généralisation des pêches à la senne tournante. »

Patrice Brehmer, écologue marin de l’IRD (Institut de recherche pour le développement), abonde dans ce sens : « 80 % des captures sont le fait de pêcheurs artisans. Ce sont de grands professionnels, qui peuvent pêcher 20 tonnes de poissons avec une seule pirogue. Ils sont encouragés par des sociétés mixtes, avec des fonds étrangers. Elles implantent des usines de transformation en farine de poisson, financent les pirogues et les filets. Ces sociétés sont très pernicieuses et mettent en péril la sécurité alimentaire : ce sont autant de protéines animales enlevées aux citoyens sénégalais et qui s’envolent vers l’Asie ou l’Europe. »

 

Les eaux du Sénégal ont attiré pléiade d’activités et de pratiques illégales

Continuer la lecture

Le coût de la destruction des océans

 

Les eaux côtières de l’Afrique de l’Ouest sont parmi les quatre grands écosystèmes mondiaux d’upwelling, qui sont tous délimités par les frontières orientales des océans Pacifique et Atlantique. Ce phénomène océanographique entraîne les remontées des eaux froides vers la surface. Ces eaux riches en nutriments sont à la base d’une intense efflorescence et du développement de la biomasse dans la masse d’eau.

Avec une superficie totale de 1,5 million de km2 – répartie entre la Mauritanie (234 000 km2), la Gambie (10 500 km2), le Sénégal (180 895 km2), le Cabo Verde (734 265 km2), la Guinée-Bissau (105 000 km2) et la Sierra Leone (166 058 km2) – les eaux des États membres de la Commission Sous Régionale des Pêches (CSRP) font partie intégrante de la zone de pêche FAO 34 . En dépit de la faible proportion de la surface océanique mondiale couverte par ces zones, elles fournissent près d’un cinquième des captures marines de la planète. En Afrique de l’Ouest, la pêche contribue sensiblement à l’amélioration des indicateurs macroéconomiques et sociaux par la création d’emplois et sa contribution à la sécurité alimentaire. Elle génère des revenus pour les économies locales.

Cependant, la pression exercée par un nombre croissant de flottes de pêche africaines et étrangères a un effet néfaste sur ces eaux pleines de vie. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a émis des inquiétudes concernant les répercussions de l’épuisement des stocks, imputable à la surpêche, sur la sécurité alimentaire et l’économie de l’Afrique de l’Ouest. Une région où près de sept millions de personnes mènent des activités liées á la pêche, et plusieurs autres millions pour lesquels le poisson est la principale source de protéines animales. Selon les estimations, environ 300 000 emplois ont été perdus dans le secteur artisanal en raison de l’absence de politiques qui protègent à la fois la pêche et les moyens de subsistance.

La dégradation de l’environnement marin et côtier de l’Afrique de l’Ouest s’est accentuée ces dernières années en raison de l’effet combiné de la croissance démographique rapide, de l’urbanisation, des catastrophes naturelles et de la surpêche. La surpêche est exacerbée par la pêche Illicite, Non déclarée et Non réglementée (INN), qui a accéléré la perte de la biodiversité marine et côtière, détruit les habitats critiques et aggravé la pauvreté. Les coûts réels des activités de pêche INN sur les communautés côtières, les habitats marins et les économies locales sont très difficiles à chiffrer en raison des divergences entre les modèles mathématiques et les approches scientifiques utilisées pour une quantification basée sur des méthodes d’échantillonnage valides. Quoi qu’il en soit, il est communément admis que la surpêche a des répercussions négatives sur les communautés et l’environnement. Les études menées entre 2010 et 2016 estiment à environ 1,9 milliard d’Euros par an les pertes attribuables à la pêche INN en Mauritanie, au Sénégal, en Gambie, en Guinée-Bissau, en Guinée et en Sierra Leone. Les auteurs d’autres études ont aussi déclaré que seulement 11 millions d’Euros ont été récupérés grâce aux activités de suivi, de contrôle et de surveillance (SCS). L’Afrique de l’Ouest est l’une des régions, au monde, les plus touchées par la pêche INN. En 2014, l’Africa Progress Panel a estimé qu’un tiers ou la moitié du total des captures régionales étaient issues de la pêche INN. Selon les estimations, près de 40 % du poisson pêché dans les eaux de l’Afrique de l’Ouest sont illégaux et environ 54 % de ces stocks sont surexploités, ce qui traduit la gravité de la situation. Les informations disponibles indiquent que diverses ressources marines, à l’instar des espèces de poissons, des invertébrés et coquillages intertidaux, des mammifères marins et de certaines espèces de requins sont maintenant menacées dans cette région.

Les données relatives aux stocks de poissons et aux activités de pêche dans les eaux ouest-africaines ont malheureusement tendance à être rares. Les stocks ayant été exploités à leur maximum au cours des deux dernières décennies, il est impossible d’augmenter les captures et d’améliorer la croissance économique, du moins pas de manière durable. Par conséquent, toutes les activités futures de pêche se doivent d’être durables, socialement équitables et économiquement viables pour pouvoir contribuer au bien-être des populations dont les moyens d’existence et de subsistance de la mer.

Continuer la lecture

LA PRODUCTION DE FARINE DE POISSON : enjeux pour les communautés côtières ouest africaines

INTRODUCTION

Traditionnellement, l’Association Pour la Promotion et la Responsabilisation des Acteurs de la Pêche Artisanale Maritime organise chaque année depuis 2010 un forum sur une thématique d’actualité de la pêche en général et de la pêche artisanale en particulier.

Dans la plupart des forums de l’APRAPAM, la sardinelle a occupé une place de choix. Le septième forum de cette année portant sur le thème : « La production de farine de poisson ; Enjeux pour les Communautés Côtières Ouest-africaines » conforte les inquiétudes exprimées lors du cinquième forum tenu en 2015 portant sur le thème :  » Enjeux de l’exploitation et de la valorisation des ressources pélagiques et de la place de celles-ci dans la sécurité alimentaire : la parole aux professionnels » . Lors du 5ème forum en 2015, le rôle et l’importance des petits pélagiques dans la sécurité alimentaire et dans les emplois en pêche artisanale ont été analysés, ainsi que les conséquences d’une exploitation irresponsable, d’une valorisation incontrôlée des ressources pélagiques sur la durabilité de la pêche.

Deux ans après, le constat se traduit par une augmentation de l’implantation des usines presque toutes exclusivement tournées vers la production de farine de poisson aussi bien au Sénégal que dans les autres pays de la sous-région comme la Gambie et la Mauritanie, auxquelles s’ajoutent des unités informelles et artisanales s’adonnant à cette activité.

La conséquence de la prolifération incontrôlée de cette activité se traduit par des impacts néfastes sur la ressource, la sécurité alimentaire et les emplois, l’environnement et la santé publique des riverains de ces unités de production de farine de poisson. La matière première pour la farine est presque exclusivement constituée de sardinelle, espèce qui est aujourd’hui la principale source de protéines d’origine animale, d’emplois et de revenu des professionnels de la pêche artisanale et des populations de la sous-région.

Au demeurant, cette espèce constitue « un filet de stabilité sociale » dans les pays de cet espace géographique qui de plus, est une ressource partagée pour laquelle les modes d’exploitation et d’utilisation appellent à plus de discernement et de précaution nécessitant une harmonisation des mesures d‟exploitation et de gestion de la part des Etats.

Au niveau mondial, la farine de poisson est majoritairement produite dans les pays de la côte ouest d‟Amérique du Sud (Pérou, Chili), du Nord de l‟Europe (Danemark) que rejoignent aujourd’hui les pays d‟Asie comme le Vietnam et la Chine. De nos jours, ce pays est le plus gros importateur au monde, principalement à partir du Pérou, mais aussi des USA, du Chili, de la Mauritanie, de l‟Equateur, de la Russie et du Mexique.

Traditionnellement, on utilisait d‟une part des espèces pour lesquelles il y a peu de demande en consommation humaine directe (comme l’anchois au Pérou) et d’autre part, des excédents de captures, des rejets de pêche et des résidus de transformation.

Aujourd’hui, en raison d‟une demande accrue sur les principaux marchés internationaux, offrant des prix très rémunérateurs, les usines de farine de poisson se multiplient, y compris en Afrique de l’Ouest.

La farine de poisson est utilisée pour l’alimentation des animaux aussi bien terrestres (porcs, poulets…) que marins. La production mondiale est destinée pour 46% à l’aquaculture, 24% à l’alimentation des porcs, 22% aux ruminants, et le reste aux animaux domestiques et produits pharmaceutiques. La farine de poisson entre pour environ 68% dans la fabrication de l’aliment aquacole qui sert à l’alimentation des poissons d’aquaculture.

 

Photo : Aprapam

 

PROBLEMATIQUE DE LA PRODUCTION DE LA FARINE DE POISSON

Les dangers liés à l’implantation croissante d‟usines de production de farine de poisson en Afrique de l’Ouest incluent principalement :

 

Continuer la lecture

Poissons, l’élevage vide les océans

Les poissons d’élevage sont souvent nourris avec de la farine produite à base de poissons sauvages. Un processus qui vide les mers et qui désorganise toute une économie en Afrique.

 

Photo : Aprapam

 

L’aquaculture est en plein boom. La consommation de poissons d’élevage dépasse celle de poissons sauvages. La particularité de cette industrie est que les élevages sont nourris à base de poissons sauvages. Chaque année, 20 millions de poissons sauvages servent à nourrir d’autres poissons. La farine de poisson est vitale pour l’élevage, mais constitue une menace pour notre biodiversité marine.

De moins en moins de poissons

Les mers du Sénégal sont réputées pour faire partie des eaux les plus poissonneuses du monde. En quelques années, une dizaine d’usines de farine de poissons se sont installées sur les côtes sénégalaises. Dans cette usine, la plupart des farines vont partir vers le Japon. Installé depuis plus de 10 ans, ce producteur sénégalais a vu les concurrents chinois, russes ou encore marocains s’installer. « La pêche et la production ont beaucoup baissé, mais la demande est très forte. Le poisson se fait rare. Maintenant on va jusqu’en Casamance, en Gambie, à n’importe quel moment de l’année », déplore le propriétaire de l’usine.

 

Pour consulter la vidéo de France 2 sur la farine de poissons sauvages : Poissons : l’élevage vide les Océans

 

Source : France 2 France Télévisions.


Arrêté fixant le repos biologique pour la pêche industrielle démersale côtière en 2017

Photo : MarineTraffic.com

 

Arrêté fixant pour l’année 2017, du 01-10-2017 au 31-10-2017, la période de repos biologique pour les navires de pêche industrielle démersale-côtière, exerçant dans les eaux sous juridiction sénégalaise : ARRETE REPOS BIOLOGIQUE 2017.pdf

 


Immersion en terre inconnue : la mer profonde en Mauritanie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La biodiversité marine et côtière en Mauritanie est surtout connue pour le Parc National du Banc d’Arguin. Cependant, au large l’on trouve également des écosystèmes spectaculaires qui ne bénéficient d’aucune mesure de protection. Or, ils sont menacés par une exploitation à l’échelle industrielle qui risque de les rayer de la carte avant même que la science puisse recenser cette biodiversité. Ce film œuvre pour la protection des écosystèmes inconnus et une pêche durable.

Le scénario de ce film sur les écosystèmes marins inconnues en Mauritanie, est basé sur l’Atlas Maritime des Zones Vulnérables en Mauritanie, une publication de l’Institut Mauritanien de Recherche Océanographiques et des pêche (IMROP).

Pour voir ce film sur YouTube : IMMERSION EN TERRE INCONNUE : la mer profonde en Mauritanie

 

Sources : IMROP, Ministère de l’Environnement et du développement Durable de Mauritanie, Ministère des Pêches et de l’Economie Maritime de Mauritanie, Le Ministre du Pétrole de l’Energie et des Mines de Mauritanie, Programme Biodiversité Gaz et Pétrole, PNUD, GIZ, GEF, WWF, UICN, YouTube.

 

 

 

Le parc national du Banc d’Arguin, à cheval sur le désert du Sahara et l’océan Atlantique accueille une biodiversité d’une très grande richesse et figure au patrimoine mondial de l’Unesco. Le dessous des Cartes s’intéresse à l’avenir de ce parc.

Pour voir le film du « Dessous des Cartes » sur le banc d’Arguin : Parc national du Banc d’Arguin en Mauritanie

 

Sources : Le Dessous des Cartes (ARTE), YouTube.

 

La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

 

CONTRIBUER À LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ET À LA NUTRITION DE TOUS

 

 

La pêche et l’aquaculture demeurent, pour des centaines de millions de personnes à travers le monde, une ressource de première importance, qu’il s’agisse de l’alimentation, de la nutrition, des revenus ou des moyens d’existence. En 2014, l’offre mondiale de poisson a atteint le chiffre record de 20 kg par habitant, à la faveur de la forte croissance de l’aquaculture, qui fournit désormais la moitié du poisson destiné à la consommation humaine, et d’une légère amélioration de l’état de certains stocks de poissons due à une meilleure gestion des pêches. En outre, le poisson continue d’être l’un des produits alimentaires de base les plus échangés dans le monde, et plus de la moitié des exportations en valeur proviennent de pays en développement. Les rapports récents établis par des experts de haut niveau, des organisations internationales, des entreprises du secteur et des représentants de la société civile soulignent tous la contribution considérable que peuvent, et surtout que pourront dans l’avenir, apporter les océans et les eaux intérieures à la sécurité alimentaire et à la nutrition d’une population mondiale qui devrait atteindre 9,7 milliards de personnes en 2050.

C’est dans ce contexte, et avec cette forte attente en toile de fond, que paraît l’édition 2016 du rapport sur La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture. La fonction principale de ce rapport, qui est de fournir une analyse éclairée, équilibrée et complète des données mondiales sur la pêche et l’aquaculture et des questions connexes, se trouve renforcée par plusieurs grandes manifestations internationales organisées récemment.

 

Pour consulter le rapport de la FAO sur la situation mondiale des pêche et de l’aquaculture au format pdf : Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture – FAO – 2016.PDF

 

 

Guide pour la mise en œuvre du cadre politique et de la stratégie de réforme de la pêche et de l’aquaculture en Afrique

COMMISSION DE L’UNION AFRICAINE

 

Union Africaine

Les dispositions du Cadre Politique et de la Stratégie de Réforme du secteur de la pêche et de l’aquaculture en Afrique (CPSR) incorporent les meilleures pratiques en matière de gestion  durable de la pêche et du développement de l’aquaculture responsable qui ont été définies comme des mesures prioritaires au cours des processus de consultation des parties prenantes. La mise en œuvre rationnelle du CPSR implique l’identification de stratégies appropriées conviviales qui faciliteraient l’alignement des politiques nationales et régionales des pêcheries et de l’aquaculture à ces dispositions du CPSR.

Le Guide a été développé à travers des processus de consultation impliquant les parties prenantes incluant les États Membres de l’Union Africaine (EM UA), Communautés Économiques Régionales (CER), les institutions régionales spécialisées dans la pêche et aquaculture, Acteurs Non-Étatiques, comme membres des Groupe de Travail du MARP, les partenaires de développement, experts individuels et les institutions clés. Dans la formulation de ces directives, des réunions consultatives d’experts ont été organisées à Kampala, en Ouganda ; Nairobi au Kenya qui ont abouti  à une réunion de réflexion et de consultation plus large à Abidjan, Côte d’Ivoire qui a validé l’opérationnalisation du contenu du CPSR.

 

Les objectifs spécifiques de ce guide consistent donc à faciliter :

  • L’alignement des politiques nationales et régionales au CPSR ;
  • Le suivi du niveau de mise en œuvre du CPSR ;
  • La mesure des impacts à moyen et à long terme du CPSR et d’autres instruments internationaux  sur la gestion efficace du secteur des pêches et de l’aquaculture ;
  • Fournir des orientations pour la mise en œuvre stratégique du CPSR au niveau national et régional.

 

Pour consulter ce guide de l’Union Africaine de mise en œuvre du cadre politique et de la stratégie de réforme de la pêche et de l’aquaculture : Guide mise en oeuvre stratégie réforme pêche en Afrique.PDF

 

 

 

Rapport d’évaluation des Conseils Locaux de Pêche Artisanale (CLPA)

REPUBLIQUE DU SENEGAL

un Peuple – un But – une Foi

 

MINISTERE DE L’ECONOMIE MARITIME

DIRECTION DES PECHES MARITIMES CELLULE OPERATIONNELLE DE MISE EN ŒUVRE

PROJET REGIONAL DES PECHES EN AFRIQUE DE L’OUEST (PRAO)

Le Gouvernement du Sénégal a obtenu, par l’intermédiaire de la Banque Mondiale, un financement de l’Agence pour le Développement International (IDA), au titre de sa participation à la réalisation du Projet Régional des Pêches en Afrique de l’Ouest (PRAO) dont l’objectif est l’accroissement durable de la richesse générée par l’exploitation des ressources halieutiques en Afrique de l’Ouest, et le renforcement de la part de cette richesse captée par les pays et les opérateurs de la Sous Région.

Suite à un constat général de la situation désastreuse des pêcheries mondiales, la convention des nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) a été adoptée en 1982. Les Etats côtiers exercent leur souveraineté sur la ZEE et ils sont tenus de prendre en charge les besoins économiques des collectivités côtières vivant de la pêche. Cette convention a été ratifiée par le Sénégal le 25 octobre 1984, donc l’Etat reste soumis aux droits et obligations qui y sont contenus.

De cette convention, vient s’ajouter le code de conduite pour une pêche responsable de la FAO de 1995 qui, dans ses dispositions générales, demande aux Etats membres de prendre en considération les communautés traditionnelles dans l’aménagement des pêcheries.

Pour être en phase avec les institutions internationales, le Sénégal a adopté une approche participative impliquant tous les acteurs pour une gestion durable des ressources halieutiques. Ainsi, les outils juridiques accompagnant ce processus ont pris en charge cette disposition. La loi 98 – 32 du 14 avril 1998 portant code de la pêche stipule dans son titre II relatif à la gestion et à l’aménagement des pêches notamment en son article 12 « des conseils locaux des pêches artisanales peuvent être institués dans les régions . Les conditions de leur création, composition, attributions et mode de fonctionnement seront définies par voie réglementaire ». Le décret 98 – 498 du 10 juin 1998 portant application de la loi sus citée précise en ses articles 7, 8,9 et 10 la répartition et la composition des membres.

C’est dans ce cadre que le Sénégal, dans le but d’inverser les tendances encore lourdes de son système de gestion des pêcheries et du développement de son économie halieutique, a opté, entre autres outils d’aménagement, pour la mise en œuvre d’une approche de cogestion des pêcheries artisanales. Le succès, l’extension et la pérennisation de l’approche de cogestion dépendent essentiellement de la fonctionnalité des cadres de concertation mis en place pour assurer l’implication et la participation effective des communautés de base dans les décisions de gestion et d’aménagement.

Outre les Comités Locaux de Pêcheurs (CLP) mis en place par les communautés à l’échelle des sites pilotes, le principal organe créé pour la gouvernance locale du sous secteur de la pêche artisanale est le Conseil Local de Pêche Artisanale (CLPA).

Depuis 2006, le Ministère de l’Economie Maritime (MEM) s’active dans la mise en place des CLPA qui ont pour principal rôle de mettre en œuvre des mesures de gestion dans leur localité. Avec l’appui de ses partenaires au développement, vingt deux (22) CLPA ont pu être installés et constituent pour le MEM la porte d’entrée de toutes les initiatives locales de gestion des ressources. C’est ainsi que les initiatives de cogestion locales proposées par les Comités Locaux de Pêcheurs des sites de cogestion, sont préalablement validées par leur CLPA de ressort avant soumission aux instances supérieures d’approbation et à la signature d’accord de cogestion. De plus, la consolidation des plans locaux de gestion de plusieurs sites  de cogestion voisins est une mission essentielle du CLPA, dans le sens d’une mise en cohérence des mesures de gestion du niveau local avec les plans d’aménagements nationaux des pêcheries.

Aujourd’hui, force est de constater que la plupart de ces CLPA ne fonctionnent pas malgré leurs pouvoirs statutaires et leurs plans d’actions définis lors de leur mise en place et approuvés par le MEM. Cette situation peut compromettre la réalisation des activités, notamment celles en rapport avec la validation des initiatives locales de cogestion ou la préparation de plans consolidés de gestion de pêcheries artisanales des programmes GIRMaC / GDRH, COGEPAS, WULA NAFAA et PRAO.

Pour faire face à ces contraintes qui entravent la gestion participative des ressources halieutiques au niveau local, la Division Pêche Artisanale (DPA) de la Direction des Pêches Maritimes (DPM) a conduit une mission d’évaluation des vingt deux (22) CLPA déjà mis en place dans la zone côtière du Sénégal, dans le cadre du PRAO- Sénégal dont l’un des objectifs est le renforcement des capacités nationales dans les domaines clés de la gouvernance des pêches à travers la composante « Bonne gouvernance et gestion durable des pêcheries » qui vise à appuyer la mise en place de politique d’aménagement des pêcheries.

 

Pour consulter le rapport d’évaluation des CLPA : Evaluation CLPA doc final.pdf

 

 

Journée Mondiale de l’Océan – 08 Juin 2017

Nos Océans, notre avenir

Photo : Aprapam

 

Introduction

 

L’idée d’une Journée mondiale de l’océan a été lancée à l’occasion du Sommet de la Terre tenu à Rio de Janeiro (Brésil) en 1992. Le but de cette journée est de célébrer l’océan, patrimoine que nous partageons tous, et de mettre en avant les relations particulières que chacun d’entre nous entretient avec la mer. La Journée vise à sensibiliser le grand public au rôle crucial joué par les océans et aux différents moyens existants pour les protéger.

 

Compréhension de la thématique et approche conceptuelle de l’APRAPAM

L’Association pour la Promotion et la Responsabilisation des Acteurs de la Pêche Artisanale Maritime (APRAPAM), conformément à ses actes constitutifs (Charte et Statuts), se donne comme mission :

a) D’unir les membres animés d’un même idéal lié à une pêche artisanale raisonnée et durable et de créer entre eux des liens d’entente et de solidarité, suivant en cela le Code de Conduite Pour une Pêche Responsable et Durable (CCPR) de la FAO ;

b) D’aider les opérateurs de la pêche artisanale à améliorer leurs conditions de vie en rapport avec les Objectifs de Développement Durable à l’horizon 2030 des Nations Unies et les Directives Volontaires visant à assurer une Pêche Artisanale Durable de la FAO ;

c) De développer chez les acteurs de la pêche artisanale le réflexe et les aptitudes de protection et préservation de l’environnement en général, marin côtier en particulier, la gestion durable des ressources halieutiques et aquacoles notamment dans les domaines de :

  • La protection de l’environnement marin contre toute forme de dégradation, notamment tous les types de pollution
  • La cogestion des ressources halieutiques et aquacoles ;
  • La pêche responsable et la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non règlementée ;
  • Le repos biologique ;
  • La création d’Aires Marines Protégées (AMP) et d’Aires Marines Communautaires (AMC), des zones protégées (ZP), de Récifs Artificiels.

Le thème dédié cette année à cet évènement : « Nos Océans, notre avenir » ne souffre d’aucune ambigüité. Il traduit toute la pertinence du rôle éminent que jouent les océans dans la régulation du climat en réduisant les impacts négatifs de l’élévation de la température résultant de l’émission des gaz à effet de serre accentuée par les activités anthropiques induites par des besoins économiques. L’expansion de l’industrie utilisant de manière inconsidérée et incontrôlée les sources d’énergie fossile qui accentue le phénomène récurrent des Changements climatiques, impacte négativement tous les domaines d’activités de l’Homme et corrélativement les conditions d’existence de toute l’humanité.

Par conséquent, la préservation de la santé de nos océans pour leur permettre de jouer pleinement et efficacement leur rôle de thermostat naturel est un devoir civique individuel et collectif qui nous interpelle pour assurer à l’humanité des conditions optimales d’existence durable pour l’avenir.

 

L’importance de la place de l’océan dans la vie et le devenir de la planète terre

• Pourquoi l’océan est-il important pour l’humanité ?

Il n’y a qu’un seul Océan Mondial, qui couvre 72 % de la surface de la Terre et qui est essentiel à l’humanité. Chaque être humain dépend de la mer, même s’il vit loin à l’intérieur des terres. L’océan joue un rôle dans l’équilibre social, économique et environnemental de tous les pays du monde :

L’océan fournit les 50% de l’oxygène respiré par les humains et absorbe les 30% de CO2 produit par les activités humaines et joue le rôle de poumons de la planète ;

  • Il est le principal régulateur de l’état de l’atmosphère et du climat ;
  • Il joue un rôle fondamental dans le cycle de l’eau sur la terre ;
  • Il joue un rôle important dans la sécurité alimentaire mondiale et est la première ressource de protéines animales avec près de 120 millions de tonne/an dont dépendent 2,5milliards d’individus et emploie près de 200 millions d’acteurs dont quelques 140 millions de personnes dans les domaines de la pêche et de l’aquaculture ;
  • Plus de 50 % de la population mondiale vit sur les côtes ; ce chiffre s’élèvera à 75 % d’ici à 2025.
  • Il participe pour (3000 milliards de$) 5% du PIB mondial ;
  • Il assure à près de 90% le transport mondial des marchandises ;
  • Il participe de manière significative au développement des activités touristiques de beaucoup de pays côtiers et insulaires.

La pollution (organique, plastique, hydrocarbure, métaux lourds, etc.) ; l’océan est agressé par les activités humaines de développement socio- économique

L’impact négatif de l’action de l’homme sur l’océan est prouvé par des observations scientifiques bien établies qui montrent que l’océan se vide de sa biomasse, se réchauffe et s’acidifie, ce qui fait subir d’énormes pressions à la vie marine.

Près de 40 % des océans sont considérés comme « lourdement affectés » par les activités humaines de développement socioéconomique dont :

  • La pollution (organique, plastique, hydrocarbure, métaux lourds, etc.) ;
  • La diminution du contenu en oxygène (désoxygénation) des eaux marines et côtières les eaux plus chaudes contiennent moins d’oxygène et l’augmentation de la stratification en surface réduit la ventilation et donc l’oxygénation de l’intérieur des océans et des estuaires) et d’autre part l’eutrophisation (enrichissement des eaux en nutriments) des zones côtières, due à l’intensification des activités humaines (e.g. agriculture, urbanisation, industrialisation).
  • La diminution des stocks de poisson (surexploitation, les mauvaises pratiques de pêche et la pêche illicite, non réglementée et non déclarée (INN)) ;
  • L’acidification des eaux par le CO2 absorbé (dommage sur la calcification des coraux et espèces à coquille) ;
  • Le réchauffement des eaux (perturbation des écosystèmes);
  • La destruction d’habitats côtiers tels que les récifs de coraux, les mangroves et les algues marines, ainsi que l’implantation d’espèces aquatiques envahissantes.

 

L’océan doit être conservé et exploité de manière durable

Malgré la situation lourdement affectée de l’océan, les données scientifiques actuelles montrent que l’océan est capable de se régénérer ; et la communauté internationale vient de se mettre d’accord sur les moyens pour y arriver. Mais il ne peut se réaliser qu’en adoptant sans tarder des mesures audacieuses, étayées par la solidarité entre les États, les citoyens et les entreprises (Objectif de Développement Durable- ODD 14 : Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources aux fins de développement durable).

L’Objectif de Développement Durable 14 : Conserver et L’exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources aux fins de développement durable a été adopté par les dirigeants de la communauté internationale en septembre 2015 dans le cadre du développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies. Il offre un cadre pour gérer durablement les écosystèmes marins et côtiers et les protéger :

  • Prévenir et réduire nettement la pollution marine ;
  • Prendre des mesures en faveur de la restauration de l’océan pour rétablir sa santé et sa productivité ;
  • Réduire au maximum l’acidification de l’océan et lutter contre ses effets ; Réglementer efficacement la pêche, l’objectif étant de rétablir les stocks de poissons, interdire les subventions à la pêche qui contribuent à la surcapacité et à la surpêche ;
  • Faire mieux bénéficier les petits États insulaires en développement et les pays les moins avancés des retombées économiques de l’exploitation durable des ressources marines ;
  • Améliorer la santé de l’océan et renforcer la contribution de la biodiversité marine au développement des pays en développement, en particulier des petits États insulaires en développement et des pays les moins avancés ;
  • Améliorer la conservation de l’océan, de ses ressources et les exploiter de manière plus durable.

Pour obtenir de bons résultats à ces objectifs, il faudra des changements dans le comportement des entreprises, des gouvernements et des particuliers, mettre l’accent sur de meilleures pratiques sur notre océan et des efforts d’innovation dans le monde entier pour faire face à ces problèmes.

Au Sommet international d’action pour les océans des mesures ont été convenues pour répondre aux enjeux et menaces qui pèsent sur la santé des océans et la sécurité alimentaire mondiale. Elles sont situées au cœur de l’amélioration de la gouvernance des océans, du financement durable, de la création de partenariats pour l’action et du partage des connaissances. Dans cette optique, le Sommet a mis l’accent sur la conservation et la gestion durable des ressources halieutiques, contribuant ainsi à la prospérité sociale, économique et environnementale de la population mondiale.

La pêche durable : Nos pêches sont menacées par la pêche non durable. Le manque de données scientifiques, la mauvaise gestion, et la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) à réduisent à long terme le potentiel de la pêche à fournir de la nourriture et des emplois.

En l’occurrence :

  • les gestionnaires des pêches doivent prendre des mesures appropriées pour réduire, et finalement éradiquer la surpêche et atténuer ses impacts négatifs sur l’environnement marin plus large. Certaines options comprennent : la définition des règles de la pêche sur la base des données scientifiques solides, le suivi et le contrôle des activités de pêche, appliquer des sanctions significatives aux contrevenants, et le renforcement des capacités pour les pays en développement à respecter leurs engagements.
  • Les gouvernements doivent également examiner les moyens de lutter contre la pêche INN, qui coûte des milliards de de dollars chaque année à l’économie mondiale.
  • L’un des moyens les plus efficaces et rentables de le faire est en se joignant à la mise en œuvre et de l’Accord de la FAO sur les mesures l’État du port visant à prévenir, à contrecarrer et à éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.

Pollution marine :

  • En premier lieu pour les débris marins, ceux-ci comprennent l’amélioration de la gestion et le recyclage des déchets, ainsi que la réduction des emballages et de trouver de nouveaux matériaux biodégradables et recyclables ;
  • Pour la pollution par les nutriments ceux-ci comprennent l’utilisation plus efficace des engrais, l’amélioration de la gestion des eaux usées, et des techniques pour minimiser le ruissellement des nutriments.

 

Interventions de l’APRAPAM

L’APRAPAM à très tôt prise conscience de l’importance du rôle de l’environnement en général et des océans en particulier dans l’existence de l’humanité, parce que évoluant dans un secteur qui en dépend. Aussi, soucieuses des conséquences de l’agression que subissent les océans quià terme sont néfastes pour l’homme, l’APRAPAM dans le cadre de la célébration de la journée Mondiale de l’Environnement procède en collaboration avec ses partenaires des activités d’information et de sensibilisation sur l’importance pour l’homme de vivre dans un environnement sain, et qui requiert de la part de tous une attention particulière pour sa protection en vue de sa préservation pour les générations actuelles et celles du futur.

Dans cette optique, l’Association, en collaboration avec quelques partenaires nationaux : Pirogue Bleu SARL, l’Aire Marine Protégée de Joal-Fadhiout, et le Centre de Formation David Boilat de Mbour à travers la participation du Gouvernement des élèves de cet établissement, célèbre depuis Deux mil quinze, (2015) la Journée Mondiale de l’Océan.

Le choix d’impliquer les jeunes dans ces actions de préservation de l’environnement revêt pour l’Association tout un symbole. Ce symbole est reflété cette année par le thème dédié à l’évènement » Nos Océans, Notre Avenir ». En effet, les jeunes d’aujourd’hui, sont les acteurs de demain. Demain, c’est déjà aujourd’hui ! Conscientiser les jeunes à la préservation de l’environnement en général et des océans et mers en particulier est un gage de l’amélioration de leur santé et corrélativement leur permettre de jouer pleinement leur rôle de régulation du climat, de l’équilibre des écosystèmes marins et terrestres, in fine, perpétuer l’humanité dans de de bonnes conditions d’existence.

De même, le choix d’intervenir dans l’Aires Marine Protégée n’est pas fortuit car elles sont dans les écosystèmes côtiers un élément fondamental. Un océan a besoin des refuges pour les poissons, les baleines, les dauphins, les coraux et d’autres trésors de la mer. Les aires marines protégées (AMP) fournissent la vie des océans et de leurs habitats refuge contre les impacts humains et permettent également des ressources marines décimées de se rétablir. Effectivement gérés les AMP soutiennent l’économie bleue en aidant à maintenir les stocks de poissons et le renforcement du tourisme.

Au-delà de cette activité annuelle des actions locales de protection, de conservation et d’exploitation durable de l’océan et des ressources marines sont proposées par APRAPAM aux acteurs du secteur de la pêche en général et du sou–secteur artisanal en particulier :

  • Assainir et rendre propres les plages ;
  • Nettoyer et assainir les fonds marins ;
  • Aménager des zones de pêche protégée ;
  • Restaurer les habitats et les écosystèmes dégradés ;
  • Protéger et conserver les zones de mangroves : participation active des élèves ;
  • Mettre en adéquation l’effort de pêche et le potentiel de ressources disponibles ;
  • Développer un système de surveillance participative efficace ;
  • Améliorer les infrastructures de débarquement et de manutention du poisson ;
  • Améliorer le système de transport, de distribution et de commercialisation des produits.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : Aprapam


Promoteurs de cette initiative

 

Association pour la Promotion et la Responsabilisation des Acteurs de la Pêche Artisanale Maritime

Association pour la Promotion et la Responsabilisation des Acteurs de la Pêche Artisanale Maritime

Jënëllëk : du poisson encore pour demain

Jënëllëk : du poisson encore pour demain

 

Logo david Boilat

Centre de Formation Pédagogique Abbé David Boilat

 

La Pirogue Bleue

La Pirogue Bleue - Produits de la mer

 

 

La Mangrove : un écosystème très riche

La mangrove est un milieu riche en nutriments minéraux et organiques issus d’une matière organique en décomposition particulièrement abondante. Celle-ci, constituée essentiellement de feuilles de palétuviers, alimente une flore bactérienne et fongique considérable à la base d’une vaste chaîne alimentaire. La mangrove est l’un des milieux les plus riches de la planète.

Ainsi, les eaux des mangroves abritent une grande diversité d’organismes : plancton, algues, mollusques (huîtres, arches, moules), crustacés (crabes, crevettes) et poissons (plus de 100 espèces : mulets, Tilapias…).

Un poisson typique des mangroves, le périophtalme, a développé des nageoires lui permettant de sortir de l’eau et de se déplacer. Il peut vivre durant de longues périodes hors de l’eau.

Le crabe violoniste, qui tient son nom de sa pince gauche proéminente, creuse des terriers dans la vase : il joue ainsi un rôle très important pour l’aération des sols de la mangrove.

De nombreuses espèces d’oiseaux viennent s’y nourrir ou se reproduire. A marée basse, ils se nourrissent de crabes, de coquillages et de vers dans les vasières. A marée haute, les oiseaux se reposent sur les palétuviers ou sur les tannes. Ainsi, les mangroves du Sénégal sont des zones humides vitales dont dépend la migration des oiseaux.1Certains mammifères se retrouvent dans l’estuaire : le Chacal, le Singe vert, la Mangouste. Les reptiles sont représentés par le Varan du Nil.

La Mangrove utile à l’homme

Une source de richesse pour la pêche côtière

Les mangroves constituent un milieu abrité favorable à la reproduction de nombreuses espèces de poissons et à la croissance des jeunes poissons jusqu’à l’âge adulte où ils pourront être pêchés. Par conséquent, elles favorisent le développement de différents types de pêcheries : artisanales, commerciale, récréative. Crabes, crevettes, mollusques, huîtres et d’autres espèces marines y sont aussi récoltés.

Des ressources pour la vie quotidienne

Partout dans le monde, les mangroves ont été exploités pour leur bois pour fabriquer du charbon ou de la pâte à papier, pour en extraire le tannin, pour la construction de charpentes de maisons, de bateaux, de clôtures…Le bois de mangrove est apprécié pour sa résistance à la pourriture et aux dégradations. Certains bois ont aussi une grande valeur calorifique ce qui justifie leur utilisation comme charbon ou bois de chauffe pour la cuisine ou fumer le poisson, les huître…

La médecine traditionnelle fait appel à la mangrove : racines, feuilles, bourgeons, écorces ont des vertus guérisseuses et sont encore très utilisées. Les arbres de la mangrove, gorgée de pollen, permettent aux villageois de récolter du miel.

Des bénéfices environnementaux

  • Une barrière naturelle contre la houle et les tempêtes

Grâce à sa capacité à briser la force des vagues, la mangrove protège des vies humaines et les constructions littorales et les écosystèmes côtiers.

  • Un filtre naturel contre les pollutions

Les différents systèmes racinaires des palétuviers contribuent à la filtration et à la rétention des polluants (métaux lourds et autres toxiques) contenus dans l’eau, de même qu’à la rétention des nutriments et des matières en suspension. Les mangroves assurent ainsi le maintien d’une bonne qualité de l’eau.

  • Une zone de piégeage des gaz à effet de serre

Les forêts, en captant le gaz carbonique de l’air, jouent un rôle primordial dans la régulation des gaz à effet de serre. La mangrove, constituée de 90 % de carbone est un formidable piège à CO2, et grâce au milieu aquatique qui la caractérise, elle ne prend jamais feu.

  • Un site attractif pour le tourisme

Les mangroves, par leur grande biodiversité, attirent de plus en plus de touristes : cet écosystème procure une expérience éducative originale de par les espèces végétales et animales peu communes qui peuvent y être observées.

 

Propagule de Rhizophora


Le palétuvier

Dans les conditions particulières contraignantes de la mangrove, la diversité végétales est faible. Au Sénégal, seules 6 espèces de palétuviers ont réussi à s’adapter à cet environnement, dont 3 espèces dominantes :

  • Rhizophora mangle (le mangle rouge)
  • Rhizophora racemosa (le palétuvier rouge)
  • Avicennia africana

Les palétuviers du genre Rhizophora poussent à l’interface entre le milieu terrestre et le milieu marin, les pieds dans l’eau à marée haute. Ils possèdent des racines échasses (appelées rhizophores) : celles-ci permettent non seulement un bon ancrage dans des substrats meubles comme les fonds vaseux, mais donnent aussi au végétal une certaine souplesses qui lui permet de résister au mouvement de flux et reflux des marées. En outre, les Rhizophoracées ont un mode de germination particulier : la graine germe et l’embryon se développe sur l’arbre même. Ce n’est donc pas une graine qui tombe de l’arbre mais une plantule, appelée propagule, suffisamment développée pour qu’en tombant au sol elle s’y enracine aussitôt. Si elle tombe dans l’eau, la plantule flotte jusqu’à ce qu’elle soit suffisamment lourde pour tomber au fond et s’y enraciner.

Les palétuviers du genre Avicennia se développent plutôt dans les zones marécageuses, derrière les Rhizophoracées, à l’intérieur de la mangrove. C’est un réseau très dense de racines superficielles horizontales qui leur permet de trouver un ancrage stable dans ce substrat très meuble. Ces palétuviers comportent par ailleurs des racines aériennes (appelées pneumatophores) qui leur permettent des « respirer » malgré une immersion prolongée ; En effet, ces racines comportent de petites lenticelles au travers desquelles l’air peut passer. Les Avicenniacées régulent la salinité de leur milieu par excrétion directe du sel via leurs feuilles ou par dilution de leur sève.

 

 

 

(Source : Sentier écologique de la Réserve Naturelle d’Intérêt Communautaire de la Somone)

 

 

 

 

 

Journée du 08 Juin 2017 en images

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Continuer la lecture

Face au changement climatique, l’ONU veut inciter à la création d’aires marines protégées

AMP Joal-FadiouthSource : Aprapam – Aire marine Protégée de Joal – Fadiouth

 

Une synthèse d’études scientifiques montre que ces aires protégées « peuvent contribuer à l’atténuation des bouleversements en cours »

Du 5 au 9 juin, l’Organisation des Nations unies (ONU) invite pour la première fois ses parties prenantes à une grande conférence entièrement consacrée à l’océan, dont la « santé » inquiète. L’immense écosystème est désormais érigé en un objectif de développement durable à part entière, l’ODD 14, dont l’ambition affichée est de prendre des mesures capables de préserver 10 % des océans d’ici à 2020, au lieu de moins de 4 % actuellement. Il est donc probable que des Etats seront incités à annoncer la création de nouvelles aires marines protégées (AMP) dans l’enceinte onusienne cette semaine.

 

Le public peut aisément se figurer l’importance de ces réserves naturelles dans le maintien de la biodiversité marine, mais c’est une autre dimension qu’ont voulu éclairer les scientifiques de renom qui publient, le 5 juin, une synthèse d’études scientifiques dans la revue scientifique PNAS, qui publie les comptes rendus de l’Académie américaine des sciences. Ils se sont demandé quel rôle pouvaient jouer les AMP face aux effets du changement climatique, face à l’élévation des températures et à l’acidification de l’eau. Et dans quelles mesures elles peuvent aider les populations à s’adapter et contribuer à atténuer les effets du bouleversement en cours.

Sous la direction de Callum M. Roberts, de l’Université de York, douze chercheurs ont réuni leurs connaissances sur ce thème à partir de 140 recherches antérieures. Dans cette équipe figurait notamment l’ancienne directrice de l’Administration océanique et atmosphérique américaine (NOAA), Jane Lubchenco (université d’Etat de l’Oregon), et le célèbre halieute Daniel Pauly (Université de Colombie-Britannique, au Canada).

Atténuer les bouleversements en cours

Ils ont identifié cinq impacts majeurs du changement climatique sur l’océan : l’acidification du milieu, l’augmentation du niveau des mers, l’intensification des tempêtes qui frappent les rivages, une nouvelle distribution des espèces autour du globe, la baisse de leur abondance et de la disponibilité en d’oxygène.

« Si l’on aborde ensemble tous les processus que nous avons analysés (ressources marines, maintien des habitats et des sédiments…), on en conclut que les AMP peuvent effectivement contribuer à l’atténuation des bouleversements en cours », assure l’un des auteurs, Philippe Cury, de l’Institut de Recherche pour le Développement.

« Par exemple, maintenir une abondance de poissons n’a pas seulement des conséquences pour l’alimentation humaine, il est aussi essentiel que ces millions de tonnes de biomasse puissent continuer à capter beaucoup de carbone », explique-t-il.

Les poissons de la zone mésopélagique (entre 200 mètres et 1 000 mètres) sont les vertébrés les plus abondants du globe. Ils jouent un rôle important dans le cycle du carbone organique par leurs va- et-vient quotidiens entre la surface de l’océan et les grandes profondeurs, constituant ainsi une sorte de « pompe alcaline » et contribuent à la suppression nette du CO2 à la surface.

Par ailleurs, lorsque la pêche excessive entraîne un déclin des grands prédateurs, comme les requins et les thons, les poissons herbivores vont proliférer, détruire les herbiers et favoriser l’émission du carbone qu’ils maintenaient dans le sol.

« Quand on casse une échelle trophique [qui concerne la chaîne alimentaire], on favorise l’émission de carbone, résume Philippe Cury. On le voit dans les zones anoxiques, ces zones mortes privées d’oxygène, qui se multiplient dans le monde. La destruction de l’écosystème, de l’habitat en particulier, libère le carbone jusqu’à présent stocké dans les sédiments. »

Maintenir les barrières naturelles

Les auteurs de l’étude insistent d’ailleurs sur l’importance des zones côtières composées de mangroves, vasières, marécages, marais salants qui abritent des végétations marines dotées de fortes capacités de photosynthèse, ce qui produit localement des réductions de concentrations de CO2.

Or, ces écosystèmes sont parmi les plus fortement menacés : ils reculent rapidement devant le bétonnage des côtes et le développement de l’aquaculture industrielle dans certaines régions du monde.

Les barrières naturelles – les récifs constitués de corail, de mollusques, de certaines algues calcaires, ainsi que des mangroves et des zones de marais – amortissent aussi la violence des cyclones et des tsunamis, ainsi que les effets de la montée du niveau des mers. Les humains ont pu en prendre la mesure à leurs dépens lors d’épisodes météorologiques dramatiquement destructeurs.

Les AMP, pour peu qu’elles soient de taille conséquente – les auteurs de l’étude ont retenu au moins 100 km2 – et qu’elles soient effectivement surveillées, peuvent épargner les atteintes les plus destructrices aux écosystèmes marins (pêche à l’explosif, au chalut qui racle les fonds et perturbe les sédiments, extractions minières, bétonnage).

Elles constituent alors des refuges appréciables pour les espèces très menacées, une sorte de havre dans la grande redistribution des espèces qui est en train de se produire. Certaines sont en effet contraintes de migrer sous l’effet du réchauffement du milieu et de la réduction de la production de plancton.

Les réserves naturelles pourraient aussi devenir le dernier recours contre l’extinction d’espèces non mobiles, comme les coraux. Des études ont montré que ceux-ci avaient pu se rétablir mieux qu’ailleurs d’épisodes de blanchissement dans certaines aires protégées. Mais pas partout.

L’une d’elles, récente, rapporte que des chercheurs australiens ont découvert des traces de médicaments et de pesticides dans le sang des tortues vertes de la Grande Barrière de corail, autour d’îles pourtant très éloignées des côtes du Queensland. Contre ces pollutions-là, les AMP paraissent bien démunies.

 


Sources : Le Monde.fr / Martine Valo / le 05-06-2017

 

Pêche : Oumar Guèye annonce la construction de 19 unités de transformation

Saint-Louis, 30 mai (APS) – Le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Guèye, a annoncé mardi la construction prochaine de 19 unités de transformation et de conservation des produits de la pêche, dans plusieurs localités du pays.

Ces infrastructures vont coûter 10 milliards de francs CFA, un financement qui est déjà « bouclé », selon M. Guèye, qui s’exprimait en marge de la signature d’un accord en vue de l’exploitation du complexe de transformation et de valorisation des produits halieutiques inauguré le 5 mars dernier à Gokhou Mbathie, à Saint-Louis (nord).

L’accord a été signé par le ministre de la Pêche et le maire de Saint-Louis, Mansour Faye, en présence du gouverneur de la région, Alioune Aïdara Niang, de la présidente des femmes transformatrices, Gnagna Seck et d’autres acteurs de la pêche.

Oumar Guèye a aussi annoncé un financement de 15 milliards de francs CFA destiné à construire des ouvrages pouvant assurer la sécurité des pêcheurs, sur une brèche ayant causé des pertes en vie humaine, au large de Saint-Louis.

Il a rappelé que des mesures avaient été prises lors d’un récent conseil interministériel consacré à la sécurité en mer.

Il a été demandé aux pêcheurs, lors de ce rencontre gouvernementale, de tenir compte des consignes données par les services météorologiques sénégalais avant d’aller en mer, a-t-il ajouté.

Sept milliards de francs CFA ont été octroyés aux pêchés en guise de subvention, pour amortir les coûts des moteurs de pirogue, de 2012 à maintenant, selon M. Guèye.

Un financement de 20 milliards de francs CFA sera mis à la disposition des pêcheurs, entre 2017 et 2019, pour subventionner les acquisitions de 20.000 pirogues et de 20.000 moteurs, a-t-il annoncé.

Il ajoute que le prix du gilet de sauvetage a été réduit à 2.500 francs CFA grâce à un financement de l’Etat d’un montant de sept milliards de francs CFA.

Le Sénégal est en train de préparer des accords de pêche avec 16 pays, selon Oumar Guèye.

Il rappelle que des accords ont été signés entre le gouvernement sénégalais, la Gambie et la Guinée-Bissau, pour permettre aux pêcheurs sénégalais de pêcher dans les eaux de ces deux pays.

 

Sources : A.P.S.

 

Les Pêcheries Africaines, un Paradis perdu ?

ENQUÊTE SUR LES PRATIQUES DE PÊCHE ILLÉGALE PAR LES ENTREPRISES CHINOISES EN AFRIQUE DE L’OUEST

 

 

 

Des entreprises irresponsables appartenant à la otte chinoise de pêche lointaine– au rang desquelles la China National Fisheries Corporation (CNFC), la plus grosse entreprise chinoise du secteur – sont en train de mettre en péril la durabilité à long terme des pêcheries de l’Afrique de l’Ouest. Ces entreprises pratiquent une pêche illicite, non déclarée et non réglementée (pêche INN), fraudent systématiquement concernant le tonnage de leurs navires et exportent des pratiques de pêche destructrices. Dans le même temps, les ressources halieutiques ouest-africaines souffrent d’une surpêche de plus en plus intense. Bien que les activités de ces entreprises de pêche lointaine ne contribuent que pour une infime partie aux investissements chinois extérieurs, elles compromettent le partenariat gagnant-gagnant que la Chine préconise avec les pays africains. Le gouvernement chinois doit réformer de toute urgence le cadre réglementaire et le système de gestion de sa flotte de pêche lointaine, de façon à combler les lacunes qui permettent aux entreprises chinoises, depuis des décennies, de se livrer à la surpêche dans le mépris des règles et avec une impunité quasi-totale. Les gouvernements des pays ouest-africains concernés doivent également renforcer sans délai leur système de gouvernance et mettre en œuvre des politiques visant à garantir que l’exploitation de leurs ressources halieutiques réponde à des principes de durabilité environnementale et d’équité sociale. Tous les États concernés doivent adopter et mettre en œuvre des plans nationaux et régionaux ef caces pour lutter contre la pêche INN qui sévit dans la région et dissuader ce genre de pratiques.

La raréfaction des ressources halieutiques africaines s’inscrit dans le cadre d’une crise globale de la gestion des pêcheries. L’absence de plan de gestion efficace et une gouvernance insuffisante – qui se caractérise par un manque de surveillance, de transparence et d’obligation de rendre des comptes –, permettent aux flottes de pêche lointaine de piller ces ressources à faible coût. Certaines grandes puissances de pêche, comme l’Union européenne, qui ont pratiqué une pêche irresponsable au large de l’Afrique pendant des années, prennent désormais des mesures pour corriger leurs erreurs. La Chine doit s’efforcer à son tour de devenir une grande puissance de pêche responsable.

En 2015, les gouvernements africains, ainsi que l’ensemble de la communauté internationale, vont se  fixer de nouveaux objectifs de développement post-2015. L’un de ces objectifs sera d’éradiquer la pauvreté d’ici à 2030. Le secteur de la pêche joue un rôle important dans la création d’emplois, mais aussi dans l’apport en protéines pour le continent africain. L’Assemblée de l’Union Africaine a déclaré que la période 2015-2025 serait celle de la Décennie africaine des mers et des océans, et que le 25 juillet serait la Journée africaine des mers et des océans. Elle a également adopté une stratégie régionale de lutte contre la piraterie, le vol à main armée et d’autres activités illégales en mer, qui s’inscrit dans le cadre de la Stratégie maritime intégrée africaine 2050 (SMI).  La Chine pourrait jouer un rôle appréciable en assistant les pays africains à atteindre ces objectifs de développement.

 

Pour consulter le résumé du rapport d’enquête sur les pratiques de pêche illégale par les entreprises chinoises en Afrique de l’Ouest au format PDF : les pêcheries africaines, un paradis perdu ? (résumé).PDF

 

 

Sources : Greenpeace Africa

 

Arnaque sur les Côtes Africaines

La face cachée de la pêche chinoise et des sociétés mixtes au Sénégal, en Guinée Bissau et en Guinée

 

 

Ce rapport, paru en 2015, met en évidence les pratiques frauduleuses des sociétés chinoises de pêche lointaine, particulièrement la China National Fisheries Corporation (CNFC), opérant dans les eaux ouest-africaines. Les informations recueillies, principalement au Sénégal, en Guinée et en Guinée Bissau, montrent que les navires battant pavillon chinois ou ceux opérant sous d’autres pavillons par le biais de sociétés mixtes, mènent une vaste entreprise de sous- déclaration du Tonnage Brut (TB) de leurs navires. De plus, les données et preuves disponibles, bien que limitées, montrent également que ces pratiques illégales existent probablement aussi au-delà de ces trois pays; ceci mettant en péril l’exploitation durable et équitable des ressources halieutiques ouest-africaines.

 

Pour consulter le rapport complet de Greenpeace  » Arnaque sur les côtes africaines ; la face cachée de la pêche et des sociétés mixtes au Sénégal, en Guinée Bissau et en Guinée  » en PDF : Arnaque sur les côtes Africaines.PDF

 

Sources : Greenpeace Africa

 

Accord relatif aux mesures du ressort de l’État du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) – FAO

L’Accord sur les mesures du ressort de l’État du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée a pour objet de prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée grâce à l’adoption et à l’application de mesures du ressort de l’État du port efficaces et d’assurer ainsi la conservation à long terme et l’exploitation durable des ressources biologiques marines. L’Accord est destiné à être appliqué de manière généralisée et effective par les Parties, agissant en qualité d’État du port, à l’endroit des navires qui ne sont pas autorisés à battre leur pavillon, lorsque ceux-ci cherchent à entrer ou qu’ils se trouvent dans l’un des ports des Parties. Certains navires une pêche artisanale et navires porte-conteneurs feront exception. Une attention particulière est portée aux besoins des pays en développement dans leurs efforts d’application de l’Accord.

 

Pour consulter l’accord relatif aux mesures du ressort de l’État du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche INN : Accord relatif aux mesures du ressort de l’Etat du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche INN – FAO. PDF


Pour consulter l’annexe de l’accord relatif à l’adhésion du Sénégal le 23 Mars 2017 : Adhésion du sénégal.pdf

 

 

 

Relecture du discours du Président de la République lors de la 57ème célébration de la fête de l’Indépendance

Photo : Aprapam

 

Ce 3 Avril 2017, le Président Maky Sall a délivré un discours à la nation de haute facture, qui dénote son engagement pour la protection et l’émergence des masses laborieuses dont la survie dépend exclusivement de l’exploitation et de la valorisation des ressources naturelles.

« Cette année, fidèles au concept Armée-Nation, nous célébrons la fête de l’indépendance sous le thème du rôle des Forces de défense et de sécurité dans la protection de l’environnement. Ce thème nous interpelle par son actualité. Nos ressources naturelles, faut-il le rappeler, constituent la substance vitale de notre base productive, sans laquelle il ne peut y avoir ni croissance, ni développement. »

 

1. Le secteur de la pêche se félicite de cette déclaration et remercie le Président de la République pour sa lucidité dans le choix du thème relatif au rôle des forces de défense et de sécurité dans la protection de l’environnement. Tous les acteurs de la pêche sénégalaise reconnaissent que la sardinelle ou yaboye constitue «la substance vitale de la base productive du secteur » : nous affirmons tous que sans sa présence, il ne peut y avoir ni croissance, ni développement du secteur, ni émergence du pays. Elle constitue la base d’une multitude d’activités et d’emplois, la base essentielle de fourniture de protéines à bon marché, le socle de l’économie halieutique car importante source de revenus et de devises.

 

2. Pour faire la connaissance de cette ressource, consultons les données scientifiques disponibles et interrogeons les menaces qui pèsent sur ce «pétrole bleu » du Sénégal :

2.1 : Les données sur la sardinelle : la sardinelle regroupe deux espèces, la sardinelle ronde (meureuque) et la sardinelle plate (tass) qui sont migrantes donc en partage avec les pays voisins.

Les récentes évaluations de stocks faites par les experts et scientifiques regroupés autour de la FAO montrent une nette tendance à la baisse des biomasses disponibles dans la sous-région comprise entre la Mauritanie et la Guinée, d’où la raréfaction de la sardinelle constatée au Sénégal. Le sous-comité scientifique FAO/COPACE a conclu en octobre 2016 à une surexploitation de la sardinelle dans la sous-région et recommandé de réduire l’effort de pêche pour tous les segments de la filière : cette recommandation est reconduite depuis les évaluations de 2010.

Les débarquements de sardinelles sont de 745 000 tonnes annuelles en moyenne entre 2009 et 2013 selon la FAO : ils ont atteint 801 000 tonnes en 2014 et les experts de la FAO ont dénoncé un état de surpêche. Au Sénégal, la pêche artisanale a débarqué en moyenne 220 000 tonnes entre 2010 et 2015 : elle a réalisé 247 000 tonnes en 2013 alors que la pêche artisanale en Mauritanie a envoyé 307 000 tonnes de sardinelles aux usines de farine de poisson. Ces quantités ont vraisemblablement baissé en 2016 avec l’arrêt des activités des sennes tournantes en Mauritanie.

La flambée des prix des sardinelles sur les plages constitue une grosse alerte pour le consommateur. De 1 000 à 3 000 francs la caisse de sardinelle ronde de 50 kilogrammes dans les années antérieures, celle-ci est passée en janvier 2017 à 30 000 francs à Mbour et Kaolack, 32 000 à Touba et 35 000 à Tambacounda. Or cette sardinelle constitue l’espèce la plus consommée actuellement par les ménages.

 

2.2 : Risques et menaces :

« Or, partout dans le monde, ces ressources se raréfient, sous l’effet combiné d’une exploitation effrénée et de pratiques illégales. »

Cette remarque s’applique parfaitement aux ressources en sardinelles au Sénégal où les risques et menaces sont multiples :

- changements climatiques se manifestant par les pertes d’habitats côtiers et par la baisse de la durée et de l’intensité de l’upwelling principale source d’enrichissement du milieu, baisse notée depuis les années 1995-1997 ;

- pollutions des eaux dues aux activités humaines avec les menaces relatives à la future exploitation des hydrocarbures off-shore ;

- pêche illégale non déclarée non enregistrée (pêche INN) qui prend une ampleur liée à l’insuffisance des moyens de contrôle et de suivi de la ressource et de son exploitation ;

- inefficacité dans l’application des mesures de gestion, gestion non transparente et non participative du secteur : alors que l’Etat négocie l’octroi de licences pour les pêcheurs artisans exerçant en Mauritanie, en Gambie et ailleurs, des autorisations de pêche ont été accordé à des bateaux étrangers en 2012 ;

- devant la difficulté d’accès à la sardinelle sur les plages, les autorités acceptent l’implantation d’usines sur les plages, certains d’entre elles faisant de la farine de poisson à partir de la sardinelle.

Ces menaces, et d’autres comme l’exportation anarchique de la sardinelle en frais ou transformée, font que les acteurs ont des difficultés à accéder à la ressource, tant en mer que sur les plages.

 

3. Solutions :

3.1 : Mesures prises par les autorités :

« La préservation de notre environnement n’en est que plus urgente ; qu’il s’agisse de la lutte contre la pollution, la pêche illicite et la déforestation, entre autres périls. Elle revêt le même ordre de priorités que la défense de la souveraineté nationale et de l’intégrité du territoire.» Par conséquent, j’ai ordonné à nos Forces de défense et de sécurité de poursuivre avec vigueur les actions déjà engagées dans ce sens. Le gouvernement continuera de mobiliser tous les moyens nécessaires à cet effet, en matière d’équipements, de formation et d’entrainement. Je souhaite que tous, ensemble, dans un élan civique et patriotique, nous participions à cette œuvre salutaire de sauvegarde de notre patrimoine environnemental commun. »

Cette prise de position au plus haut sommet de l’Etat est à magnifier, tout autant que la décision courageuse prise par le Chef de l’Etat le 30 avril 2013 de mettre un frein à l’exploitation de la sardinelle par les bateaux russes et ukrainiens. Dans le même ordre d’idée, le Président a engagé le Sénégal le 3 février 2016 à adhérer à l’initiative de transparence dans les pêches (FiTI) et a doté récemment la marine nationale de 3 patrouilleurs de haute mer et de 6 vedettes côtières pour contribuer à une surveillance plus efficace des eaux et des ressources halieutiques du pays.

3.2 : Contribution d’APRAPAM :

Lors du conseil des ministres de février 2017, « le Chef de l’Etat invite le Gouvernement à déployer une campagne de sensibilisation des acteurs de la pêche, notamment, sur le respect du dispositif législatif et règlementaire national, ainsi que des accords sous régionaux et bilatéraux, signés par le Sénégal ».

Dans le cadre de l’exécution de son programme d’activités, APRAPAM participe à la sensibilisation et à la responsabilisation des acteurs à la base en prenant diverses initiatives avec ses partenaires, à partir d’un diagnostic des maux dont souffre le secteur: surcapacité des moyens de capture et intensification de l’effort de pêche, ressources côtières pleinement et même surexploitées, inexistence de plans d’aménagement compatibles avec le potentiel d’exploitation des ressources disponibles, inefficacité des systèmes de surveillance et de contrôle des pêcheries, pillage des ressources à travers la pêche illicite, non autorisée et non déclarée, insuffisance d’infrastructures de débarquement et de commercialisation, lacunes dans l’organisation et la formation des acteurs, impacts négatifs des changements climatiques sur les zones côtières, les ressources et les communautés…

 

Depuis 2010, des rencontres sont organisées en vue d’informer, de sensibiliser et de renforcer les capacités des acteurs professionnels de la pêche artisanale pour leur promotion dans le secteur.

  • premier forum le 31 juillet 2010 sur la Bonne Gouvernance (cas de la cogestion), la Problématique du financement de la pêche artisanale et la Valorisation des captures ;
  • deuxième forum le 04 juillet 2011 sur la contribution de la Pêche Artisanale à la sécurité alimentaire et à la lutte contre  la pauvreté ; la surveillance participative des ressources halieutiques ;
  • journée de Réflexion des Acteurs de la Pêche Artisanale (07 avril 2012) pour faire un diagnostic du secteur de la pêche au Sénégal et de la pêche artisanale en particulier ;
  • troisième forum le 04 Juillet 2012 sur le rôle de la recherche dans la gestion durable de la ressource halieutique. quel impact sur la pêche artisanale ?
  • journée de Réflexion le 18 décembre 2012 sur l’agrément national du Sénégal pour l’exportation des produits de la pêche dans les pays de l’Union Européenne ;
  • panel le 20 mars 2013 sur la gouvernance des pêches ;
  • panel le 23 novembre 2013 sur la transparence et la cogestion dans le secteur des pêches maritimes au Sénégal ;
  • quatrième forum le 08 janvier 2014 sur les Menaces sur les petits poissons pélagiques : la parole aux professionnels ;
  • cinquième forum le 07 janvier 2015 : sur les «Enjeux de l’exploitation et de la valorisation des ressources pélagiques et  de la place de celle-ci dans la sécurité alimentaire : la parole aux professionnels» ;
  • sixième forum le 19 mai 2016 sur la Transparence dans la gestion des pêches au Sénégal ; quelles stratégies pour le développement durable de la pêche ?

 

Parmi les mesures phares proposées par APRAPAM et ses partenaires à l’issue de ces rencontres, on peut insister sur les plus marquantes et relatives aux ressources :

  • déclarer 2017 année africaine de la pêche artisanale, une initiative de la CAOPA ;
  • réserver au Sénégal l’exploitation des sardinelles à la pêche artisanale ;
  • inviter l’Etat à faire appliquer les mesures de gestion et les textes juridiques et réglementaires ;
  • exhorter les autorités à prendre en compte les recommandations de la FAO relatives à la réduction de l’effort de pêche sur les sardinelles ainsi que les Directives volontaires pour une pêche artisanale durable ;
  • demander à l’Etat d’appuyer les efforts de la CAOPA et de la CSRP pour une meilleure gestion des ressources pélagiques partagées à travers des plans d’aménagement régionaux ;
  • interdire l’implantation d’usines sur la plage et surtout toute utilisation de poisson pélagique, surtout les sardinelles, à la production de farine de poisson.

 

4. Conséquences en cas de non application de ces mesures :

Les observations faites par les experts de la FAO, les scientifiques nationaux, les acteurs de la pêche ainsi que par les consommateurs sénégalais signalent une raréfaction, une pénurie et une absence de sardinelles dans nos eaux, sur nos plages et dans les assiettes.

Il suffit de prendre l’exemple sur la chaine d’exploitation et de valorisation de la sardinelle pour estimer le poids social de l’activité des sennes tournantes : différents acteurs gagnent leur vie directement ou indirectement grâce aux activités de la pêche de sardinelles.

Le charpentier : en charge de la fabrication des pirogues, emploie au moins sept personnes ; Les pêcheurs : la senne tournante utilise au moins quarante pêcheurs ;

Les personnes intermédiaires après capture : il y’a au moins sept personnes qui sont chargés de prendre la prise pour l’acheminer suivi par le pointeur de la pirogue, puis au moins vingt personnes assurent le remplissage des casiers destinés au mareyeur ;

Les mareyeurs : chacun engage au moins un chauffeur, un apprenti, un pointeur, un convoyeur et sept manutentionnaires en vue d’acheminer les produits dans les différents sites de distribution. Une autre personne est chargée de livrer la glace pour la conservation et elle dispose d’un camion avec un chauffeur et son apprenti ;

Les transformatrices : chacune fait travailler au moins deux porteurs, un charretier, deux aides, deux écailleurs, deux aides pour étaler sur les claies et deux pour conditionner et emballer ;

Les charretiers sont aussi sollicités dans le circuit de distribution des captures ;

Les gargotières gagnent leur vie grâce aux différents acteurs qui s’activent dans le site ;

Les mécaniciens : Ils sont deux, celui qui répare les moteurs hors-bords et celui qui s’occupe des pannes du camion frigorifique ;

Les vulcanisateurs réparant les pneus des charrettes et des camions frigorifiques ;

Les micro mareyeuses assurent les ventes aux consommateurs.

Outre ces acteurs, il faut compter les rinceurs de bac, les écailleuses de poisson, les soudeurs, les forgerons, les personnes qui ont des «pousse-pousse», les vendeurs (de crédit téléphonique, de sachets plastiques, d’appât) et aussi les vendeurs de matériel de pêche qui ont des magasins aux alentours du site du quai de pêche.

Ainsi une seule senne tournante en activité peut mobiliser plus d’une centaine de personnes, chacune d’entre elles ayant derrière une famille à nourrir. En avril 2015, le CRODT a recensé 2101 pirogues porteuses de sennes tournantes, d’où un potentiel humain de plus de 200 000 personnes vivant des activités de pêche de ces unités. On ne dispose pas de données fiables  sur le nombre d’unités de pêche qui vont retourner au Sénégal suite à l’arrêt des accords avec la Mauritanie et l’octroi des 250 permis pour la pêche en Gambie.

Si aucune des mesures avancées par le Chef de l’Etat dans son discours et lors du conseil des ministres de février 2017, ni celles proposées par les acteurs de la pêche artisanale ne sont suivies d’effets, le sous-secteur de la pêche artisanale va être confronté sous peu à des difficultés pouvant conduire à des catastrophes.